COURS
D’HISTOIRlî NATURELLE
PHARMACEUTIQUE.
COURS
DTITSÏOIRE NATURFXLE
PHARMACEUTIQUE,
HISTOIRE DES SUBSTAl^CES
DANS DA THÉHAPEDTIÇUE , DES ARTS ET D'ÉCONOMIE DOMESTIQUE.
PAR A. L. A. FÉE,
PARIS.
CROCHARD ET C‘% LIBRAIRES-ÉDITEURS,
1837.
I
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TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES
DANS LE SECOND VOLUME.
VÉGÉTAUX (suite).
B. C.^II'C/FI.OIÎE^ (suite), P. z 92. Légumineuses, ibid.
I. Sophorées, S
zt. Lotces, lo
zzt.Hédysarées, ,9
IV. Viciées, 3i
y. Phaséolées, 33
VI. Dalbergiées, 36
VII. Swartziées, 4 1
VIII. Mimosées, ibid.
IX. Geojfroyécs, 56
■x.Cassiées, 61
Rosacées, 97
I. Chrysobalanées, 99
II. Amygdalies, ibid.
ui. Spiréacées, il3
zy. Dryadées, 114
V. Sanguisorbées, lax
9“*. Saiicariees, i33
95. Tamariscinées, i35
96. Mélastomées, ibid.
97. Loasées, i36
98. Myrtces, ibid.
99. ComWtacées, i5i
100. Cncurhitacées, l5a
101. Nandhirobées, 162
102. Passiflorées, liirf.
103. Onagr.sires, i63'
104. Ficoïdes, 164
1 05. Paronicbiécs , 1 6 S
106. Portnlacées , ibid.
107. Cactées, ibid.\
108. Groseilliers, 167
109. Crassnlacécs, 170
110. Snxifragécs, 171 j
111. Cnnoniacées. Png.z-z
112. Ombelliféres, 17*
I. Oinbellijèrcs vraies, 175
II. — anomales, 207
113. Aralincées, 210
114. Hédéracées, 2i3
11.5. Cbèvrefeuillcs, 21O
116. Lor.aulbces, 219
117. Rhizopliorées, 221
118. Rubiacécs, ibid.
I. Indigènes, aaS
119. Operculaires , 28,8
120. Valérianées, ibid.
121. Dipsacées, 291
122. Kynantliérées, 293
I. Lactucées, 294
II. Carlinées, 3o2
III. Centauriées, ibid.
IV. Carduinées, 3o,ï
V. Echinopsidées, 3 10
VI. Arctntidèes, ibid.
VII. Calendulacèes, ibid.
IX. Hélianthées, ibid.
Z.. Ambrosiées, 3 12
XI. Anlhèmidêes, ibid,
■MZ.Innlées, 33 1
XIII. Astérées, 334
XIV. Sênécionées, ibid.
XV. Nassanviées, 335
XVI. Mntisiées, ibid.
XVII. Tnssilaginces. ibid.
XVIII. Amicces, 336
XIX. AdénostyUcs, 339
XX. Enpatoriees, ibid.
12.3. Canipanulacées, 34 1
124. Lobéliacécs, 342
12.5. Gcssnériées, ibid.
VI
TABI.E
l'^6. Vaccinices, Pag. 3/(3 197. Rfaodoracées, ibid.
128. Éricaeéet, 345
C. CoBOtLIFLOBEI, 348
129. Myrsinées , 348
130-1.'!1. Sapotées, Ibid.
l»2.EWn«cées, 349
133; Slyracinées, 35o
131. Jasminéca, 356
I. Oléinées, 359
II. rjlacées, 36 1
III. Jasminùs vraies, 368
IS.'). Strychnées, 36y
■136. Apocynées, 379
•jijy. Oentionécs, 388
188. Bignoniacce» , SyS
139. Sésaniées, ibid.
*140. Polémoniacécï, 399
141. Convolvulacées , ibid.
14'). Borraginces, 4ii
143. Sébestinées, 4>*
144. Solanées , 4 '9
145. Scrophnlariées , 44i
146. T..abiées, 447
147. Myoporinées, 488
148. Verbcnacées, ibid.
149. Acanthacées , 470
151). Prinmlacée.s , 47*
151. Globnlariées, 474
152. Plninbaginces, 49'>
153. Plantagiiiccs, Pog- 477
154. Nyctaginées, 479
155. Amaraotaccr.s , ' 480
156. Chénopoilécs , ibid.
1.57. Polygonécs, 490
158. 1.aiirincc.s, 5i4
159. Myristicées , 54^
169. Prolées, 55 1
161. Tliy mêlées, ibid.
162. Santalacéea , 556
163. Eléagnées, 558
Î64. Aiislolocbiées , ibid.
165. Cylinées, 563
166. Euphorbiacées, 565
167. Urücée.s, 606
168. Pipérinées, 6i(î
169. MouUiiices , 637
170. Ciipulifëres, ibid.
171. Saliciiiéca, 638
172. Kétulacoe», 64 t
17.3. llliiiacées, 643
174. Myricces, 644
3. Poi.YcoTii.Énain.5, 65o
175. Conifères, ibid,
i. Âbiètinées, 65 1
it. Cnprcssinéet, 67 a
III. Taxinées, 680
SuBSTAHCEs vèoéTAi.ï.s dont l’o- l'igine est douteuse , 6 1 1
RÈGNE INORGANIQUE.
minéraux, 688
A. CORPS IMPONDÉRA¬ BLES, 690
B. — PONDÉRABLES
SIMPLES, ibid.
1. SOUTIEHS DK IA COMBU8-
TIO» , ibid.
Oxigène , ibid.
Chlore (acide cblorique et hydrochloriqne, chlo¬ rures), 691
Iode (iodates), 6y3
2. Ihco»icij8tici.es suarcEs, ibid.
Azote, Acide niliiiiue, Aromoiii.iqae et ses sels,
Cyanogène, Acide liy- drocyaniqne, etc. 693
3. CoMBUSTIBI.BSSISH't.*» ACI-
IlIEIABI,»», 698
Ilvdrogène (eau, eaux minérales), ibid.
Carbone ( acide carbo¬ nique ) , 703
Bore (.acide borique), 704
Phosphore, 705
Soufre (acide sulfurique, sulfures) , ibid.
Arsenic ( oxides , sels ) , 709
Potassium (oxides et sels), ib.
DES MATlliftES.
Sudinm (oxides et sels) , Z*. 7 1 7 (ialciuni (idem) , 7 ® ®
Itarium (idem), 7® 4
Magnésium (idem), 7*®
Aluminium (idem), 7®7
Fer(iy«OT), 7®°
Cobalt (iWem), 7^4
Manganèse (idem) , 7 ^ ®
Zinc (idem), 7^6
Plomb (idem), 738
Etain 74 1
Cuivre («fc;/»), 74a
Bismuth (ir/em) , 745
Mercure (idem), ibid.
Argent (iVem) , 75o
Or (idem), 75a
5. COMBÜSTIBtES IRTBRMÉ-
DtSIRES, ,53
Antimoine (oxides et sels), P. •; 53 a PONÙÉRAItLES COM¬ POSÉS, 758
-1. Composés comdustidi.es, iiid.
B. Composés ibcombostibles
TERREUX, 761
AnnîTtoss et OMissipits, 763
Série de Recherches a faire pour le perfectionnement de l’histoire naturelle pharma- centiqne, 775
Tabui alphabétique française, 785
_ — latine , 8oij
Errata , 8®3
FI» DE
LA TABLE
MATIEBES DO SECOND VOLUME.
COURS
D’HISTOIRE NATURELLE
PHARMACEUTIQUE.
DEUXIÈME PARip..
VÉGÉTAUX. /
LIVRE II. — PH'ANÉR
B. CALYCIFLORR ( Suite. )
LÉGUMINEUSES.
Lecuminosæ Juss.
Les plantes de cette famille sont herbacëes ou ligneuses, à tige volubile ou redressée , munies ou dépourvues de vrilles; les feuilles sont souvent alternes, avec ou sans sti¬ pules, simples ou diversement composées ; le pétiole, sou¬ vent calleux, se dilate quelquefois en un limbe foliacé; les fleurs sont en grappes ou en panicules. Cette famille est très- vaste, très-naturelle, et présente de grandes diflicultés au botaniste.
Les légumineuses, a dit M. de Candolle, forment l’une des familles les plus remarquables du règne végétal. Le nombre des espèces, qui ne le cède qu’à celui des composées, s’é¬ lève, dans l’état actuel de la science, à près de quatre mille. Parmi ces plantes il en est de très-remarquables par leur beauté, leur utilité et l’importance de leurs produits; il s’en trouve plusieurs qui présentent des pliénomènes de végéta- 11. 1
2 n£IJXIKM£ l’AnTlE. — végétabx.
tion fort curieux, soit à cause des niouvciiiens spontanés qu’ils exécutent, soit à cause de la disposition des folioles pen¬ dant le sommeil. La variété des formes florales est si grande qu’on peut trouver dans cette seule famille presque toutes les sortes de structure propres aux dicotylédones, de sorte qu’on pourrait déduire de son examen seul presque toutes les lois de la taxonomie botanique.
En estimant à cinquante iiiille le nombre des plantes con¬ nues, il en résulte qu’elles forment la douzième partie du règne végétal, et près de la huitième partie des dieolylé- dones.
On ne peut s’attendre à trouver une uniformité absolue dans la constitution chimique de végétaux aussi nombreux; mais pourtant nous ne croyons pas que cette famille ren¬ verse la loi des analogies. Nous allons essayer de le prouver.
Si les crucifères, les graminées et les composées, si riches en espèces, ne présentent que peu ou point d’anomalies, c’est que l’organisation de la fleur est la même pour toutes les espèces qui composent leurs groupes respectifs, de sorte qu’on pourrait dire à la rigueur qu’elles ne constituent qu’un genre immense, dont les caractères s’enchaînent si parfaite¬ ment, que souvent la dernière espèce d’un genre pourrait sans inconvénient passer dans le genre suivant. Aussi voit- on rarement les familles que nous venons de citer quitter leur port habituel; presque toutes sont herbacées, à tiges redressées, etc. si quelques-unes deviennent ligneuses, la fleur n’en est pas pour cela modifiée, et les principes consti- tuans varient peu.
Il n’en est pas de même des légumineuses , puisqu’au dire d’un célèbre botaniste, les fleurs sont tellement polymor¬ phes, qu’on peut remarquer en elles toutes les formes flo¬ rales possibles; aussi ne sont-elles pas du tout dans les cir¬ constances où se trouvent les graminées, les crucifères et les composées, et renferment-elles beaucoup de genres ou de groupes. Il résulte de cette étonnante variété de for¬ mes une étonnante variété de principes immédiats; ainsi, les légumineuses fournissent des baumes, des résines li-
ï-ifecrMINEUBES. 3
quicles et solides, des gommes, de la manne, des liuiles fixes et volatiles, du sucre, du mucilage, de la fécule, du tannin, des acides gallique, benzoïque, nialique, etc. d’où il .suit que»la famille qui présente le plus d’anomalies florales est aussi celle qui offre le plus d’anomalies chimiques , et que si d’un côté se trouvent réunies toutes les modifications de formes dont sont susceptibles les fleurs des dicotylédo¬ nes, de l’autre on peut dire qu’elles sont accompagnées de presque tous les principes immédiats propres aux plantes qui composent la vaste classe des plantes bilobées.
Dans cette famille il n’est donc pas possible de déduire des considérations générales tirées de l’organisation, à moins de les considérer par groupes, et souvent même par genres; c’est ce que nous devrons faire après avoir néanmoins com¬ mencé par jeter un coup d’œil sur la constitution chimi¬ que des légumineuses indigènes et exotiques, herbacées et ligneuses.
Les légumineuses européennes ne comprennent en gene¬ ral que des herbes, ou tout au plus que des arbrisseaux. Nous remarquerons en passant qu’elles sont, pour la plu¬ part. Insipides et dépourvues de propriétés énergiques; aussi les bestiaux sont-ils très-friands de leur fourrage. Le cytise, les trèfles, les mélilots, leslusernes, les vesces, le sainfoin, les gesses ont été, ou sont cultivées soigneusement dans divers pays. Les brebis elles vaches paissent volontiers les lotées, les astragales, les scorpiurus, les hippocrépides et les ornitliopodes. Les légumineuses d’Europe ne présentent aucune espèce vraiment vénéneuse, car il n’est pas du tout prouvé que la coronille bigarrée soit un poison; cependant les animaux la laissent intacte dans les pâturages. Plusieurs genres ont des feuilles plus ou moins purgatives, et c’est parmi les arbrisseaux qu’il faut les chercher. Le Colutea, ba- guenaudier, est surtout dans ce cas; \ Ornithopus scorpioides est un peu irritant. Celles des semences de nos légumineuses dont les cotylédons sont minces, très-peu féculens et sus¬ ceptibles do se changer en feuilles à l’époque du la germi¬ nation, participent des propriétés des feuilles, et sont purga-
4 I>EDXIÈME PARTIE. - VÉGÉTAIIX.
lives dans les espèces à feuilles purgatives; telles sont les graines de l’anagyris, du cytise des Alpes, du baguenau- dier, etc. Lorsqu’il arrive, au contraire, que les cotylédons sont épais, remplis de fécule, et qu’ils ne se changent point en feuilles pendant l’acte de la germination, ils peuvent alors servir à alimenter les animaux ; telles sont les semences des haricots, des pois, de la fève, des vesces, etc. Les racines tubéreuses sont dans le même cas, et ces remarques s’éten¬ dent aux légumineuses de tous les pays. On trouve en Eu¬ rope du sucre dans les légumes du caroubier, arbre évi¬ demment originaire d’Asie, et dans les racines de réglisse; et d’un trèfle. L’écorce des espèces ligneuses contient du tan¬ nin , et les fleurs d’un genêt servent en teinture. L’odeur re¬ marquable du mélilot se retrouve dans la fève tonka. La gomme adragante est fournie par des arbrisseaux du genre astragalus, lesquels se trouvent sur les confins de l'Europt* et de l’Asie, mais qui néanmoins paraissent appartenir au dernier de ces deux continens.
On voit donc qu’il y a une grande uniformité dans Ic.s principes constitiians des légumineuses herbacées, et l’on pourra s’assurer que le peu d’anomalies offertes par elles se rencontrent dans les espèces ligneuses. Si nous passons des espèces indigènes aux espèces exotiques, nous verrons que les légumineuses herbacées des pays lointains sont comme les nôtres uniformes dans leurs propriétés , et qu’ainsi les principales anomalies dans la constitution chimique se ren¬ contrent dans les espèces ligneuses quelle que soit leur pa¬ trie. Nous verrons encore, pour fortifier notre opinion, que ce sont les espèces ligneuses qui se font remarquer par de grandes dissemblances dans les formes florales; ce qui prouve évidemment que les sous-groupes de cette famille, considérés isolément, n’offrent d’anomalies véritables que quand les plantes qui concourent à les former sont en par¬ tie herbacéeset en partie arborescentes, ou bien encore qu’ils montrent de grandes dissemblances dans la forme de leur corolle.
M. de Candolle a divisé les légumineuses en dix groupes,
LÉGUMINEUSES. 5
qui seront suecessivement examinés. Les considérations que nous en déduirons seront le complément de ces prolégo¬ mènes.
I. SOPHORÉES.
Peu d’espèces ajjpartcnant à ce groupe sont chimique¬ ment connues; ce sont des arbres, des arbustes ou des her¬ bes la plupart exotiques; parmi elles se trouve en première ligne, en raison de son importance, le genre Hfyroxylon, auquel nous devons le baume du Pérou et celui de Tolu; c’est le seul genre de la famille qui offre l’acide benzoïque, car il n’est pas sûr que la fève tonka [coumarouna) en pré¬ sente. 11 y a loin de ces arbres à notre anagyris fétide, dont les semences vomitives perdent cette propriété par la torré¬ faction, ce qui les a fait indiquer comme succédané du café.
Les sopliora renferment dans leur légume une pulpe abondante qui est astringente et un peu nauséabonde. M. de Candolle pense que c’est une sécrétion du péricarpe, tandis que le suc douceâtre et purgatif delà casse serait une sécré¬ tion de la partie externe de la graine; mais ce n’est qu une hypothèse. Le Virgilia lutea Michx. fournit un bois qui teint en jaune; le Podaljria tinctoria Sims. Bot. mag. 1099, est dans le même cas. L’herbe peut servir à faire une sorte d’indigo, la racine teint en noir. On conçoit qu avec si peu de données on ne peut rien dire sur l’ensemble des pro priétés de ce sous-groupe.
GENRE MYROXYLON. (Linn.)
Myrospermum Jacq. Lmrk.
1. DES MYROXYLONS A BAUME DU PÉROU.
I. Myeoxylon PERUiFERUM Mutis Linii. Supp. i33; Kiinth.
pl. orb. nov. IV, 68. — M. pcdicellatum Lmrk. Encpd. IV,
1 91 ; ///. t. 341 , f. 1. — Myrospermum peruiferum DC. Pr.
II, yS.
Folüs coriaceis persistentibus ramuUsque glabris, leguminis ala hiuc cras- sissima illiiic non venosa, stjrlo declduo. — Habitat jnone Caitaginem novaïc (Amer, merij.).
Il'onc revêtu d une écorce lisse, épaisse, résineuse, aiuss
6 deuxième PABTIE. - VÉGÉTAUX.
que toutes les parties du végétal ; feuilles alternes, compo¬ sées de deux rangs de folioles pédicellées, glabres, ovales, lancéolées, traversées par des points transparens et résineuxj pétiole et nervure principale pubescente; fleurs disposées en grappe, droites, axillaires, unilatérales, plus longues que les feuilles; gousses vertes.
2. Mvroxvi-ok pubescens Hiimb. et Boiipl. PL Æquin. VI, 874.
— M. peruiferum Lamb. Itl. of the gen. Cinch. p. 9'2, t. 1. —
Tache inco!arum.
Ramulis petioUs que hirtis foUis submembranacets supra glabris subtus pii-
bescentibus , foUolis oblongis subacuminatis emarginatis subcordatis. _ Ha-
Litat loeis temperatis regni novo Granalensi, Columbia, Mexico.
Tronc élevé, à rameaux hérissés; feuilles composées de dix à treize rangées de folioles sous -équilatérales, oblon- gues ouovales-oblongues, sous-acuminées, émarginées, ar¬ rondies à leur base, presque cordiformes, glabres en dessus, pubescentes en dessous, portées sur des pétioles hérissés de poils.
Ces deux arbres laissent découler de leur tronc le baume précieux dont nous allons parler.
Des Baumes du Pérou.
I. DU BADMB DU PÉEOD EN COQUES.
Raisamum Pemvianum seu Indicum molle in cucurbilis posicum Ofüc. —
Opaque lorsqu’il est en masse, de couleur brunâtre, con¬ sistance de miel ou de térébenthine épaisse.
Odeur suave des plus agréables.
Saveur parfumée, mais âcre , amère et piquante.
Action du temps : le solidifie, et lui donne parfois la forme cristalline; elle fonce aussi sa couleur, qui est d’abord blanche.
Falsification fréquente. A lieu avec des huiles grasses qu’il serait peut-être dangereux d’indiquer ici ; la térében¬ thine fine y est souvent mélangée.
LÉGUMINEUSES.
Distille avec l’eau, ce baume donne, dans la proportion d’un sur seize, une huile essentielle limpide, rougeâtre, qui se concrète rapidement. L’excellence de son odeur est due à la présence de l’acide benzoïque; dix parties de bau¬ me fournissent une partie d’acide. Il y a formation de tan¬ nin artiKciel, si l’on fait agir l’acide nitrique sur lui.
Le baume du Pérou en coques est aujourd’hui peu usité; on lui a préféré, du moins en France, le baume de Tolu. On trouve dans les pharmacopées étrangères un sirop balsa¬ mique , une essence balsamique, un emplâtre stomachal, etc. dont le baume de Pérou fait la base ; il entrait aussi dans le baume de Leucatel de l’ancien Codex.
2. DU BAUME DU PÉROU LIQUIDE.
Bahamum Penwiamim seu Indicum nigrum Offic.
Opaque lorsqu’il est en masse, couleur de bitume avec quelques reflets rougeâtres, consistance de térébenthine épaisse.
Odeur suave, rappelant celle du styrax, plus vive que celle du IL Pérou en coques.
Saoeur àcre, chaude, fortement amère, piquante.
Falsification très-fréquente ; s’effectue avec des huiles es¬ sentielles, que leur odeur décèle; avec lesliuiles fixes, et la solution dans l’alcool les fait reconnaître ; avec le baume de Copahu, que son odeur, lorsqu’on a préala¬ blement privé le baume du Pérou de son acide ben¬ zoïque , met en évidence.
ANALYSE DU BAUME DU PÉROU LIQUIDE.
(M. Stollze, Jotirn. Chim. méd. I, iSg.)
Résine brune , peu solnble, a4
— — soluble , Î07
Huile de baume du Pérou, jouissant de propriétés sui generis, 690 Acide benzoïque , 64
Matière extractive, 6
Humidité et perte , 9
100 parties de baume dissoutes dans l’esprit de vin exigent
8 DKPXIÈME PARTIE. - VÉGÉTAUX.
^5 parties de sous-carbonate de soude cristallisé pour sa¬ turer l’acide benzoïque qu’ elles contiennent. 11 brûle avec Hamme, et se dissout en totalité dans l’alcool absolu et en toutes proportions. M. Lichtenberg a démontré en i8o6 que ce baume devait être considéré comme un suc végétal parti¬ culier, simple dans sa composition.
Le baume du Pérou entre dans les pilules balsamiques de Morton et dans le baume nerval. Son principal usage est aujourd'hui pour la parfumerie.
Quelques pharmacologues reconnaissent 4 espèces de baumes du Pérou.
I. Un baume obtenu par incision, blanc jannatre, épais et odorant, rare en Europe, conservé dans des bouteilles de verre bien bouchées. C’est là le véritable baume du Pérou blanc. •
2 et 3. Deux baumes dont t’un est une variété de l’antre; transportés tous deux dans les calebasses qui out servi à les recevoir, et qu’on livre au commerce après les avoir fermées avec un mastic. Cest là notre première sorte, le baume du Pérou ordinaire.
4. Et enfin un baume noir, et d’une odeur agréable de benjoin, obtenu par la décoction de l'écorce des rameaux et des bourgeons do myroxylon ; c’est là notre baume du Pérou noir.
L’origine de ce baume a été long-temps obscure. Hernan¬ dez {Thés. rer. med. Nov. Ilisp. p. 5i, c. fig.), qui le premier le lit connaître, le nommait hoitziloxitl. Ce ne fut que vers la fin du siècle passé (vers 1780) que Mutis envoya à Linné lils, qui le décrivit, des branches de l’arbre qui le produit. Depuis, M. de Humboldt eut occasion de le voir. 11 est bien certain que le Myroxylon peruiferum n’est pas la seule légumineuse qui donne le baume du Pérou. Lam¬ bert désigne le M.. pubescens, cultivé dans les environs de la \ouvelle-Carthagène, dans le but d’en retirer cette précieuse production. M. Richard fils avait cru 'devoir attribuer au M. peruiferum L. le baume de Tohi , mais il a plus tard re¬ connu que ce baume provenait d’une autre espèce.
2. DU MYROXYLON BAUME DE TOLU. jMyROXYLON Toluifera Humb. et BonpI. VL Æq. VI, 37$. —
Myrospcrmwn Totuferurn Ach. Rich. Ann. scienc. mit.
P J ^2. _ To/ujera BaUamwn Wüld. Sp. pi. II, 545. —
LÉGUMINIÎDSES.
Balsamuni Tolatanum C. Bauh. Pin. ^oi. — Balsamo inco-
larutn.
B«ume DK Carthagèhb. — RamttUs verrucosis glahris ; JoUolis 7-8, œquila- teris, oblongis vel omto-ablongis , acuminatis, basi rotiindaùs , nieidis rachibusqneglaberrimis.—KuhiM Vrofe Turbaco.Tola, Coroïal, eUpar- siu in ripa ilamiuis Magdalenæ.
Dü BAUME DE TOLU.
Ralsamum de Tolu. — Bahamum S. Thoinæ Ph. porlug.
Baume d’abord semi- liquide, et ayant l’apparence d'une térébenthine tenace et glutineuse, 5e concrétant bientôt et se présentant alors en niasses solides, cassantes, de couleur d’or, pellucide, fragile, ensuite friable sous le doigt, dune apparence grenue ou cristalline, et luisant, balsamique , très-suave.
Saveur douce et agréable ; il se ramollit dans la bouche et adhère aux dents.
Poudre jaune-succin .
Falsification : a lieu rarement; cependant on l’a trouve quelquefois mélangé avec la colophane; il suffit d’en brûler sur un fer rouge pour reconnaître cette fraude. II est aussi falsifié avec le benjoin associé à une huile essentielle quelconque. Lorsqu’il arrive liquide, il est plus ou moins môlé d’impuretés.
Action du temps: le fait passer de l’état liquide à l’état so¬ lide, qui est celui qui le montre le plus fréquemment dans le commerce. M. Guibourt a observé que le baume de Tolu est plus odorant quand il a la consis¬ tance de la térébenthine , et qu’il contient plus d’acide benzoïque lorsqu’il est concret; ce chimiste pense que la quantité de l’acide augmente aux dépens de l’huile volatile.*
Distillé avec l’eau, le baume de Tolu lui communique son odeur et sa saveur; si l’on continue la distillation, il se sublime une certaine quantité d’acide benzoïque. Traite par l’acide nitrique, il y a formation de tannin artificiel. Dissous dans la moindre quantité possilile de lessive de potasse, ih
Il) DEUXIÈME PAETIE. - VÉGÉTAUX.
perd l’odeur qui le caractérisait, et prend celle du girolle.
Le baume de Tolu est fort employé en pharmacie : on eu prépare des pastilles, un sirop balsamique, et une teinture alcoolique et étliérée.
On a attribué long-temps le baume de Tolu (0 à une téré- bintbacée. Les voyages de M. de Humboldt, qui ont éclairci tant de questions obscures , ont prouvé qu’il s’agissait d’une légumineuse du genre Myroxjlon , à laquelle ce savant voyageur a donné le nom de M. T olu^era, parce qu’il a eu sur les lieux l’assurance que cet arbre laissait découler le baume de Tolu. 11 abonde dans les localités indiquées par Hernandez il y a déjà plusieurs siècles.
On envoie d’Amérique en Europe le baume de Tolu, tan¬ tôt dans de grandes bouteilles de terre cuites (postiches) , tantôt dans des caisses de fer-blanc, tantôt enfin dans des calebasses. 11 en vient beaucoup de l’île Saint-Thomas, circonstance qui lui a valu le nom de baume de Saint- Thomas.
Lorsque le baume du Pérou sec a vieilli , et qu’il prend cette forme cristalline qu’on lui voit quelquefois, il est assez semblable au baume de Tolu, et pourrait sans inconvénient lui servir de succédané.
Loureiro {Fl. Cochinch. I, 221) parle d’un Toluijera com- mun dans la Cochinchinc; mais il assure que les habitans ne cherchent point à en extraire du baume , quoique toutes les parties de l’arbre soient très-odorantes.
H. LOTÉES.
Le peu d’arbres qui se trouvent dans ce groupe sont exotiques et appartiennent pour la plupart à des genres européens. Les lotées herbacées sont célèbres comme four¬ rages, témoin les genres Trifolium, Mcdicago, Cytisus, etc. Le Cytisus Cajan Linn. pois d’Angole ou de Congo, donne des graines alimentaires. Les lotées nous présentent un
(■) Rui/. dit qa’il n’y a aucune différence entre le baume de Tolu et le baume du Pérou , et quelques auteurs ctranger-s soutienuciit cette version.
LÉGUMINEUSES.
grand intérêt; le genre Genista est tout à la fois tinctorial et médicamenteux; ses feuilles, ainsi que celles des Robinia (faux acacia) et du Colutea (baguenaudier), sont purgatives à un très-haut degré. On ne s’est point encore assuré si elles contenaient de la cathartine. G est dans ce groupe qu’on trouve l’indigotier.
Plusieurs lotées ont une odeur désagréable : le fenugrec, le psoralier bitumineux, les ononides sont dans ce cas. Tout le monde connaît le mélilot et la douce odeur de ses fleurs. Les chimistes auront à examiner si cet arôme n’est pas pro¬ duit par la coumarine (principe odorant de la fève tonka) , dont nous parlerons plus loin.
Les astragales à tronc ligneux laissent suinter une gomme vermiforme bien différente de la gomme des mimosées ; elle se rapproche beaucoup plus de la gomme de certaines rosa¬ cées {^Prunus, Amygdaliis), car elle n’est qu'imparfaitement soluble dans l’eau. Ce prodidt très-important n’a point d’a¬ nalogue dans le règne végétal. Les arts et la médecine le préconisent également.
Ce groupe offre encore dans quelques racines un principe sucré, doux et mucilagineux : les racines de la réglisse, de Yabrus et du trèfle des Alpes sont dans ce cas*. La réglisse est pour l’Europe un objet assez important de commerce.
Les semences des lotées sont en général petites et privées de fécule. Les semences du fenugrec sont mucilagineuses et pourvues d’un principe colorant. On donne aux animaux, en gnlse d’avoine, les semences du coulou, Glycine tomen- tosa. On voit, par tout ce que nous avons dit, combien il est difficile de prononcer sur la conformité analogique de ces plantes.
GENRE GENISTA. (Linn.)
DU GENÊT A BALAIS.
Genista scopabia Lmrk. Dict. II, p. 628; DC. Fl.fr. 38ii. —
G. angulosa et scoparia C. H.inli. Pin. SgS. — Spartum Scopa-
riutn Linn. Spec. 996.
EoUis ternatis solicariisque oblongis, floribus axiUaribus breviter pedi-
12 DEUXIÈME PARTIE. - VÉGÉTAUX.
cellatis , legnminibuf margine pilosis , ramis angulatis. — Habitat iu Eu ropa.
Tigçs s’élevant à une hauteur de 3-8 pieds ('); rameaux effilés, très-flexibles; feuilles velues, fleurs grandes, jaune d’or, légumes oblongs et velus sur leurs sutures.
Odeur de toute la plante, prononcée et particulière.
Saveur amère , nauséeuse.
Nos'bruyères sont couvertes par cette plante; ce serait une œuvre patriotique et méritoire de chercher à en tirer parti. Pour parvenir à ce but, il faudrait constater quelle est la force purgative des feuilles et des sommités de cette légu- mineuse , qui pourra peut-être devenir un des succédanés du séné.' Les fleurs sont vomitives ; mais comme elles per¬ dent cette propriété, étant macérées dans le vinaigre, on les confit pour remplacer les câpres sur nos tables. On retire des rameaux une sorte de filasse très-propre à fabriquer des cordes et des étoffes grossières. Les rameaux ont été employés au tannage des cuirs.
Plusieurs autres congénères ont acquis une certaine im¬ portance.
I. Genista tinctoria linn. Spec. 998. — GEBE9THOi.t.K. — Commnn dans nos bois, 3ont les sommités fleuries fournissent une couleur jaune asseï solid^. On lui préfère la gande.
AKACVS^DES FLEUllS DU GtRÈT TINCTORIAL.
(F. C. Cadet-Gassicourt, Journ. Pharm. X, 434.)
Matière grasse.
— coloraute.
— brune.
Chlorophylle.
Albumine.
Matière sucrée,
Cire.
Principe astringent particulier.
Osmazome végétai.
Matière llbreuse.
(' ) Néanmoins nous en avons vu en Espagne qui ressemblaient à de petits arbres, n’ayant guère moins de îS pieds d’élévati»n.
LÉGDMINF.USES. l3
Se» piopiiéti'S uiédioales suiit les iiiêuies qne celles de l’espèce précé¬ dente; en Russie on le croit propre à combattre l’hydrophobie ; c’est surtout en Ukraine qu’on l’emploie à cet usage.
r. G. y«ncea Liuik. Dict. Encyc. II, 617. — 'Vulgairement Gekét n’Es- PAGHC.— Mêmes propriétés qne les autres congénères. Les abeilles aiment beaucoup ses Heurs. On en retire une sorte de filasse.
,i. G. canariensis lAnn. Spec. 997. — Auquel on a long-temps attribué le bois de Rhodes. ( Eo^ez famille des CoMYOï-riiLicÉEs. )
On retirait autrefois de la cendre des genêts un sous-car¬ bonate de potasse, que l’on nommait sel de genêt, et aui- qtiel on attribuait des propriétés particulières. La chimie, en éclairant la médecine sur la composition des corps , a fait justice de ces prétendus remèdes.
GENEE TRICON ELLA. (Linn.)
DE LA TRIGONELLE FENUGREC.
Tbigosella foenum græcum Ail. Ped.n° ii45; DC. Fl.fr. 3927.
— Fœnum græcum officinale Moench. Meth. 142. — F. sati-
vum C. Baiih. 348.
lioVixspso; Hipp. Morb. mul. 1,617; Galen. 4tf| ; Theopb. 'VIII, 8. — Sib- <yua, Silicula, Silicia Latin. - — Fœnumgrcecum Plin. XXV, ultim. — Le Fkhü-
nicis, coule erecto. — Habitat in Europa australi.
Légume alongé, falcifornie, sous -cylindri que , dressé, terminé en une pointe conique; il a la figure d’une corne.
Semences ohlongues, cylindriques, un peu comprimées, tronquées des deux bouts, glabres, couvertes de très-petits points creusés, jaunes et demi-transparens. Elles sont jaunes à l’intérieur et de la grosseur d’une graine de clienevis.
Odeur forte et particulière.
rappelant l’odeur; cette semence est mucilagi- neuse étant mastiquée.
La base de la constitution chimique des semences de feuugrec est le mucilage, uni à une certaine quantité de fécule, d’huile fixe et de matière colorante. Notre estimahle ami M. Bosson , pharmacien à Mantes , a fait une analyse du fenugrec ; ce chimiste est parvenu à isoler le principe
l4 DEUXIÈME PARTIE. — VÉGÉTAUX.
colorant et à l’appliquer avec succès à la teinture de la soie et de la laine.
Les seiuences de feiiugrec sont fréquemment employées dans la médecine vétérinaire. L’huile de mucilage du Codex se prépare avec les semences de lin et celle de fenugrec. Cette huile entre dans plusieurs composés cmplastiques et onguentacés, notamment dans l’onguent d’althéa et le dia- chyllon. On préparait jadis un emplâtre de mucilage dont la hase était fournie par les semences de fenugrec.
Cette léguniineuse, désignée en Égypte sous le nom de helbè, est mise par les habitans au nombre des meilleurs lé¬ gumes. On en mange les tiges vertes; elle est si estimée dans le pays, qu’on s’y dit en s’abordant : « Puissiez-vous fouler en paix la terre où croît le helbé ! .
GENRE MEIJLOTirS. (Lmik. DC.)
TnirouiüM auct. var.
DU MÉLILOT OFFICINAL.
Meuilotus OFFiciifAUis Liiirk. Dict. IV, 62; DC. Pr. 11, 186;
Fl.fr. 3894. — Trifolium Mclilotus ojficinalis Linn. 1078 _
T. officinale Willd. 1078. — M. ojficinarum Germankœ C.
Bauh. Pin. 33 1.
heguminibus racemosis pendulis subrugosis.acutts 1-2 spermit, caille erecto, foliolis ovato’ohiongis , dentatis. — Habitat in Europæ canipestribris.
Tiges hautes de 1-2 pieds, étalées à leur base, ensuite redressées, cylindriques, glabres, vertes et rameuses; ra¬ meaux alternes, redressés, anguleux, striés; feuilles alternes, pétiolées , temées; folioles ovales, oblongues, tronquées au sommet, dentées, glabres des deux côtés , d’un vert sombre en dessus, plus pâle en dessous, nervées; la foliole termi¬ nale plus grande et pétiolée ; Heurs en grappes axillaires, pédonculées, droites, sous-cylindriques, nues, pubescentes ; fleurs pédicellées, penchées, jaunes, calice campanulé , co¬ rolle papillionacée ; fruit ( légume) pendant , ovale, aigu, ru¬ gueux, disperme.
Odeur suave, suigeneris, plus forte lorsque la plante est séchée que lorsqu’elle est récente.
r./iGUMINEUSF.S. J 5
Saveur lierbacéc, un peu amère (rajipelant relie de tou¬ tes les légiiiiiineuses. )
Cette plante, dont on trouve les sommités fleuries dans nos pharmacies , doit les propriétés dont elle jouit à son arôme et au mucilage qu elle renferme. Elle entrait jadis dans un emplâtre qui lui devait son nom, et qui aujourd’hui est inusité. On en distille une eau qui fait la base de quel¬ ques collyres.
Le inélilot est en Angleterre l’objet d’une culture suivie : il communique au fourrage une odeur qui plaît beaucoup aux herbivores.
Plusieurs congénères ont, avec une odeur voisine, des propriétés semblables. La matière médicale du Codex énu¬ mère un mélilot qu’on peut regarder comme étant le succé¬ dané de l espèee dont nous venons de parler. Nous n’en di¬ rons qu'un mot.
Le Melilotus camUa Linn. WilM. Spec. IFI, iSSa. — iMus hortensis odora C. Kauli. Pin. 33 i. — Le Iîaumier; le faux Baume du Pérou, le Loties odorakt; le Trèfle musqué. — Il est indigène de la Bohème et cultivé en Suisse , où il sert à aromatiser les fromages. On le prend en Silésie en gnise de thé. •
L’odeur des mélilots se retrouve avec un haut degré d’in¬ tensité dans la fève tunka, qui appartient aussi aux légu¬ mineuses. {J^Oy, COUMAROÜNA.)
GENRE GALEGA. (Linn.)
GALÉGA OFFICINAL.
Galega orriciNALis Lin. Spec. io63; DC. Fl.fr. 3q46. — G. vul-
garis Blackw, t. gi. — G. sive Ruta capraria Mattli. — G. vul-
garis C. Baiili. Pin. 35a.
Faux ihdico ; Latahèse ; Rue de chèvre. — Foliolls lanceolatis mucronatis glabris, stipulis lato lanceolatis , racemis folio longioriius. — Habitat in gla- reosis Enropau australis, Tauriæ, Burbariœ.
Tiges droites, roides, rameuses, hautes de deux pieds ou environ; feuilles composées de 6 à y folioles oblongnes, glabres , obtuses ou un peu échancrées à leur sommet; (leurs bleuâtres ou purpurines, quelquefois blanchâtres, disposées
j(} deuxième partie. - VÉGÉTAUX.
en longues grappes serrées sur des pédoncules axillaires ou terminaux , au sommet de la tige ou des r.imeaux ; fruit (légume) grêle, fort long, marqué de stries obliques pla¬ cées entre les semences.
Odeur nulle.
Saveur herbacée, propre aux légumineuses.
Cette plante, jadis préconisée comme sudorifique et ver¬ mifuge , et comme un antidote sûr contre les maladies pes¬ tilentielles , est aujourd’hui négligée , et rien n’annonce qu’elle puisse figurer avec avantage dans la thérapeutique. On a fait des essais pour en obtenir de l’indigo, et ce serait là peut-être le principal parti qu’on pourrait en tirer. Le Galega tinctoria de l’Inde et de Ceylan , qui diffère peu de notre espèce, fournit un indigo estimé.
Le Galega virginiana Linn. Speâ. i o6a , des États-Unis, est un bon verrai- foge. — Le G. sericea Lmrk. Dict. eue. II, Sgô, sert à enivrer les pois¬ sons, ce (jui annonce des qualilés vénéneuses.
GENRE INÙIGOEERA. (Linn.)
DE L’INDIGOTIER.
»
I . iBDiGOFERéAMiL Linii. Matil. 27a; Lmik. lll. Gen. t. 6a6, f. a;
Rumph. Ainb. 5, tab. 80. — Nil sive Anil. Camer. C. Bauh.
Pin. ii3.
Eoliis pinnaiis oblongis trijugis, raetmis folio breviuribus, legnminibus fal. catis, caule fnictitoso. — Habitat in America æqninoctiali , in India cnlta.
Tige cylindrique s’élevant à deux ou trois pieds de haut, l'ameuse, blanchâtre, chargéé de poils courts et couchés j feuilles alternes, pétiolées, ailées avec Impaire, composées de 9-1 1 folioles ovales, obtuses, entières et stipulées; fleurs petites, d’un vert rougeâtre ou pourpré, racémiformes; ca¬ lices velus; fruits (légumes) grêles, longs de 6-8 lignes, fal- ciformes, renfermant 5-6 semences quadrangulaircs.
2 1. tinctobia Linn. Spcc, 1061; DC. Pr. II, 224. — Indicum
Bhiiniph. Amb. V, 80. — I. Indica Lmrk.
IvdiAÔv Diosc. Y, 107. — Eoliis pinnaiis oblongis glabris quadri-
Tige ne dépassant pas deux à trois pieds de hauteur, cy - lindrique et presque glabre; feuilles alternes, impari-pinnées, composées de q-rS folioles pétiolulées, obovales, presque cunéiformes, très-obtuses, glabres supérieurement, et offrant quelques poils courts sur la face inférieure ; fleurs plus grandes que dans l’espèce précédente, dressées et axillaires, à gousses grêles, droites, terminées par une pointe recour¬ bée, presque glabres , renfermant lo-ia semences brun⬠tres.
pï Ces deux espèces et leurs yariétés, ainsi que les Indigo- fera argentea Linn. Mant. ay, d’Afrique, l.caroUana Walt. Car. i2y, de l’Amérique septentrionale, et sans doute plu¬ sieurs autres espèces, fournissent à la teinture la précieuse substance connue sous le nom d’indigo.
DE d’indigo.
A l’état de pureté, l’indigo est sous forme d’aiguilles pour¬ pres, offrant des reflets dorés, ou en poussière d’un violet pourpre, plus dense que l'eau, volaiilisable, émettant des vapeurs d’un pourpre violet; il est insipide et inodore.
A l’état commercial, c’est unè substance sècbe , d’une cou¬ leur qui varie du bleu au violet et au bleu cuivré, légère, d’une cassure uniforme et très-fine, friable, inodore. Plus l'indigo estoxigéné, plus il a une belle couleur; frotté avec l’ongle, il acquiert aussitôt un éclat cuivré.
ANALYSE DE I-’lNDICO DU COMMERCE.
|
(Bergman, |
D, V, 36, in Thomps. Syst. chim. IV, loo.) |
(M. Chèvre |
ni, .Ynn. c/ù |
m. LXVI, 3.) |
|
Indigo pnr, |
47 |
Principe imii |
nédiat partit |
:ulicr (inAÿo- |
|
Këftine , |
6 |
Résine ronge |
!, soluble di |
.n« |
|
Baryte, Chaux, |
lo' * |
Matière rouj |
’e-verditre, |
, soluble dan.' |
|
Silice, Oxide de fe |
I, 8 r, i3 |
Carbonate d. Oxide de fer |
'.‘.T.:;;'; |
ande quantité |
II.
[8
DEUXIÈME PABTIE.
■AUX.
DE l’inUIGOTINE.
Principe immédiat sous forme d’aiguilles cristallines, pris¬ matiques, de couleur violette cuivrée, passant au bleu noir par la dessiccation, plus dense que l’eau, volatilisable, inalté¬ rable à l’air, insoluble dans l’eau, l’alcool et les acides fai¬ bles, soluble au contraire dans la graisse et les acides forts qui le décomposent. L’acide nitrique le dénature et le cbange en un principe jaune d’une extrême amertume.
AWALYSE DE LINDICO PUR OU INDIGOTINE.
(MM. Leroyer el Uumw, Jount. Pharm Vni, 383.)
Oxigène, lo, ^ j
CarboDc, 73, ifi
Azote, i3, )i,
Hydrogène, a,
( Thompson, Sjrst. chim. loc. cit. )
Oxigène , A**. > *4
Carbone, 40, 384
Azote, t3, 46»
L’indigo est inusité en pharmacie; mais son importance dans les arts, comme moyen de teinture, nous force à dire un mot de sa culture.
On pratique, dans une terre légère, des tranchées distan¬ tes d’environ 9 à 10 pouces, dans lesquelles on sème les graines de l'indigotier. Les terrains nouvellement défrichés sont réputés les meilleurs. L’extrême chaleur étant nuisible à cette plante, il faut lui chercher un lieu abrité ou lui don¬ ner des abris artificiels. C’est en mars qu’on ensemem-e , et deux mois après la plante peut être coupée. Les époques au reste, ne peuvent être précisées, et dépendent absolu¬ ment de la latitude. Les soins nécessaires se bornent au .sar¬ clage et à des irrigations. Quoique l'indigotier soit un ar¬ buste, on le sème tous les ans, parce qu’on a remarqué que les jeunes plants donnaient de plus belles feuilles que les vieux pieds devenus ligneux; le nombre des coupes qu’on en fait varie suivant les pays et la nature du terrain; la pre¬ mière a lieu un peu avant la floraison, et les autres suc-
légumineuses. jg
uessivement de cinquante en cinquante jours environ; en Egypte on en fait jusqu’à quatre, au Mexique trois, deux seulement dans l’Amérique méridionale. Les feuilles résul¬ tant des premières coupes sont les plus estimées.
Les procédés pour la préparation de l’indigo varient beaucoup; les Égyptiens suivent un mode de préparation simple et économique. Ils font bouillir une certaine quantité de tiges et de feuilles d’indigotier dans de grandes chaudières pleines d’eau , pendant environ trois heures. L’eau se charge de fécule; alors on la fait passer dans d’autres vaisseaux, où on l’agite vigoureusement; on l’abandonne à elle-même, et elle dépose l’indigo, qui est retiré au moyen de la décanta¬ tion; on procède ensuite à la dessiccation. A Saint-Domingue on emploie la feriuen talion. Les feuilles et les tiges sont mises alans une cuve nommée tretnpoir, avec la quantité d’eau nécessaire pour les immerger. La masse fermente bien¬ tôt : on juge qu’il faut arrêter la fermentation lorsqu’on mettant un peu de la liqueur dans un verre, elle présente de petits grains de fécule bien caractérisés qui se précipitent facilement (•). Alors on fait passer l’eau chargée d’indigo dans une autre chaudière nommée batterie^ qui doit son nom à l’état de mouvement continuel dans lequel on main¬ tient le liquide, opération qui dure plusieurs heures, et qui se fait avec un instrument approprié nommé buquet. Ce buquet est mu par des hommes, des chevaux, ou un cou¬ rant d’eau. La liqueur devient laiteuse, et paraît chargée d’une substance cailleboteuse; bientôt la fécule se sépare et gagne le fond de la chaudière. Le reste de la préparation se borne à la décantation et à la dessiccation, que l’on opère diversement, mais par des moyens connus. L’indigo se des¬ sèche lentement et à l'air libre; lorsque la presque tota¬ lité de l’eau est évaporée on le place dans de petits caissons carrés jusqu’à ce qu’il soit sec; mais cette dessiccation n’est qu’apparente, car il est susceptible de subir une seconde
O! Lji (litficaUc de coaaaîlie le point juste où il faut arrêter la formentalion rat très-giaiule. Si ou l'arrête trop tôt, on perd beaucoup d’iudij>o; si on l’ar- lêle trop lard, l’indigo oblenii est infêiieiir eu qualité.
20 DHIIXIÈME PARTIE. - VÉGÉTAUX.
fernientalion dans les barriques et dans les caisses où il est momentanément placé. Il dégage bientôt des gaz fé¬ tides, et se couvre d’une poussière fine et blanchâtre. Après l’avoir retiré de ces barriques ou de ces caisses, on l’expose encore à l’air pendant cinq à six jours, ce qui achève sa des¬ siccation. On doit éviter, autant que possible, l’emploi de la chaux dans le trempoir.
Sur la côte occidentale de l’Afrique on prépare l’indigo comme nous préparons le pastel. Les nègres pilent les feuilles et les tiges, et en forment des boules qu’on fait dessécher à l’ombre.
L’indigo a d’abord été cultivé en grand à Caracas vers lySo; sa culture n’a été connue à Vénézuéla que vingt-cinq ans plus tard J elle s’est Introduite successivement dans nos colonies et dans l’Inde, où l’on assure qu’il se prépare d’im¬ menses quantités d’indigo. Vers le commencement de ce siècle, M. Bruley cultiva l’indigotier en Piémont, avec un succès complet. M. Icard de Bataglini fit les mêmes essais dans le département de Vaucluse, avec un égal bonheur. Cependant la paix ayant rouvert nos communications avec les colonies, on abandonna cette culture; car, avec un sol aussi fortuné que l’est le nôtre, nous ne voulons pas con¬ sentir à nous affranchir des tributs que nous payons aux productions d’un sol étranger.
Le pastel {'voj-ez la famille des Crucifères) est notre in¬ digo indigène. Foj. aussi le Neriitm tinctorium et le 3fars- denia tinctoria, famille des Apocinées.
On connaît dans le commerce trois sortes principales d’indigo :
I. L’Ihdiuo de r.’ljr»£, léger et d’une belle coulenr, produit surtout par¬ les Indigojcra Anil et tiiictoria.
a. L’iMDtoo ODAj:iMAi.A , le plus esliinc de tous, très-léger et d’uue liès- bellc couleur Violette; plus spcoialement produit par V Indigojcra Anit.
3. L’Indigo de la Lodisiawe, compacte, foncé, à cassure métallique, pai- ticulièrement fourni par VIndigofera Anil.
4. L’Ikdioo d’Égypte, dù surtout à VIndigofera argentea.
Mais en indiquant les plantes qni donnent l’indigo dans divers pays, il ne faut pas penser que ces indications soient absolues ; on cultive soq.
liGUMlNEX-SES,
venl <lan« une coutrcc, et poiii' livrer eoue le luèiuc nom au commerce, jilasieurs espèces d’indigotier.
Les indigos de l’Inde et de Guatimala ne sont supérieurs à cens, des Antilles et de la Louisiane qu’à cause du mode de préparation. On rqjelte les brauclies et les rameaux pour n’employer que les fouilles.
GENRE GLYCYRRHIZÂ. (Lino.)
DE LA RÉGLISSE.
Glyctrrhiza clabra Linn. Sp. 1046; DC. hl.fr. 3g4!>- — G. si-
liquosa vel germanica C. Bauh. Pin. 352. — Liqairilia ojfici-
nalis NlœvicXx. Meth.
rXuxeia xai ax'JÔixïi ji!;» Theopli. IX, i3. — r).v)*ùfp!!;ix Diose. III, 7. — rXuxofiiïa grec. mod. — Réolisse gladrk. > — Leguminibus glabris, ereetis striais, foüis lanceolatis mucronatis glabris, stipuHs sagiltatis. — Habitat in Europa meridionali iiecnon in insula Creta, Canada, Cocliiiichiila.
Racines {Radices Gly^cjrrMzœ, seu Liquiritiœ Oii\c. Raci¬ nes DE iiKGLissE, improprement I5ois de réglisse) grandes, longues, profondément enfoncées en terre, sous-ramifiées, de la grosseur d’une plume d’oie, de celle du doigt, du pouce et quelquefois plus , montrant çà et là des fibrilles radicales; épiderme grisâtre et ridé par la dessiccation; parenebyme intérieur jaunâtre, canal médullaire très-pro¬ noncé, composé de couches dont la plus intérieure est la plus jaune. Elle devient fort dure en séchant. On estime comme étant les meilleures racines celles qui sont très-jau¬ nes à l’intérieur, et dont les couches sont bien distinctes.
Odeur devenant nulle par la dessiccation , rappelant exac¬ tement, à l’état récent, celle des haricots.
Safciir très-sucrée , mucilagineuse , quelquefois un peu âcre.
Poudre d’un jaune un peu gris, lorsqu’on n’a pas eu soin de la ratisser; d’un jaune-soufre pâle, quand la pou¬ dre a été faite avec une racine privée d’épiderme.
Action du temps. Agit comme sur toutes les substances organiques : les insectes attaquent facilement la réglisse à cause du sucre et de la fécule qu’elle contient.
aa DÈUXIÉME PAltTlE. - - VÉGÉTAUX.
\NAI.VSF. DK I.A RACINF. DE REGLISSE.
(M. Robiquef, Ann. chim. l.XXII, i4î-)
■ Ohcrrrhizine.
Agédoüt.
Amidon.
Albumine? coagulable par Ki chaleur.
Haile résineuse, épaisse et àcre, non soluble dans l’eau froide.
l’hosphaie de ebaux.
Malatc de chaux et de magnésie.
Ligneux.
DE LA GI.YCYRRHIZINE ( MATIÈRE SUCRÉe). (Robiquct.)
Transparente, fragile, d’une saveur sucrée particulière et désagréable, à peine soluble dans l’eau froide, très-so¬ luble au contraire dans l’eau bouillante, qui acquiert par le refroidissement une apparence gélatineuse; précipite de sa dissolution aqueuse par les acides; est facilement soluble à froid dans l’alcool, non susceptible d’éprouver la fermenta¬ tion alcoolique, et ne donnant pas d’acide oxalique par l’a¬ cide nitrique.
DE l’agÉDOÏTE. (Robiqnet.)
Incolore, cristallisable en octaèdres rectangulaires , ino. dore, presque insipide, peu soluble dans 1 eau; cette solu_ tion n est troublée par aucun réactif; elle est insoluble dans l’alcool, se boursouffle sur les charbons, et répand une odeur ammoniacale , ce qui a lieu également en la triturant avec la potasse caustique. L’acide sulfurique la dissout sans la noircir; l’acide nitrique , sans en dégager de gaz nitreux.
La réglisse est .souvent employée, mais bien moins comme médicament que eomiiie correctif de médicamens désagréa¬ bles ; elle entre dans la plupart de nos tisanes et apozèmes, dans les électuaires catholicum et lénitif; on en prépare des pâtes pectorales d’un goût fort agréable; elle entre aussi en poudre dans diverses masses pilidaires, dans des opiats, etc. ün prescrit souvent de rouler les pilules dans la poudre de réglisse. On sait que cette racine fait la base d’une boisson populaire nommée à Paris coco, parce qu’autrefois on la
légumineuses. a3
faisait boire dans des vases faits de noix de coco. Son ex¬ trait, qui n’est pas un produit pharmaceutique, mais bien un produit commercial d’une assez grande importance, mé¬ rite un article séparé.
Le succédané de la réglisse glabre est l’espèce suivante :
G. echinata Linn. Spec. 1046. — G. capite echinata C. Banh. Pin. 35a. — O. italica Geasn. Hor, var. — On la trouve dana la Pooille ; elle abonde auaai anr lea rivea dn Volga, prèa d’Aatracan, où l’on prépare tout l’ex¬ trait de régliaae employé dana l’empire rnsse.
DE l'extrait de REGLISSE.
JCxtractiim vel Succus Lifjuiritiœ seu Gljr<yrrrhlza Oflîc.
Sous forme de cylindres un peu aplatis, obtus, longs de 6 pouces environ, très-noirs, secs, cassans, à cassure brillante, comme métallique; on le trouve enveloppé dans des feuilles de laurier.
Odeur prononcée , commune à la plupart des extraits.
Saveur très-sucrée , un peu âcre , rappelant celle de la racine.
Falsification. On y incorpore quelquefois des fécules, du sable, du jus de pruneau, etc. Toutes ces fraudes sont faciles à découvrir.
I, 'extrait de réglisse du commerce est rarement soluble en totalité dans l’eau; il contient des parties charbonnées et souvent même des parcelles de cuivre : 4 livres de cet extrait ont donné jusqu’à 2 gros et demi de cuivre métal¬ lique. 11 faut donc le purifier avant de l’admettre dans l’u¬ sage. Sa purification est facile : elle consiste à le dissoudre dans l’eau à froid ou à une très-douce chaleur ; on passe à travers un blanchet, et l’on évapore le solutum à une tem¬ pérature convenable. Le but de cette opération n’est pas seulement de débarrasser l’extrait des matières insolubles qui y sont mêlées , mais aussi de lui enlever l’huile rési¬ neuse âcre, qu’une forte décoction n’a pas manqué d’in¬ troduire dans l’extrait commerci.Tl , et que le goi'it y fait facilement reconnaître.
L’extrait de réglisse purifié entre dans la thériaque et
24 DEUXIÈME PAHTIE. — ^ VÉGÉTAUX.
dans quelques pâtes peetorales. Ce qu’on nomme suc de ré¬ glisse anisé n’est autre chose que l’extrait purifié réduit en très-petits cylindres , puis coupés en fragmens.
On connaît dans le commerce deux sortes d’extraits de réglisse, celui d’Espagne ou de Catalogne, et celui d’Italie ou de Calabre ; ce dernier est le plus estimé, parce qu’il est rarement falsifié, et plus soluble que l'autre.
L’extrait de réglisse de Catalogne se prépare de la manière suivante : on arrache les racines de la réglisse glabre (G. gla- hra) dans le courant du mois de juin, on les nettoie très- bien, puis on les expose à l’air pour les dessécher à demi; alors on les incise et l’on procède à la décoction. Lorsque le liquide est saturé de parties extractives, on le laisse repo¬ ser, puis on décante pour procéder à l’évaporation jusqu’à consistance voulue. On roule l’extrait en magdaléons, qu’il faut exposer quelque temps à l’air avant de les envelopper de feuilles de laurier et de les livrer au commerce.
L’extrait de réglisse d’Italie se prépare en Calabre par un procédé semblable, mais avec les racines de Glycyrrhiza echi- nata (t), qui y abonde. On a dans ces divers pays la mau¬ vaise habitude de se servir de chaudières de cuivre pour éva¬ porer les décoctions, jusqu’à ce que l’extrait ait acquis la consistance nécessaire ; et comme on se sert pour l’enlever de spatules de fer, il se détache des bassines quelques parcelles de cuivre, inconvénient grave qui peut déterminer do f⬠cheux accidens. 11 serait facile de les prévenir, soit en se ser¬ vant de spatules d’un bois fort dur, ou mieux encore en achevant l’opération dans des vases d’airain ou de fonte.
La réglisse, suivant quelques voyageurs, abonde au Ca¬ nada; cependant elle n’est point mentionnée par Michaux dans sa Flore de l’Amérique méridionale.
Le nom de Réglissi de MonTAr.as s été donné aux racine» folium alpitmm Linn.
(>) On ne s.iil trop pour(|uoi cette racine n’a pas une réputation relie de la ré^jlisse glabre ; se» propricics sont les iiiêtnc», et l’on voit
du Tri-
itOBMINBüSES. a5
GENRE COLUTEA. (Linn.)
DU COLUTEA BAGUENAUDIER.
ColUTP.A ABBOAESCPMS Linn. Sp. 1045 ; Lmrk. lU. t. 6a4 , f. i ; DC.
Astr. p. 40. — C. hirsuta Roth, FL gertn. I , p. 3o5. — G. ve-
sicaria C. Bauli. Pin. 396.
Faux «éhé ; Séné d’Eoropk. — KoXouria Tlieoph. III, i-j.—FolwUs elHp- ticis retusis, pedunculis subsexflor'u, vexilli gibbis abbreviatis, Ugnminibus clausis. — Habitat in Enropa australi.
Feuilles alternes , impari-pennées , composées de 4-5 folio¬ les ovales, arrondies, un peu échancrées au sommet, vertes et glabres en dessus , et d’un vert glauque en dessous. On trouve deux stipules aiguës à la base de chaque pétiole.
C’est avec les folioles de ce colutea et celles du Colutea orientale Lmrk. qu’on falsifie le séné; on les mêle surtout avec le séné d’Alep [Cassia olovata), auquel elles ressem¬ blent beaucoup. Cette falsification est, dit-on, sans impor¬ tance , car les folioles de ces deux baguenaudiers purgent très-bien, quoiqu’à une dose un peu plus forte que les sénés. Cet arbuste pourra peut-être un jour remplacer les sénés d’Orient, et notre baguenaudier recevoir le nom de séné d’Europe, qui déjà lui a été donné par quelques auteurs.
GENRE ASTRAGALVS. (Linn.)
DES ASTRAGALES GOMME ADRAGANTE.
Astraoalus VERUs(i) Oliv. III , Tab. l^l^. — A. gummifer var. g
hispidutus DC. Astr. n" 85.
Floribiis axillaribus a-5 agregatis sesslUbus, calycibus tomentosis obtuse quinque dentatis, foUoUs S-ÿjugis Unearibus, hispidis. — Habitat in Oriente.
Tiges ligneuses, atteignant une élévation médiocre; feuil¬ les composées de 8-9 paires de folioles linéaires et hispi- des; pétioles persistans et spinescens, auxquels sont atta¬ chées des stipules villeuses ou soyeuses dans leur jeunesse, et glabres dans l’âge adulte; fleurs axillaires.
Suivant Olivier, cet astragale est celui qui fournit princl-
t ' ' La gravure que donne Tournefort , roj-. au Lev. III, A>5 , est celle d’un gros arbre.
DETIXliiME PARTIE. - VÉGÉTAUX.
paiement la gomme adragant; cependant il n’est pas le seul et l’on peut encore indiquer les espèces suivantes :
I. A. gummferUC. Prod. Il, 396, à légumes laauginenx et à feuilles glabres. Il croît sur le mont Liban. — ». A. creticus Linrit. Dict. vol. I, 3at , Sibth. PI. greec. II, 91 , cotonneux dans tontes ses parties, à Heur striée de ronge. Se trouve en Crète , dans l’Ionie , etc. C'est le noTyif lov de Diosc. — - 3. A. aristatus Willd. Spec. pl. III , i3»8 , .Sibth. II , 90 • à folioles oblongues mucronées, très-abondant sur toutes les collines du Péloponèso et dans l’ile de Chypre. Suivant Siblborp, une grande quan¬ tité de la gomme produite par cet arbuste passe en Italie. Cet arbrissean , nommé Tpa-fOtxavSa par Dioscoride, a conservé ce nom elles les Grecs modernes.
On désigne encore TA. Arnacantha Bieb. PI. Taur. II, 30S, de la Tanride et du Caucase , et l’A. Caucasicua Pall. Astr. p. a , 1. n. Quant à l’A. Masailienaia DC. Aatrag. n" 96 , il ne fournit point de gomme.
La substance dont nous allons parler est donc une pro¬ duction commune au genre Astragalus.
DE LA GOMME ADRAGANTE.
Tragacantha gummi. — Gommk AnasoAnTB, Aurauaute ou Thagant.
Gomme pâle, offrant parfois une tefnte jaunâtre ou rou¬ geâtre, sous-diaphane, lisse, ayant l’aspect de la corne, 1^, gère, fragile, polymorphe, en fragmens comprimés, ordi- nairement flexueux ou contournés, étroits, verniiculaires , affectant souvent la forme de petites masses oblongues ou sous-arrondies.
Odeur et saveur nulle.
Poudre blanche.
Action du temps ; nulle.
ANALYSE DE LA GOMME ADRAGANTE.
(Cruickshanks , Rollo on diab. p. 45a.)
Acide acétique, i5, 83ti
Charbon , * 6
Chaux avec un peu de phosphate , o, 770
Acide carbonique et gaz hydrogène carboné , 8, 400
3i
gomme adragante se gonfle considérahlement, et forme
légumineuses.
avec l’eau un mucilage mou. Si la quantité du dissolvant ex¬ cède celle que la gomme peut en imbiber, le mucilage prend l’aspect d’une masse irrégulière qui ne s’unit point au reste du liquide; si on l’agite, elle paraît homogène; mais au bout de quelque temps la séparation a de nouveau lieu. Traitée par l’acide nitrique, la gomme adragante fournit une grande quantité d’acide saccholactique , d’acide malique et d’acide oxalique. 11 se développe du tannin artificiel au moyen de l’acide sulfurique. Thompson considère cette gomme comme étant de la cérasine pure; mais de nouvelles observations ont prouvé qu’elle était composée de deux parties distinctes. Une partie de cette gomme rend l’eau aussi visqueuse que 2 5 parties de gomme arabique.
DE l’aDEAGANTINE.
Masse écailleuse, d’un blanc sale, facile à réduire en pou¬ dre, insoluble dans l’eau froide, soluble au contraire dans l’eau bouillante, sans action sur l'alcool, mais se dissolvant facilement dans la potasse et l’acide hydrochlorique.
La gomme adragante sert dans la pharmacie magistrale à donner de la consistance aux loochs, afin d’empêcher l’é¬ mulsion de se séparer. On en fait aussi des mucilages qui servent à lier les pâtes destinées à être mises en pastilles ou en trochisques.
On trouve dans l’ancien Codex et dans plusieurs formu¬ laires étrangers une poudre diatragacanthe froide. La phar¬ macopée de Londres donne la formule d’une poudre de gomme adragante composée.
Les premiers détails qui nous ont été donnés sur la gomme adragante sont dus à Tournefort; cet illustre naturaliste ob¬ serva celle qui est produite par V Astragalus creticus , ainsi nommé à cause de sa localité sur le mont Ida. La gomme, dit cet
DEtrxiÈME l'ARTlE. - vfectXAljX.
28
auteur, paraît à l’cpoque des grandes chaleurs. Le suc sort en fdets, en passant au travers des couches corticales; ces filets .sortent peu à peu, et au fur et à mesure qu’ils sont poussés par le nouveau suc que les racines fournissent; cette matière, exposée à l’air, durcit et forme des grumeaux ou des lames tortues semblables à des vermisseaux plus ou moins longs-
Le voyageur Olivier a nommé A. verus l’espèce d’astragale qui fournit la plus grande quantité de gomme. Cette espèce abonde dans l’Arménie, dans le Curdistan et dans le nord de la Perse. Avant lui, La Billardière avait examiné sur le Liban un autre astragale, l’A. gummifera, qui donne aussi de la gomme; c’est, suivant cet auteur, pendant la nuit ou peu après le lever du soleil , lorsque le ciel est couvert de nuages, après les fortes rosées, et non pendant la chaleur du jour, que l'écoulement de la gomme s’opère : assertion qui contrarie celle de Tournefort.
On ne trouve dans le commerce qu’une seule sorte de gomme adragante; elle est distinguée seulement par ses di¬ vers degrés de blancheur.
Suivant le voyageur Pallas [Ecised.RussA. II, p. 822, t. 5), le Pterococcus aphyllus, dont on a fait un calligonum , plante qui appartient à la famille des Polygonées, laisse exsuder une gomme analogue, dit-on , à la gomme adragante. C’est un arbrisseau qui croît sur les bords de la mer Caspienne.
On a cherché à donner qneirjne ccléhrilé é \' Astragahis exscapus linn. Mant. 075, qni habite l’Autriche, l’ilkruiiie et le Valais. .Ses propriétés, qui sont loin d’être conliriaées, lui ont fait donner le nom A' Astragaloïdes sjphilitica par Mceoth; elle est .icaule, un peu velue, porte a3-a7 folioles ovales et des fleurs agrégées. On emploie la iiiuiuc, qui est noirâtre, épaisse, pivotante, d’une saveur douce et amère. Ce luédicameut est à peine connu en France.
Les semences de VAstragalus bœticus DC. Pr. ont été indiquées comme un snccédané du café.
Le groupe des lotées présente encore à notre examen :
Le genre AnthjUis, qui renferme i.” l’A. ynlneraria Lion. Spec. 1012 ^
L/iGUMIÎfEOSES.
^9
ncraires ; elle e»l inerte ou du moin» bien peu active. a° VAnthyllis crctica. iiientionnée par Hippocrate sous le nom d’ébène, É|3évc{ f7cr. acut. 407.
Le genre Ononis nous montre l’O. spinosa DC. Fl.fr. 3835, connue sous les noms de bugrame et d’AERÈTE-BOiur. Ses racines sont longues de i-a pieds, cylindriques, de la grosseur d’une plume de cygne, flexibles, ligneuses et tenaces. On les a, dit-on, ce qui est pourtant difficile à croire, mélangées avec la salsepareille. Cette racine n’a que des propriétés hypo¬ thétiques; elle figure dans les espèces apéritives du nouveau Codex.
III. HÉDYSJRÉES.
Les hédysarées sont des arbres, des arbustes, des arbris¬ seaux et des herbes , parmi lesquels l’homme ne trouve point d’alimens, mais qui présentent, dans les espèces herbacées surtout, un fourrage excellent. Aucune espèce n’est vérita¬ blement dangereuse; on dit pourtant que la coronille bigar¬ rée, Coronilla varia, est vénéneuse; mais cette assertion est au moins hasardée. La manne d’Orient, produite par l’alhagi, est la seule substance médicamenteuse que nous ayons à examiner; nous énumérerons dans l’appendix de ce groupe quelques espèces intéressantes.
La manne de l’alhagi est une anomalie pour le groupe et pour la famille; cependant la manne étant un corps sucré, il ne doit pas paraître extraordinaire de la trouver parmi les légumineuses, où l’on voit déjà la réglisse, le caroubier et plusieurs autres plantes qui renferment des principes ana¬ logues en sucre.
GENRE AUI AGI. (Linn.)
DE L’ALHAGI A LA MANNE.
Alhaci Mauiiorum Tourner. Coroll. 54, t. 489. — Manna Don. Prod. Fl. jiep. — Hedysarum Alhaci Linn. Spec. io5i.
Agout de la petite Oasis et de Régek. — Coule fructicoso , foliis ovato- ohlongU, dentibus caljrcinis acutis. — Habitat in dcscrtis Ægypti, Syriai, Mc- sopotamiæ, etc.
Tiges nombreuses, formant de petits buissons arrondis, munies de longues et fortes épines ; feuilles ovales et oblon-
Quoiqu’il paraisse bien certain que c’est à cet arbre qu’il
3o DEUXIÈME l'AUTIE. - VEGETAUX.
faille rapporter la manne d’Orient, plusieurs autres arbres des mêmes climats en produisent aussi.
DE LA MANNE d’oRIENT.
Mak»« T.KÏNIAB.K. (Orient.)
Sous forme de petits grains arrondis, inégaux, de la gros¬ seur de la graine de coriandre, blanc-jaun;\tres, s’agglomé¬ rant bientôt entre eux et formant une masse opaque, dans laquelle on trouve des portions d’épines et de fi uits de la plante.
Odeur nulle.
Saveur Aouc^ sucrée, à laquelle succède toutefois un léger sentiment d’âcreté.
Cette manne ne se trouve jamais dans le commerce de l’Europe) elle remplace le sucre dans plusieurs endroits de l’Orient. Toiirnefort dit qu’elle est commune sur les alliagi des environs de Tauris, en Perse. La haute Afrique n’en fournit point. Niebubr assure n’en avoir jamais récolté ni vu récolter sur cette légumineuse; mais il dit positive¬ ment qu'on la trouve sur les feuilles de certains arbres qui paraissent être des chênes, et même des chênes à noix de galle (des ilex?). Suivant cet auteur, c’est dans le Diarbckir, et pendant l’été, que découle la manne. Cette production est à la disposition de tous les habitans; il suffit de secouer les arbres pour la faire tomber. Niebuhr ajoute qu’on la pu¬ rifie, dans certains cas, en la mettant dans l’eau bouillante, et cela nous prouve évidemment que ce n’est point d’une manne mais bien d’une résine dont l’illustre auteur veut par¬ ler, car la manne se dissoudrait dans l’eau, au lieu de surna¬ ger à la manière des huiles. A basra, la manne se recueille sur un petit buisson épineux, commun dans le Rhorasan, mi il est nommé El-hadsje. La manne appelée Tarandnju- bin s’offre sous forme de petits grains ronds et jaunâtres; elle est semblable en tout à la manne décrite dans les li¬ vres saints, et n’est que peu ou point purgative; c’est bien là certainement la production que nous avons décrite plus haut. Quant à la manne d’arbres semblables aux chênes, il
LÉGUMINEUSES.
est (lifiicile d indiquer avec certitude l’espèce d’arbre dont veut parler Niebubr. On sait qu’on a donné le nom de manne au mastic, et même à l’encens.
Alhagi est un mot arabe.
VAlhagi NepauUnsium DC. Pr. II, 35», Manna nepauUnsis Don. Pr. Fl. nepaul. 347, fournil aussi une manne peu différente de la manne de l’albagi des Maures , A. Maurorum , dont nous venons de parler.
On trouve mentionnées dans plusieurs traités Je matière médicale, ou dans les relations des voyageurs, Tes espèces suivantes, qui appartiennent à divers genres des Hédjsarées :
I. ÆsQhynomene grandiflora Linn. Spec, — Agsti s grandes elecbs. — Arbre du Malabar; fournit une gomme analogue à la gomme arabique: les feuilles sout purgatives.
a. Coronilla -varia Linn. Spec, — Corohille bigarrée. — Commune en Europe; son suc est, dit-on, vénéneux à haute dose.
3. C. Emerus Linn. Spec. espèee d’Europe dont les feuilles sont purga-
4. Ornithopiis scorpioides DC. Fl. jr. spec. Se trouve fréquemment sur nos coteaux; sou suc agit comme rubéliaiit étant appliqué sur la peau.
C’est dans ce groupe qu’est placé VHedysarum gj-rans Linn. dont les folioles exécutent ces mouvemens irrégubers dont l’explication est si difficile. V Æschpnomene sensitiva Sw, Sinichia sensUiva Ait. a aussi dû son nom à l’irritabilité de ses folioles.
IV. VICIÉES.
Les viciées sont des plantes annuelles qui n’offrent aucune espèce arborescente ou ligneuse. Les cotylédons des semen¬ ces sont épais et destinés à nourrir l’embryon ; ils contiennent une grande quantité delécule unie à un principe saccltarin, ce qui les rend toutes très-propres à l’alimentation. C’est parmi les viciées que l’on trouve la fève, dont la culture est si répandue; la lentille, dont l’emploi comme aliment re¬ monte au berceau de la nation hébraïque; le pois chiche, si estimé dans l’Orient, et connu des Espagnols sous le nom de garbanso ;\e petit-pois, qui, dans sa primeur, est si re¬ cherché des gourmands; la vesce, dont nos volatiles s’en¬ graissent; et l’orohe, qui jadis fournissait un médicament e.vtimé, aujourd’hui tombé dans l’oubli. Quelques racines
32 DEDXIÈME PARTIBi - VÉcérATlX.
bulbeuses abondent en fécule : la gesse tubéreuse, Z,a%r«s tubcrosus, est dans ce cas. Les Hollandais l’estiment beau¬ coup, et nous n’avons point encore oublié que dans nos jeunes ans nous en faisions la recherche, avant de savoir à quelle famille il convenait de la rapporter.
Cette tribu, si riche en substances alimentaires, ne ren¬ ferme aucun poison ; elle est uniforme dans ses propriétés. Nous dirons seulement un mot sur quelques-uns de ses genres. ^
I. Le genre Ctcsa renferme une senle espèce intéressante, c’est le Cicer anetinum Linn* 1040, plante comninne dans le midi de TEnrope
LÉGUMINEUSES.
33
V. PHASÉOLÉES.
On ne voit p.irmi les phaséolées qu’un petit nombre d’ar¬ bres et d’arbrisseaux; la plupart de ces plantes sont herba¬ cées, à tige redressée ou volubile; les racines sont parfois tubéreuses. Aucun principe important n a été trouvé dans les plantes qui composent ce sous-groupe, lin grand nombre de phaséolées donnent des semences à cotylédons périsper- més, susceptibles d’être alimentaires. Le genre Phaseolus, si nombreux en espèces, en a de cultivées dans presque toute l’étendue du globe, quelquefois comme objet d’agrément, mais le plus souvent comme objet d’utilité. Le Macranthus des Cochinchinois , presque tous les Dolichos, quelques lu¬ pins, plus estimés de la docte antiquité que des modernes Apicius, figurent parmi les substances nutritives; ce sont leurs légumes qu’on recbercbe, tandis qu’on accorde la préfé¬ rence aux racines tubéreuses àe\’j4pios tuberosa Mœnch, du Phaseolus tuberosahouT. des Dolichos tuberosa et bulbosa, Lmrk. et du Pachyrhizus. Les Heurs de plusieurs pbaséo- lées exhalent l’odeur la plus suave, témoin le Phaseolus Ca- racalla, dont la Heur est si singulière, et diverses autres e^iè- cesde Pluiseoluset à'Erjthrjna, etc. Plusieurs de ces plantes sont uniquement cultivées à cause de la beauté de leurs semences, tantôt bigarrées des nuances les plus élégantes, et tantôt parées des plus brillantes couleurs ; tels sont surtout les Abrus, les Erythrjna,, et même quelques haricots.
GZNRE BVTEA. (Roxl.j DU BUTEA MADÜGA.
Bute* frondosa Roxb. Cor. I, p. aa; Plaso Rlteed. et Adans. _
Erythryna rnonosperma Lmrk. Encycl. I, Sgi.
Le Maduo* des l’EuifGos. — Ramulis piibescentibus.folHs subrotundts ob- tiisis einarginatisve subtus subvelutinis. — Haliilat ia montibus Indiæ urientalis.
Tronc ne dépassant pas i5 pieds, toujours vert; feuilles composées de trois grandes folioles épaisses, arrondies, réti¬ culées , à foliole terminale, cunéiforme; Heurs rouges en grappes,
II.
3
DEUXIÈME PARTIE. - VlîGÉTAUX.
34
L’ecorce de cet arbre fournit un suc que nous allons faire connaître.
DU suc CONCRET DU MADUGA.
Friable et couleur de rubis; se gonfle et se consume len¬ tement à la flamme d’une bougie sans émettre d’odeur et sans produire de flammes; il se dissout promptement dans la bouche, se carbonise facilement, et peut se réduire en cendres fines et légères.
Odeur nulle.
Saveur fortement astringente.
Action du temps ; le décolore.
Soluble dans l’eau pure, et donnant alors un solutum de couleur rouge foncée; soluble en partie seulement dans l'aU cool, et fournissant un solutum louche et pâle. L’acide sul¬ furique trouble ces solutios, les alcalis les avivent; les sels de fer changent le solutum aqueux en noir.
On obtient ce suc naturellement ou .à l’aide d’incisions faites à l’écorce ; il est d’abord très-fluide et d’un beau rouge • pâlit bientôt, puis se durcit. C’est pendant la saison des cha- leuxs qu’on procède à son extraction. Si l’on veut conserver sa Belle couleur, il est nécessaire de le priver du contact la lumière.
MM. de Jussieu et Lamark ont cru que ce suc était une laque; mais cette assertion était uniquement fondée sur des ressemblances extérieures. Les auteurs de la Pharmucnpcc de Dublin l’ont confondu avec le kino , ce qui a fait conqjtcr le Butea frondosa parmi les arbres qui donnent ce suc. Ces assertions sont fautives. Néanmoins nous avons cru devoir consacrer un article au maduga pour éclairer sur toutes les falsifications possibles. Il peut arriver d’ailleurs que cette ex¬ sudation trouve place quelque jour dans la thérapeutique des Européens.
Les fleurs du Butea frondosa servent à teindre en jaune On retire aussi un suc astringent du Butea superba Koxb. {loc, cit.) qui croît aux memes lieux.
LKGUMIXEUSES.
35
GEA’BE jillRUS. (Linn.)
DE L’ABRUS RÉGLISSE.
Annrs i'hecatorius Linn. Syst. 533; Runipli. Amh. 5, t. 32; DC.
Prodr. II , 38 1.
Fmtex volubilis ,fodis abrupli piunatis multijugis. — Habitat iu Indi.-c ar- gillosia lapiiloaia, unde io Africain et Âuiericam inigravil.
Racines longues, cylindriques, jaunâtres, d’une saveur douce et sucrée.
Cette plante, commune dans l’Inde, fournit des racines abondantes en sucre. Elles remplacent la réglisse dans tous ses usages ; aussi l’appelle-t-on à la Jamaïque , où elle est cultivée, wild liquorice root. Il n’en a point été fait encore d’analyse. Les semences de l’Æ^TMi sont charmantes; on en fabrique des colliers et des bracelets.
Nous allons passer quelques autres genres des pbaséolées en revue.
I. Genre Phaseolus. Il renferme plusieurs espèces i semences alimentaires. Le haricot commun , Phaseolus vulgaris Linn. ioi6, que l’on croit être originaire de l’Iode, et qui a produit de nombreuses variétés, cullivccs dans diverses parties de l’Europe. On trouve dans nos jardins le Phaseolus iiaiius Linn. 1017. Dana l’Inde et dans plusieurs antres régions lointaines on a établi en culinres régulières les P. radiatus Lion. Sp. i o 1 7, P. Muugo Linn. Mant. ror, P. Max Linn. Sp. 1017, P. Aconitifolius Jacq. Obs. 3, et quelques antres espèces moins connues. Ces plantes sont sans intérêt pour la tlicrapeunque. Iji farine des haricots pent remplacer très-convenable¬ ment les farines dites résolutives.
a. Les dolics sont les haricots des Indes, les especes en sont nombreuses et bien tranchées. Un grand nombre doivent prendre place parmi les sub¬ stances alimentaires. Voici les plus intéressantes ;
Dolichos Soja Kœmpf. Amœn. exoC. 837, t. 838, plante herbacée du Ja¬ pon. Ses semences servent a préparer une bouillie qui tient lieu de benn e ; on en fait une sauce. — D. bulbosus Pluk. Abu. t. 5a , f. 4 , pjante des Indes orientales, dont les racines sont gorgées de fécule. On la mange crue et coite. — D. tuberosus Linrk. Eneje. n^ la, pois patate de la Martinique. On mange ses semences et scs racines. — D. lablab. Ltmk. lllust. gen. 610. Ses semences sont tres-estimées des Égyptiens. On mange encore celles des D. Cutiang Han.' Mant. 2.5q, D. Tranquebaricus Jacq. Hort. vind. 3, t. 70, D. cultratus Willd. 3, p. loap, D. Eabafonnis Herit. Ces dolics sont surtout cultivés dans l’Iode.
3.
36 DEUXIÈME PARTIE. - VEGETAUX.
3. Le gCDie Mucuna a des légmiics liéiissés le plus souvent de poils innom¬ brables, très-fragiles, qui pénètrent faeilement dans la peau et y dctrr- niinent nne sensation de caisson fort dés.igréable. Ce genre a été extrait des dolichos; les espèces en sont connnes dans plusieurs de nos colonies sous le nom de pois à gratter. La laeiiic du Mucuna pruriens I)C. Pr, II, ioi , Dolichos pruriens de divers auteurs, entre daus la matière mé¬ dicale des Indiens. Les Français ne font aucun usage de cette plant.’ , mais les Anglais ont emprunté aux peuples de l’Inde le mode d’adminis¬ tration des poils qni recouvrent les légnnies. C’est nn antbelmintiqne es¬ timé, et qui agit mécaniquement. On incorpore les poils dans dn sirop de sucre, de manière à en augmenter la consistance jusqu’à ce qu’il ait ac¬ quis celle du miel ; on administre cet électiiaire à la dose de quelques cuillerées à café. Il faut aider le médicament de l’action d’un purgatif.
4. Le genre Lupinus n’a qu’une seule espèce intéressante sons les rapports historiques, c’est le Lupinus albus Linu. Spec. roiS, le lupin cnltivé plante qui s’élève environ à dix-huit ponces et qni est remarquable par sa tige garnie de feuilles digitéea, pétiolées, composées de 5 à 7 foliole,, velues. Il n’y a pins aujourd’hui qu’un bien petit nombre de pays où on cnltive pour l’alimentation. Les graines sont presque orbiculaires , apla_ ties et jaunâtres. Les Grecs les comptaient parmi leurs légumes. Les 1,^,, tianx les aiment beaucoup, quoique leur saveur suit amère; jadis on le» estimait comme emménagogiies , apéritives, etc. Leur farine prend place parmi les farines résolutives.
5. Le ^ente Erythryna renferme de belles plantes, tontes originaires do l’Inde. Elles ont dû leur nom à la ronleur rouge de leurs semcnce.s. Nous nous contenterons d’en indiquer quelques espèces. VErythrynn cit. roUodendrum Linn. dont le bois fournit un cbarbon léger propre à la fa, brication delà pondre. — L’E. indicaUnrV. Encjrc. dont l'écorce, suivam Lonreiro, Fl. coch. Sig, est fcbriliige. Il paraît qnc ses feuilles sont ri¬ ches en tannin, puisque cet auteur assure que si l’on en recouvre la cbaip des animaux, cette chair résiste long-temps à la putréfaction. — VE.fuscn Lour. ioc. cit. est pai ticnlier à la fiochinchine. On mange ses Heurs cuiipa dans dn lait. Les feuilles servent d’assaisonnement.
VI. DALBERGIÈES.
Celte tribu présente peu tl’anonialies ; elle n’est compo¬ sée que d’arbres et arbustes exotiques, dont un petit nom¬ bre seulement intéresse le pharmacien. Le genre Pterocarpus donne un sang-dragon, un bois, une gomme et un prin¬ cipe colorant jaune.
LÉGUMINEUSES.
^7
GENKE PTEROCARPUS. (Unn. )
1. DU PTÉROCARl’E SANO-DRAGOX.
PïKROCABPUS Draco Linn. Manttss. l^V^. — P. ojficinahs Jacq.
Amer, merid. 283, t. i83, fig. 92-
FulioHs 5-1 allernis, ovath, acuminatis, glabrii, nitidis, fructibus Icevius- culis, _ Habitat in inanlis Americanis nempe Gnadelnpa.
Tronc élevé, à feuilles impari-pennées, composées de 8 folioles; pétiole glaltre, stipulacé, canaliculé; folioles alter¬ nes, pétiolulées , ovales, acuminées, très - glabres ; Heurs jaunâtres, disposées en grappes rameuses à l’aisselle des feuilles; légume comprimé, orbiculaire, légèrement pédi- cellé , acuminé , indéhiscent. L’écorce , le bois et les feuilles ont une astringence marquée. On doit, suivant Jacquin, au Pterocarpus Draco la résine sang-dragon connue dans le commerce sous le nom de sang-dragon en masses.
DU SANG-DRAGON DES PTÉROCARPES.
Résina Sanguis-dracnnis Pterocarporum.
Masses cylindriques ou fragmens difformes, do grosseur variable, opaques, fragiles, à fracture indéterminée, gra¬ nuleuse, brillante, plus ou moins ptires, entourées de feuilles de palmier, etc.
(Voyez Calamus Draco, famille des Palmiers, pour les caractères physiques et chimiques propres aux divers sang- dragon.)
Jacquin est le seul auteur de l’autorité duquel ou s’appuie pour certifier l’origine du sang-dragon des ptérocarpes. Sui¬ vant cet illustre savant, on fend transversalement l’écorce du ptérocarpe sang-dragon , et l’on en voit découler un suc rouge, qui se concrète rapidement à l’air; on le ramasse pour l’expédier en Europe, principalement en Espagne.
Ces renseignemens sont insuffisans pour compléter l’his¬ toire assez obscure des sang-dragon ; aussi plusieurs phar- macographes sont-ils disposés à penser que le sang-dragon du ptérocarpe ne parvient pas en lîurope. Jacquin a vu dé-
38 DEUXIÈME EAIITIE. - VEGETAUX.
couler un suc qui s’est promptement solidifié à l'air : ce suc était rouge; mais a-t-il cherché à s’assurer si cette substance appartenait aux résines ou aux gommes-résines. Est-ce un sang-dragon .i* est-ce un kino.^
Un grand nombre d’arbres fournissent des sucs résineux qui peuvent avoir quelque analogie avec le sailg-dragon ; le genre dont nous nous occupons en présente deux :
I. Le Pterocarpus ternata Poir. Dict. V, p. 7*7? — Dalbergia monetaria Lion, fils «Su/)/»/. 317. — E-castophjUum monetarittiu UC. Pr. II, 4 a*; arbre de Sarmam.
9. Le Pterocarpus Santaîinus Linn. fils, dont nous allons parler avec quel-
2. DU PTÉÈ.OCARPE SANTAL ROUGE.
Pterocarpus santaumus Linn. fils, Supp. 3i8; DC. Prodr. II
419. — Sandalum rubrum Rumph. Uerb. amb. II, 47- — San-
talum rubrum C. Bauh. Pin. 3<j3.
Toliis 3-5, alternis, subrotundis , retiisis, glabris, racemis axillaribus sim. plicibus ramosisve, petalis crenatis, undulatis. — Habitat in India (Palicata), insolis lodiæ orientais (Ceylan , Golconde , Timor, etc.).
Arbre très-élevé, à feuilles composées, sous-arrondies très-glabres, à pétales crénelés et undules. Son bois porte dans le commerce le nom de santal rouge allons en dire quelque chose.
DU BOIS DE SANTAL ROUGE.
Santali, vel Sandali rubri Ligntim Offic. — Ltgnum odoratnm rubrum Caîsalp. — Lignum Santali rubri in ofjficinis aquilinum dictiim. (Antirj. pUarm.)
Bois compacte, pesant, d’un très-beau rouge à l’intérieur, devenant brun par son exposition à l’air, sonore, en mor¬ ceaux équarris, texture fibreuse ; les parties polies mettent à nu un grand nombre de pores alongés remplis de ré¬ sine («).
(<) On tloit à M. Ouibourt nne remarque aussi juste qu’ingénieuse. Los filires dit-il, sont disposées par couches dirigées alternativement en sens in¬ verse , de sorte que, lorsqu’on le fend dans le sens de son diamètre, il se sépare eu deux morceaux, qui sont comme engrenés l’un dans l’autre; de telle sorte que si l’on y passe le rabot, la surface est altemativeincnt polie et déchirée.
Odeur faible.
Saveur faible, un peu astringente; étant mastiqué, il rend la salive rouge.
Action du temps, nulle.
Poudre d’une très-belle couleur rouge.
Suivant Neumann [Chim. SSj), la matière colorante est de nature résineuse, probablemeut analogue au sang-tlragon ; elle est soluble dans l’alcool, et entièrement insoluble dans l’eau. Lewis a donné ce caractère comme étant celui qui semble le plus propre à faire distinguer le bois de Brésil du santal. Suivant M. Pelletier {Bull. phann. i8t5, 453) , l'eau a une faible action sur ce bois , l’alcool rectifié agit au con¬ traire très-bien, mais ne peut cependant le décolorer en¬ tièrement. La matière résinoïde obtenue est à peine soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau bouillante, très- soluble dans l’alcool, l’éther, l’acide acétique et les alcalis, et très-peu, au contraire, dans les huiles fixes et volatiles, à l’exception cependant de l’huile essentielle de lavande et de romarin qui la dissout très-bien.
Le santal rouge entre dans quelques poudres dentifrices comme agent de coloration. Les Arabes l’emploient à l’in¬ térieur; il est douteux qu’il ait des vertus efficaces : son importance principale est dans la teinture.
Les Grecs ne connaissaient pas ce bois; les Hébreux et les Arabes mentionnent le santal dans presque tous leurs livres. Celui auquel ils accordaient la plus haute estime n’était pas le santal rouge, mais bien le santal blanc etcitrin dont nous avons parlé. {F oj. famille des Saîstalacées, genre Snntnlum.) Murray nomme ce santal Santa liim rubrum, et non Julvuni, comme on l’a mis dans le nouveau Codex.
3. nu Pl-ÉROCARHE KINO.
Ptekocaki’us erinaceus I.nirk. Dict. S, p. 728; III. t. 602, f. —
Pau de sanguc incolar.
Foliis aitcrnis cUipticis obtusis supcritc glabiis subtus rufo-pubcscentibus, /mcuis ucumiiic brcvissimo laterali recto. — Habitat iu Seoegalia.
Tronc médiocrement élevé ; feuilles ailées, folitdes ovales
4o DKUxi]èMK l’AiiTiK. — viccirAUX.
ou elliptiques, obtuses, un peu plus larges à leur base, en¬ tières, minces, glabres en dessus, pubescentes et roussâtres en dessous, marquées de nervures fines, latérales, alternes et obliques,' fleurs pédonculées, à calice pubescent, cam- panulé; légume recouvert de poils blanchâtres, et <le lon¬ gues pointes nombreuses, très-fines et jaunâtres.
Suivant Mungo-Park, c’est à cet arbre qu’on doit rap¬ porter le premier kino introduit en Europe.
nu KINO D AFIlIQUll OU UK GAMBIE.
En fragniens très-petits, de forme irrégulière, luisans, de couleur rubis-brun foncée, mêlés de petits bourgeons et de fragmens de bois, pulvérulens, ne colorant pas la salive craquant sous la dent.
Odeur nulle.
Saveur d’abord insipide, puis très-astringente.
Poudre de coideur chocolat sombre, ou brun-rougeâtre.
L’eau, à ifi'Piéaumur, en dissout environ les le solutum est de couleur rouge briquetée, un peu trouble, et ne s’é¬ claircit pas après vingt-quatre heures de repos. I/alcool en dissout les deux tiers environ ; ce solutum est brun foncé, et le résidu insoluble incolore. L’éther se charge d’un tiers environ de cette substance.
C’est bien là, suivant Thompson , le kino d’Afrique dont le docteur Eothergill a le premier enrichi la matière médi¬ cale européenne. Le célèbre Mungo-Park adressa du Sénégal un rameau de l’arbre décrit au commencement de cet article à sir Joseph Banks, qui le reconnut pour être le Pterocarpus erinaceus de l’Encyclopédif;.
Le kino d’Afrique est très-rare aujourd’hui en Europe ; on l’a quelquefois trouvé mélangé avec la gomme arabique. Le kino de l’Inde, produit par le Nauclea Gambir de Hunter, et le kino de la Nouvelle-Hollande, qui est dû à un euca¬ lyptus, Eucalyptus resinifera, sont les deux sortes les plus communes [voyez Bubiacées et Myrtées). Le Coccoloha uviferaYi. de la famille des Polygonées fournit un faux kino, dont nous parlerons en son lieu.
LÈGUMlHEtlSfiS.
Outre les ptérocarpes que nous avons fait connaître, on trouve encore mentionnes dans les auteurs un P. Jlauus Lour. Fl. coch. 5a5, éd. Willd. son écorce peut servir à la teinture en jaune. M. Bertero parle d’un ptérocarpe de l’é¬ corce duquel exsude une gomme. Cet arbre croit à Saint- Domingue, et a reçu le nom de P. gummifera.
VII. SIFARTZIÉES.
Ce sous-groupe ne renferme aucune plante vraiment in¬ téressante.
VIII. MIMOSÉES.
La tribu des mimosées est uniforme dans ses propriétés. Ce sont en général des arbres, ou du moins des plantes ligneuses qui laissent assez souvent exsuder de leur tronc (') une gomme connue sous le nom de gomme arabique et du Sénégal. L’écorce de ces arbres contient du tannin et de l’acide gallique ; les fruits, avant leur maturité, sont dans le même cas : aussi les emploie-t-on fréquemment pour le tannage des cuirs : quelques légumes sont comestibles (Pro- sopis horrida, dulcis , etc. ). Les Heurs du plus grand nombre sont inodores : quelques-unes pourtant exhalent une odeur exquise. Les feuilles de la plupart des plantes de cette tribu sont irritables au plus haut degré ; les M. pudica , viva , palpitons, casta , pudibunda, en offrent des exemples. La tribu des mimosées ne renferme aucun poison.
GENRE ACACIA. (Willd.)
Acacia Linn. et auct. var.
1. DE L’ACACIE VRAI (’l.
Acacia vera Vcsling. Ægjpt. p. 9 ; Icon. non Willd. non DC. Prod.
II, 461. — A. nilotica Del. Fl. œgypt. lllustr. n° 963. — Mi-
(0 Leur troDC ne foarnit ancnn principe balsamique ni résinenx.
Suivant M. Delile, Cent. pl. AJriq. a3, V Acacia vera de Willdenovv est une espèce douteuse établie sur des échantillons incomplets. Nous adop¬ tons donc la synonymie de M. Delile.
42
nEUXlÈME PARTIE. - VÉGÉTAUX.
mosa nilotica Hasselq. lier. p. 475; Forsk. Æg)p. p. 77, noir
Liiin. — Acacia folüs scorpioïdis legumitiosœ C. Bauli. Pin.
39a. — Sent Arab. Desertor.
Axavfloî ai-fü-mir. Hipp. Mori. rniil. I, 614. — Âxavfloç Tlieop. IV, 3. — Axaxia, ixavàa oépapixti Dio»c. I, i33. — Spina œgrptiaca l’lin. XXIV, la. — Spinis stipularibus geminis; folüs dupUcato-pinnatis, pinms'j-ijugis;Joliolis 10-24 jogis linearibus, leguminibus monilifonnibus glabris. — Habitat in Âfrica a Seaegalia ad Ægyplaœ.
Tronc élevé , acquérant quelquefois la grosseur tl’un homme ; jeunes rameaux et rejetons épineux ; feuilles deux fois ailées, à 6-8 paires de pinnules; folioles linéaires dont les pétioles sont glanduleux; glandes situées entre les deux pinnules inférieures et les paires de pinnules termina¬ les ; fleurs inodores , jaunâtres , petites, réunies ch tête , for¬ mant des capitules pédonculés, réunis plusieurs ensemble à l’aisselle des feuilles.
Gousses ou légumes longs de 3-4 pouces, aplatis, glabres renfermant 5-8 graines isolées, contenues dans autant de pièces arrondies, séparées par des étranglemens ; semences elliptiques et sillonnées.
Odeur nulle ; saveur âpre.
Deux productions, dont l’importance est loin d’être sem¬ blable, l’une naturelle et l’autre artificielle, sont fournies par, l’acacie vrai. On les connaît sous les noms de suc d’a- cacie et de gomme arabique.
r. DU suc d’acacie.
Acacia vera sen œgrptiaca. — Àxaxia Diosc. I, 114.
Solide, pesant, luisant, fragile, de couleur brune-rou¬ geâtre.
Odeur nulle, saveur d’abord douceâtre , puis prompte¬ ment septique.
Poudre brune.
Action du temps., nulle.
Falsification fréquente. On substitue souvent à l’acacie vrai \ acacia nostras,{Fofrez Hosacées, genre Prunus.)
I.liGUMINEDSES.
43
Ce suc est soluble dans l’eau , qu’il colore en rouge. Le solutum est précipité par le sulfate de fer en bleu noir très- abondant, et par la gélatine en un précipité tenace et élas¬ tique; il précipite l’émétique et l’oxalate d’ammoniaque; ce même solutum rougissant très-fortement le tournesol, y décèle l’existence d’un acide libre. C’est donc à ce tannin et à cet acide que ce médicament doit ses propriétés.
Le suc d’acacie entre dans la thériaque.
Dioscoride, et avant lui Hippocrate, ont traité du suc d’a¬ cacie dont ils ont célébré à l’envi les propriétés. Le premier de ces auteurs en donne même le mode d’extraction. « L’aca- cie, dit-il, croît en Egypte. C’est une plante épineuse et un petit arbre. 11 produit des gousses dans lesquelles on trouve une graine semblable à celle du lupin. On en retire un suc que l’on fait sécher à l’ombre; s’il provient d’une gousse mûre il est verdâtre; dans le cas contraire, il est noirâtre. >> Cet auteur en parle ensuite comme d’un astringent puissant. Aujourd’hui on obtient l’acacie en pilant les légumes avant leur entière maturité. On en exprime le suc que l’on fait épaissir au soleil ; on le met ensuite dans des vessies, où la dessiccation s’opère lentement. On trouve du tannin en grande quantité dans l’écorce de plusieurs congénères de cetacacie, notamment dans celle de \ Acacia arabica Willd. Sp. IV, 1084, qui sert dans l’Inde au tannage des cuirs («). W. Ains- lie dit que les légumes sont aussi astringens; c’est à eux qu’il faut rapporter le Bablah (tan orienud) , légume récem¬ ment apporté de l’Inde, et non à Y Acacia vera qu’on ne trouve point au-delà du Niger. M. Virey prétend ( Journ. Pharrn, XI, 3i4) que le bablah est le légume de \ Acacia c/«eran'n Willd. IV, loSy.
Le hali-babolah est un autre légume astringent , pro¬ duit par un acacie de l’Ile-de-France, qu’on ne peut fa¬ cilement déterminer.
Le suc d’acacie nous arrive en Europe enveloppé dans
(*) Toutes les plantes qui fournissent de la gomme ont une écorce astrin¬ gente.
44 rjEUXlKMF. FAnriE. - VÉGIiTAtlX.
tics vessies assez minces, de grosseur moyenne; chacune d’elles contient environ 5-6 onces de cette substance.
. 2. DE EA GOMME ARABIQUE.
Gummi arahicum Offio. — Olîm G. lîahrlonicum ant Sarrucenicum . — Ko|j.p.i ox TYÎ; àxavÛïi; Biosc. I, i33; TUeoph. XV,3. — Gamiui ex Ægyp- tiæSpina Piiü. XIII, ir.
Morceaux sous-arrondis , tantôt amorphes , tantôt tout- à-fait sphériques, quelquefois ovoïdes et sous forme de larmes, de grosseur variable, d’une blancheur plus ou moins grande, quelquefois jaunâtres, solides et fort durs, rarement friables, sous-rugueux, diaphanes et opaques, suivant les variétés, à fractures planes, luisantes et vitreuses, d’une pe¬ santeur spécifique de ii36 à i43i.
Odeur nulle.
presque nulle; pourtant il se développe par la mas¬ tication un goût sucré peu prononcé , et quelquefois une très-faible acidité. La gomme arabique se dissout facilement dans la bouche et adhère aux dents.
Poudre d’un blanc plus ou moins pur, suivant les variétés. La gomme de couleur citrine peut donner une poudre parfaitement blanche.
Action du temps , nulle : la gomme est inaltérable à l’air, le soleil la Manchit.
Falsification: a lieu par mélange des espèces inférieures avec les espèces de premier choix.
ANALYSE DE LA COMME ARABIQUE.
(Gai-Lossac et Théoard, Rechtrchts phjrsieo-chimiques , II, ago.)
Oxigène, 5o,84 Carbone, 4a, a3
Carbone, 4a,a3 on
Hydrogène, 6,g3 Eau, 57,77
Traitée par l’acide nitrique, la gomme arabique, comme toutes les autres gommes, donne de l’acide saccholactique et de l’acide oxalique. Elle est soluble dans l’eau , à laquelle
LKGrMINF.lISES.
elle donne de la consistance. L’alcool et l’etljer ne la dissol¬ vent point; les forts acides la décomposent. Suivant Vaii- quelin, le chlore convertit la gomme en acide citrique. Cette substance n’est point soluble dans les huiles, mais oji peut par son intermède les rendre miscibles à l’eau quand on les triture avec elle (>). La gomme et le sucre s’unissent facile¬ ment lorsqu’on les dissout dans l’eau; la solution, quelque rapprpchée quelle soit, ne cristallise point; on obtient alors une substance solide, parfaitement transparente (»). La gomme en solution concentrée ne passe jamais à la fermen¬ tation putride, ni à la fermentation alcoolique; à la longue il se développe seulement un peu d’acide acétique.
La gomme arabique et la goini^ sénégal, qui en diffère à peine, sont d’un usage journalierflïja quantité qui s en con¬ somme en Europe est vraiment étonnante, et l’on a peine à concevoir que les arbres qui produisent cette substance puissent suffire aux besoins de la médecine et à ceux des arts. Elle fait la base de toutes les pâtes pectorales (pâte de jujubes, de réglisse, de gomme, etc.). On l’associe au sucre pour en faire un sirop qui est très-usité. On trouve encore dans les pharmacies des pastilles de gomme. Elle entre en poudre dans une foule de préparations magistrales. Enfin , lorsqu’elle est bien pure , elle se mange dans les affections de poitrine. Les c|ualités inférieures ont diverses applica¬ tions économiques dont les principales sont relatives à la fabrication des tissus, à l’apprêt des étoffes, etc. Elle sert aussi à faire l’encre à écrire.
La gomme est un aliment, quoique M. Magendie prétende ({u’elle ne puisse servir à l’entretien de la vie. Le rapport des voyageurs est trop unanime sur ce point pour qu’on ne doive pas révoquer en doute l’exactitude des expériences du célèbre physiologiste. Les nations qui vivent le long du Niger, les Maures de l’intérieur de l’Afrique, cpii s’occupent de la récolte de la gomme, ainsi que les Bédouins, vivent presque exclusivement de cette substance. Paterson dit que
(') Théorie des potions huileuses.
Théorie des pâles phartn.nccu tiques.
46 DEUXIÈME PAIITIE. - VÈGÈTAITX.
les singes en sont très-friands et qu’ils s’en nourrissent. (P.i- ters. Foy, au pays des Niniiquois^ p. 162. ) 11 ajoute que les Nimiquois n’ont d’autre aliment que la gomme, etc. etc.
La gomme arabique du Mimosa nilotica (^Acacia vern) découle naturellement de cet arbre; quelques voyageurs af¬ firment que les acacies sains et bien portans n’en fournissent pas; cette assertion paraît assez probable, du moins voyons- nous en Europe la même chose pour ceux de nos arbres frui¬ tiers qui donnent une production analogue. Afin de favori¬ ser l’écoulement du suc gommeux , on pratique quelquefois des incisions sur l’écorce.
li Acacia vera abonde dans la Théba'ide : il y est nommé Saïel. L’Arabie Pétrée uMsède aussi un grand nombre de ces saïels; on en trouve^squ’aux extrémités de l’Ethiopie.
Leurs feuilles donnent le seul fourrage des chameaux dans les vastes déserts de cette Afrique, à laquelle plus de deux mille ans n’ont pu ôter le titre déplorable d’inhospita¬ lière. L’Acacia vera ne commence à fournir de la gomme que dans la Théba’ide. Cet arbre, d’un aspect triste, a pres¬ que l’air d’un tronc mort; sou impoi’tance est pourtant fort grande, c’est le seul arbre des déserts; il vient dans des localités si arides, que le palmier même y meurt. Les acacies pourront seuls rappeler la végétation dans les sables : il fau¬ drait donc s’efforcer de l’y propager. Le Darfour, grand pays voisin de l’Abyssinie, expédie chaque année pour l’E¬ gypte une immense quantité de gomme.
Suakem, Maroc etleCaireen font aussi le commerce (i), ainsi que Giddah et Tor, au rapport de lîruce.
Ces deux ports de la mer Rouge expédient les mêmes sortes commerciales, et cependant en Europe la gomme do Giddah ou Gedda, et la gomme de Tor ou Turique, sont deux sortes différentes pour les négocians ; ces noms sont purement de convention; quoi qu’il en soit, voici les caractères qu’on leur reconnaît et qui servent à les diffé¬ rencier :
t') Suivant Tlinnbcrg , le Mimosa nilotica, eoiumuu dans les environs du Cap, n’y fournit point de goinuie.
LKGUMINEUSES.
COMME XURIQIIE (cOmiO.V OoMBE FEHDIM.ÉE. (Gnib, Uist. abreg drog. II, 274. )
Fragmens assez petits ; formés de grains brillans et transparens pris isolé tuent, mais d’nne apparence opaqui étant réunis ; elle est friable , très blanche , et très-soluble dans l’ean. Oi
servée dans un air sec et chaud, elli s’est disgrégée et fendillée.
Elle est très-eslimée.
M. Guibourt fait connaître en outre une gomme vert- émeraudo, transparente, luisante ^ mamelonnée j une gomme de Galam, lilanclie, tenace ,^esque complètement soluble; une autre gomme d’une acidité marquée; enfin une gomme dite en marrons , qui est presque opaque , quel¬ quefois jaunâtre, souvent brune, salie par des parties li¬ gneuses et corticales et très-soluble. Ces diverses sortes, qui ne sont peut-être pas produites par les mêmes arbres , pré¬ sentent peu d’intérêt; nous ne nous y arrêterons pas plus long-temps.
1! Acacia decurrens Willden. Commun aux environs du port Jackson (Nouvelle-Hollande), exsude spontanément une gomme presque entièrement soluble dans l’eau; elle peut être sans inconvénient employée aux mêmes usages que tou¬ tes celles dont il vient d’être fait mention; mais on en récolte trop peu pour quelle devienne sorte commerciale.
2. DE L’ACACIE SÉNÉGAL.
Acacia Sénégal Willd. IV, 1077; DC. Prod. II, ijSg. — Mimosa
Sénégal Linn. i5o6; Black, t. 345.
ÂxavOo; Xtuxii Theoph. Hht. IV, 3. — Nebusd ou Nehuei. des Joeoes, Raui. in litteris, — ^culeis stipularibus rectis brevissimis , pinnis .î-8 /ugis, foliolis i5-i8 fugis oblongo-Unearibus obtusis petiolis ramisqiie glabris, glan- duli, inter omnes pinnas sessiUbus , spicis axillaribus solitariis gracilibtu. — Habitat iu Arabia et Africa interiorc.
Ironc de i5 à 20 pieds de bauteur; feuilles deux fois ai-
■ COMME CF.nnA ou GIDnAII (eomni.).
- que , qui envahit presque toujours 1 quelques points de leur superficie.
E lubie que la gomme tnriqne, elle laisse même une petite portion de matière
48 DErXiÈME PARTIE. - VÈGÈTAnX.
lées, et composées cleiSà i8 paires de folioles portant cha¬ cune 4-8 paires de pinnules; folioles glabres, veineuses et obtuses; fleurs en épis cylindriques, gousses velues. L’é¬ corce du tronc est d’un gris blanchâtre. Les rameaux sont épineux , et l’on trouve trois aiguillons à la base de chaque feuille; quelquefois ces aiguillons avortent.
Cet arbre fournit la gomme dite sénégal dans le com¬ merce.
DE DA GOMME SÉnÉGAD.
Conférer pour les caractères physiques et chimiques le précédent article.
11 n’est pas possible de différencier la gomme arabique et la gomme sénégal. Yl^cacia Sénégal forme de vastes forêts et s’étend jusqu’en Arabie; il croît dans des localités voisines de celles où se trouve l’acacie vrai. Leurs produits, souvent mêlés, passent dans le commerce sous un même nom.
Suivant ce que nous racontent les voyageurs, la gomme sénégal provient surtout de deux arbres appelés par les na¬ turels nerek et nehued; il est probable que ce sont deux es¬ pèces distinctes, et non des variétés, car les différences exi- gées du vulgaire pour imposer des noms dissemblables sont ordinairement plus que suffisantes au botaniste pour mo¬ tiver leur séparation comme espèces, h’ Acacia Sénégal n’e&t donc pas le seul arbre qui fournisse dans l’ouest de l’Afri¬ que la gomme arabique.
Adanson a décrit les arbres à gomme de l’Afrique occi¬ dentale, il les dit être au nombre de quarante espèces; mais les deux arbres nerek et nebued constituent seuls des forêts.
Feu notre ami M. Auguste llain, dont nous déplorerons long-temps la perte, et, qui, victime d'une prétendue so¬ ciété philanthropique, ayant quitté sa patrie pour aller dé¬ fricher une terre infertile, mourut à Sierra-Léone , pharma¬ cien des colonies anglaises, nous a appris, dans ses lettres que les Jolofs nomment la gomme sumach , et qu’ils l’appor¬ tent par petites quantités à Saint-Louis, où on l’emmaga¬ sine pour l’expédier en Europe. Il dit que les Maures, les
T,<tGUMINr.rSES.
Foulahs et les Ashanties livrent la leur aux Anglais et aux Hollandais. Il a vu, dans l’intérieur des terres, \ Acacia vera croissant à coté de \ Acacia Sencgal, et d’une autre espèce voisine , dont les branches sont horizontales et le tronc fort peu élevé. Quoique les acacies soient éloignés les uns des autres, leurs rameaux se joignent et se croisent de manière à former un couvert, sous lequel habitent plusieurs famille.s d’indigènes. Suivant ce qu’on lui avait appris, les Hollan¬ dais auraient importé en Europe la gommfe sénégal plus d’un siècle avant que la France songeât à ce commerce, mais en lui conservant l’épithète A' arabique, pour éviter des pré¬ ventions qui eussent nui à la vente de cette précieuse pro¬ duction. Suivant le même voyageur, l’arbre nereck ou 've.rcck des Jolofs serait semblable à \' Acacia vera, et donnerait une gomme blanche , tandis que le nebuel ou nebued serait bien Y Acacia Sénégal des botanistes, et fournirait une gomme rougeâtre en gros fraginens.
Le séjour que M. A. Rain fit à Sierra-Leone lui permit de s’assurer que le commerce de la gomme avait bien plus d’activité sur ce point de l’Afrique que sur les bords du Sénégal. Les Maures la recueillent dans les forêts, princi¬ palement dans le courant de décembre j ils la transportent sur des chameaux jusqu’à des comptoirs nommés Escales, situés sur les bords de la Gambie. Amoncelée dans les ma¬ gasins, la gomme y jouit d’une faible odeur, qui s’affaiblit successivement pendant plusieurs semaines. On l’entend se briser spontanément; la dessiccation terminée, les morceaux conservent leur intégrité. M. Rain dit avoir vu des frag- mens de gomme aussi gros que des œufs d’autruche.
On trouve en Angleterre une gomme arabique et une gomme de l’Inde, plus brune et moins soluble que la gomme arabique ; elle est également due à Y Acacia arabica, suivant Thompson.On ne la trouve point dans le commerce deFrance.
Il s’exporte de Magador deux espèces de gomme : une gomme de Maroc ou de Barbarie, et une gomme Soudan (gomme sénégal), qui est plus belle. Les caravanes l’appor¬ tent de Touibiictou. JacLson dit que la gomme de Maroc est IL 4
EUXiÈ;
K PAnriE.
le produit d’un arbre épineux nommé atalleh. Scs léuilles le font ressembler au genevrier, et c’est pendant les chaleurs qu’il fournit le plus de gomme. On afürme que c’est iuimé- diaternent après la saison des pluies qu’a lieu, au S(Uiégal , l’écoulement de la gomme. Kn 1781, bis l'raneais avaient tiré de ce pays 800,000 livres pesant de gomme, et les An¬ glais à peu près moitié de cette quantité; en i8o5,C(mx-ci eu ont exporté 280,000 livres.
Depuis i8ai lerf Anglais se sont emparés du commerce exclusif de la gomme du Sénégal, en vertu de je ne sais quel article du traité de 1788. C’est à Portentic qu’ils en ont fi)t<‘ le comptoir; la foret de Sahel en est distante de (io milles anglais, et la forêt d’Kl-Hiebar de 80 milles. Ces deux forêts fournissent d’immenses quantités de gomme. Les Maures Trarzhars, qui font ce trafic, reçoivent eu échange des mar¬ chandises anglaises.
En 1827 , de janvier à septembre, le commerce français a exporté du Sénégal plus de 5oo milliers pesant de gomme.
Couférer, pour les autres espèces de gomme étrangères à la famille des la-guiiiiiieusrs, la famille des Auranliéea ponr le Peronln ehphtinii,,,, Koxb. la famille tita Kosaeées pour la gomme dn paya, celle dea IMalv.-,, céea pour le Stercitlia lirens, celle des 'rérébintliaccea ponr la goniiii,. d’acajou , enfin celle dea Méliaiéea , dea Eléagnéea et des .Swicteriiées, pou,, lea goramea iaMeliaAzedaracIt, du Terminalia et du Stvieteniii fibri/rig„_
3. DE L’ACACIA SASSA.
Acacia cummifeba Willd. A/a. IV, p. io56; DC. Pr. Il, /,55. _ Sntsa gummifera Gm. Sj-jf. — Acacia Sassn Bi iic. Vay. app_ 58, Atl. |)l. 4 et 5. — Snsm Hah. d’Einfras. — Mimosa gum- mifera? Forsk. Fl. arab. p. 124, n' 6i5.
OwOKoArtaeev Cal. Antid. liv. I et If. — Tai.leh des Arabes du déaert. — Gtabra, spinit stipularibus' redis, foliolis pinnamm jngit Unearibus obtusis glnndula sessiti inter pinnas, spicis oblongis axil/aribus, legumine submonili. Jormi tomentoso albido. — Habitat lu Africa propc Mogadur ( in iuaula llor- bouensi ; teste A. du Pelil-Tbouars).
Tronc fort élevé et fort gros, écorce mince et d’un bleu blanchâtre comme celle des cerisiers, branches florifères rougeâtres, feuilles bipiiinées .sans 'impaire , (j-8 pinnules
I.ÈGUMINEUSES.
5,
chargées de ia-i4 paires de folioles, luisantes, sessiles et obtuses, également sans impaire; elles sont opposées; Heurs terminales , paniculées.
Cet arbre donne une gomme dont nous allons parler.
I. DE LA GOMME OPÜCALPASII M.
OTTOjcotXTraaov Gai. Antid, I. — Myrrhe d'Abyssinie Biaee App, 58. — Sassa Miiboni. Abyss. — Gumtni toridonense ?? Offic.
Fragmens de grosseur médiocre, quelquefois assez volu¬ mineux; texture unie et serrée, légère relativement à son volume, de couleur brunâtre.
Odeur nulle.
Swenr fade et inucilagineuse ; n'a aucune propriété nui¬ sible.
Mise dans l’eau, cette gomme se gonfle, blanchit et perd de sa viscosité; elle se comporte dans ce menstrne à peu près comme la gomme adragante. Les morceaux, après leur sé¬ jour dans l’ean, conservent leur forme primitive, mais ac¬ quièrent cinq fois leur volume ordinaire. L’usage économi¬ que de cette gomme se borne à en faire des apprêts pour les étoffes, mais seulement dans les pays où elle se trouve.
On voit facilement, par le peu que nous apprend Bruce de la gomme opocalpasum ou du sassa, qu’elle est en partie formée de bassorine, et que son analogie avec la gomme de Bagdad et de Bassora est frappante. Produite par un végé¬ tal du même genre, l’une pourrait bien n’être qu’une variété de l’autre ; ce que nous allons dire ici de la gomme de Bas¬ sora va convaincre de cette vérité.
2. DE LA GOMME DE BASSOKA OU DE BAGDAD.
Gummi toridonense Offir. an Sassa Abyss.?
Fragmens irréguliers, blancs ou jaunes, sous-transparens , de grosseur variable, mais jamais volumineux. Cette gomme fait entendre une espèce de cri en se brisant sous la dent.
Odeur nulle.
Saveur insipide.
4.
Sa DEUxiÈjwr, PAKTir.. — vioÉTAux.
La gomme de Jiassora se gonde dans l'eau, mais Lien moins que la gomme adragante. Les fragmens qu’on a plon¬ gés dans ce liquide restent isolés, à peu près comme cela a lieu pour les gelées de salep, ce qui empêche qu’on no puisse en tirer parti. Elle a fourni aux chimistes une matière dont nous allons faire connaître les caractères.
D£ LA BASSOniNE.
Insoluble dans l’eau à toute température} s’y gonfle con¬ sidérablement; se dissout à chaud dans l’eau chargée d’un peu d’acide nitrique ou bydroehlorique; la dissolution, éva¬ porée et traitée par l’alcool, abandonne un précipité llocoji- neux, lequel, étant desséché, offre tous les caractères de la gomme arabique.
La bassorine existe en grande quantité dans la gomme Bassora ou de Bagdad, dans nos gommes du pays, dans h, gomme du sassa, et dans la plupart des gommes-résines.
M. Virey a dit(/oMr«. de Pharrn. V, i6'5) que la gonnue de Bassora pourrait bien être produite par un mcscmbrUin- themum. Il répète plus positivement cette assertion {Traité de Pharrn. I, 6o). Les mesembrianthemum sont des plant<;s de petite dimension dont aucune ne donne de gomme.
La gomme bassora , ou de Bagdad , se trouve en Arabie, et la gomme du sassa, ou opocalpasiira, en Abyssinie, vis-à-vis de Moka : ces localités différentes ne sont point un obstacle qui empêche l’identité de ces deux productions. Acacia gummijfera, que M. du Petit-Thouars a retrouvé à l’Ile- de-France, peut très-hien croître 'de l’autre côté de la mer Rouge.
4. DE L’ACAOIE CACHOU.
Acacia Catechu Willd. Sp. IV, 1079; DC. Pr. II , /|58. — Mimosa
Catechu Linn. f. Supp. /jSg; Roxb. Corom. II, t. 175. — ivi
Cale Murr. II, àiS.
’Throp''- IV, .4. — Aiixiov ivJmôvDioac. I, ijj
_ ytcnleis stipulariàui janioribus retiuseuHs demum niiciiialis, pinnis to jugi,
Jhliolis Ho-Sojiigis liiiearibus piibescentibiis, spicis cytindrnceU i-3 axillaribus, Ifgiimert lanccolauim plantim 3-6 spennum. — llaliiiat in Inilia orieneali.
'front; élevé, à rameaux cylindriques, à feuilles grandes
I.ÉGUMINEUSKS,
53
bipennees, chargées de foliob» villeuses, portées sur un pétiole commun muni de deux aiguillons comprimés et un peu recourbés; fleurs spiciformes , longues de deux pouces, axillaires; fruits aplatis, alongés, contenant 5 à 6 graines.
Le bois et les feuilles servent à préparer l’extrait dont il va être question.
DD CACnOD.
Catechu, Terra Japonica. — KiTscan; Catï; Cacborb; Cachov. — Aümcv iv<fixàv Diosc. I, i3ï. — Uadhadh Knh.
Substance sèche, dure, brune ou rousse extérieurement, rouge-brunàtre à l’intérieur, à cassure terne ou brillante, suivant les espèces; en morceaux aplatis , de poids variable; offrant sur l’une des faces un grand nombre de semences et quelquefois aussi nus.
Odeur nulle.
Saveur astringente particulière , suivie d’un goût sucré très-agréable, amère dans le cachou de Bombay et le cachou en masses.
Poudre grise ou jaunâtre.
Falsification. On a vendu pendant quelque temps un ca¬ chou artificiel , poreux et léger, en pains gros et cu¬ biques; sa pulvérisation était tres-faclle. Il contenait beaucoup d’amidon.
On a falsifié ce suc avec une terre argileuse , de couleur rouge brune; il suffisait d’en essayer le degré de solubilité pour reconnaître l’altération que nous signalons.
analyse dü cachou.
( M. Davy, cité par Thénard. )
CACaOD CACHOU
de Boml»;. do Brojale,
Tannin, 109 97
Matière extractive , 68 73
Mucilage, i3 16
Résidu insoluble , 10 i4
Après avoir fait connaître les propriétés physiques et chimiques propres [à tous les cachou, il est indispensable,
$4 «KUXIÈMK l'AUTIE. - v/x/iTAUX.
avant tl’eii tracer l’histoire, de faire connaître les diffé¬ rences physiques qui séparent les sortes commerciales les unes des autres.
CACHOU DU BUIGALF.. I CACHOU DK BOMBAY. 1 CACHOU EN MASSES. Cachou i" sorte, Lémery ;] Cachou a' sorte, Létnery ; Ca chou 1 ucide Offic.
remp^c'beDt d'adhérer à Tendmii où il éiait pot^é; cassure terne, ondulée et souvent marbrée.
Saveur astringente, non amère, à laquelle saccède
! peine suivie du goût sucré qui caractérise IVspècc précédente.
Poudre grise, bruue.
noncees , appartenant à une plante indéterminée * cassure uniforme.
I •yut'ct/rtrè.s-astriugciite,
nn peu amère, .suivie de
ün ne trouve que bien rarement la première sorte dans le commerce; la deuxième est assez commune dans nos ina._ gasins : elle est inférieure aux deux autres; enfin la troi¬ sième, autrefois très-rare, est aujourd’hui très-répandue; elle est de fort bonne qualité.
On prépare avec le cachou une teinture, un extrait aqueux, des pastilles simples et composées,. des trochisques des grains diversement aromatisés. 11 entre dans la théria¬ que ; c’est un stomachique estimé. La base du cachondé in¬ dien est le cachou.
Le nom de Terra Japonica, donné à cet extrait, annonce que, trompés par l’apparence extérieure, les auteurs avaient pensé que le cachou appartenait au règne minéral ; pour¬ tant, dès le milieu du seizième siècle, Gardas ab Horto an¬ nonçait que le cate se retirait d’un arbre nommé hachic; et la description qu ’il en donne , bien que fort concise , se rap¬ porte absolument à V Acacia Catechu. Le cachou, si l’on en croit le même auteur, est le /.ûxiok de üiscoride. Plus tard.
I.i'GUMINEtlSliS. 55
Jaguer prétendit que le caeliou était fourni par le fruit de l’aréquier ; Albert , chirurgien français qui avait résidé long¬ temps à Pondichéry, confirma l’assertion de Jaguer; Antoine de Jussieu la défendit : elle dut prévaloir, et J. Linné nomma catechu l’espèce d’aréquier dont nous avons parlé sous le nom à'Areca Betel.
Kerr, chirurgien anglais, publia des observations positives qui firent revenir à l’opinion de Garcias. Il prouva que le cachou provenait d’un acacie; il en donna même la figure [Med. observ. 5). Linné fils le décrivit sous le nom de Mi¬ mosa (acacia) catechu. Voici le procédé indiqué par Kerr pour la préparation du cachou : il diffère peu de celui que tlepiiis long-temps Garcias nous avait fait connaître :
On réduit le cœur du bois, qui est rouge pâle, en petits copeaux minces; on les fait bouillir dans des vases de terre avec une certaine quantité d’eau que l’on fait réduire au tiers. Cette décoction est placée ensuite sur des terrines plates, et après qu’elle a été refroidie pendant vingt-quatre heures à l’ombre, on la fait passer par un filtre recouvert d’une couche de cendres de bouse de vache, puis on 1 expose à l’ardeur du soleil, où elle prend la consistance d extrait.
C’est surtout dans la province du Bahar, du haut Indous- tan, qu’on en prépare la plus grande quantité; et l’on y suit exactement le procédé indiqué par Garcias.
Bien qu’il soit aujourd’hui démontré que l’acacie au ca¬ chou fournisse une grande partie du cachou du commerce, on doit penser que plusieurs arbres en fournissent aussi ; le tannin, qui fait la base de cet extrait, se trouve dans un grand nombre de végétaux, et notamment dans les gousses et l’écorce des acacies employés pour le tannage des peaux. C’est une faute grave en pharmacologie de trop spécialiser.
Les diverses sortes de cachou qui se voient dans la dro¬ guerie sont, suivant nous, des produits d’arbres différens. Cette idée n’est point nouvelle: Avicenne dit qu’on peut rem¬ placer le cachou par l’extrait du santalum et de l’arec. Cleyei affirme qu’on en retire de plusieurs fruits astringens (').
C ) Ou douuc aussi le uoui de Kaschu , dit Duucan , à l’extrait (lu’on relue
56
DEUXIÈME
PARTIE. - VÉGÉTAUX.
Quelques etonoiiiistes pensent que l’emploi du cachou pour le tannage des peaux serait avantageux, même en Eu¬ rope , malgré le prix élevé de cet extrait.
Cachou vient de cate, arbre, et de chu^ suc, en sanscrit ou en indou.
IX. GEOFFROY K ES.
Les Geoft'royées sont des arbres s’élevant à une assez grande hauteur, ou bien des herbes appliquées sur le sol. On n’a encore utilisé qu’un petit nombre de ces légumi¬ neuses; le peu que nous savons de leurs usages présente déjà quelques anomalies. Le fruit des Geoffroyées et des Arachides est comestible; celui des Andira est amer, ainsi que la fève tunka , dont l’odeur de mélilot est si pronon¬ cée; elle fournit un principe sui generis , le coumarin, qui peut-être se retrouvera dans le mélilot. L’écorce des geof- froya est résineuse, amère et acerbe. h'Arachis fournit une huile fixe.
GENRE GE0FFR9YA. ( Liun. et Fers. )
1. DU GEOFFROYA DE LA JAMAÏQUE.
Geoffroya iNEiiMis Sw. Fl. Ind. occid. ia55. — Andira inermi\
Humb. Bonp. Nov. gen. Amer. DC. Pr. II, 475.
FoUolis i3-i5 ovato-lanceolatis acutis utrinque glairis, floribus paniculacis brevUsime pedicellatis , calicibus urceolaris femigineo-pubescentibus. — Habi¬ tat in sylvia ad ripas Jamaicæ, Martinicæ, etc.
Ecorce {Cortex Geojfroyœ Jamaiccnsis Officin.) compacte, épaisse, fibreuse, d’un brun cendré à l’extérieur, jaune à l’intérieur. Cassure résineuse. Elle est couverte de squammes et envahie par des lichens (graphidées). On en trouve une variété qui ressemble beaucoup à la cannelle giroflée.
Odeur nauséeuse.
Saveur amère et austère.
Elle fournit un extrait dont l’odeur rappelle celle des amandes amères , et une grande quantité de résine.
I.KGtlMlNEDSES.
'*7
2. nu GF.OITROÏA DE SI/lUNAM.
r.KOFFEOTA .SiiRiif AMF.NSis Eoiipl. Monogr. J). i3, If. — Andiia
retusa Hiiiiib. et Bon]). Nov. gen. Amer. — A. retuxa var. C
Suriuamensisl^C. Prod. II, 47<)-
Foliolis i3-i5 ohlongis relusls siib-marginntis utrinque gtahris. — Habitat in Suiinaniu.
Écorce ( Cortex Geojfroyœ Surinainensis Offic.) revêtue d’un épiderme grisâtre , recouve rt de lichens à lirelles déliées et à croûte blanchâtre (graphidées). Cet épiderme étant enlevé montre une écorce d’un rouge brun , plus ou moins obscur suivant l’âge des parties de l’arbre qui ont fourni cette écorce. Couches corticales lamelleuses, très-tenaces, compactes, de couleur ferrugineuse, avec des stries et des taches brunes et rougeâtres. Cette écorce étant coupée transversalement, paraît brillante et de couleur variée.
Odeur nauséeuse à l’état récent, nulle après la dessicca¬ tion.
Saveur un peu acerbe et amère; l’amertuiiie est plus pro¬ noncée dans les couches corticales qu’à la surface epi- deri.joide.
Poudre jaune de cannelle un peu pâle.
Action du temps : en vieillissant, cette écorce devient presque insipide, et conséquemment inerte.
Elle fournit en assez grande quantité une résine rou¬ geâtre et un extrait d’une odeur analogue à celle des aman¬ des amères, d’un goût très-amer et acerbe.
Ces deux écorces ont été vantées comme étant d’héroï¬ ques anthehnintiques. Suivant même quelques auteurs, ou doit voir en elles les meilleurs vermifuges que nous con¬ naissions. La dose de l’écorce des geoffroja est la même que celle de l’écorce de la racine du grenadier, 2 onces en décoction dans 24 onces d’eau réduites à 12.
L’emploi interne de l’écorce du GeoJfroja de la Jamaïque peut être suivi d’accidens graves; on lui préfère le GcoJ- frojra de Surinam, qui est moins actif, mais d’un effet plus sûr. Celle-ci se trouve dans le commerce en morceaux apla-
?8 DliUKlilMli l’AUTlli. - VÉGÉTAUX.
tis, longs d’environ un pied et larges de (jiielcpics pouces; elle est inusitée en France.
GENRE ARACIUS. (Linn.)
UE L’AIIACHIUE SOUTERRAINE.
Aracuis uypocæa Linn. Sjmc, io4o; DC. Pr. II , 474. — A. asia- tica Lour. Coch. ed. Witlil. a, p. 5a3.
PtsTACHB DK TXRRE. — Fol 'th abmpte pinnatis bijttgis, petioHs cirrhosis, flo- ribus in axillis 5-7 Jlavis.— Habitat in America calidiori , Africa , Asia ; in En¬ rôla colilnr.
Fruit (légume) ovale-oblong, coriace, parcouru par des veines en réseau, étranglé vers son centre, contenant deux graines ovales, aplaties sur un point, et recouvertes d’une arille fauve; elles sont oléagineuses.
Odeur légère.
Saveur douce, ayant de l’analogie avec celle des haricots.
ANAI.VSK DRS Sr.MKNCF..S DK I,’AHAeHlI)B SODTBRRAINK.
( MM. Payen cl Henry fils, Journ. Chim. méd. I , Aîi. )
Huile fixe.
Caséum.
Ligneux.
Sucre cristallisabic.
Phosphate et iiialate de chaux.
Gomme?
Matière colorante.
Soufre.
Aiuidou.
Huile essentielle?
Hydrocblorate de potasse.
Acide malique libre.
UE l’huile de l’arachide souterraine, extraite
A FROID.
Colorée en vert, presque inodore, d’un poids spécifique de 916,3, insoluble dans l’alcool , soluble dans l’étber, lais¬ sant déposer de la stéarine à 3" -|-, et se prenant en niasse
Ï.EGUMINEÜSES.
■'>5)
à — S" ou 4". File SC rapproche plus île l’huile «raniandes douces que de l’huile d’olive (0.
Odeur et saveur nulles.
igSo grammes de semences, séparées de leurs enve¬ loppes, ont donné i495 grammes d’amandes, qui fourni¬ rent 47 p- % d’huile fixe, c’est-à-dire yoS grammes.
L’huile d’arachide peut être sans inconvénient substituée à celle d’amandes douces dans les préparations pharma¬ ceutiques et dans quelques produits de l’art du parfumeur. On ne peut en aucune manière faire servir l’amande, qui est inodore, à la fabrication du chocolat j car cette pâte tire l’excellence de son goût de la partie aromatique du cacao. On fait dans l’Inde diverses sortes de gâteaux avec les graines de l’arachide; on les mange aussi grillées.
L’arachide réussit très-bien dans le Midi de la France et de l’Europe : par une culture bien entendue, elle peut don¬ ner loo pour I. Nous avons vu quel parti on peut tirer de son huile; son fourrage est très-bon. La culture de cette intéressante léguniineuse mérite d’être encouragée, car on sait qu’un abaissement subit de température suffit pour en¬ lever re.spoir de la récolte des fruits de 1 olivier et de la- inandier, et, dans ce cas malheureux, 1 arachide pourrait être fort utile.
GENRE DtPTERIX. (Schreb.)
Baryosma Gærtii.
DU DIPTERIX TONGO ou FÈVE TUNKA.
DiPTEHix ODORATA Wüld. Spec. III, gio. — Baryosma Ton^o
Gærtn. Fruct. II, p. 73. — Coumarouna odorata Aubl. Guy.
III, p. 74o.
FoUis alternis, petiolo marginato,Joliol!s 5-6 alternis, — Habitat in Guianœ sylvia.
Fruit (légume) charnu, épais , jaunâtre , filandreux, à une seule loge, sous-comprimé, bivalve.
(•) Celle observation vient à l’appni de la loi des analogies; la famille des Légaïuineuses est liien plus voisiue des ROvsacées que des Jasminées.
Go EüüXIliME PARTIE. - VÉ'GÉTAtIX.
Semence (J)iptcridis odorutw StimeHj milgo dictuni Fabn Tunka seu Coumnrounœ A/recw) ovale-oblongue, sous-riavi- culaire, île i pouce et ilenii à deux pouces de longueur, lui¬ sante, à surface liuileuse, marquée de fortes rides disposées en réseau, à base élargie plutôt impressionée que ridée, très-lisse et rouge -violet; elle est un peu aplatie aux deux bouts, bombée vers son centre, et a communément une demi-ligne de largeur. Sa couleur est brun-pourpre; si l’on enlève l’enveloppe (périsperme), qui est chartacée et for¬ tement adhérente, on découvre une amanile _bilobée (0 , d’une couleur jaunâtre et d’un aspect huileux.
Odeur du périsperme, de inélilot douce et suave; de l’amande, analogue, mais plus forte et moins franche
Saveur du périsperme, un peu piquante, très-peu amère • de l’amande, très- piqu ante ; si on applique fortement la langue dessus, elle est presque brûlante et rappelle la racine de pyrèthre; elle excite la salivation, est amère, aromatique, et colore faiblement la salive (>).
ANAtVSE DF. LA FÉVE TONKA.
( MM. Boulroa-Charlard et ISoallay, Journ. Pharm. XI , 480. )
Matière grasse, .saponiliable , forinéu de stéarine et d’élame.
Un principe particulier (coumariii).
Matière .sucrée, fernieutesciltle.
Acide inaliqne libre.
Malate acide de cbaux.
Comme.
Fécule amylacée.
Sel ammoniacal.
Fibre végétale.
DD COUMARIS. (Boullay et Bonlron, analyse citée.)
Cristallisable , odorant, possédant plusieurs caracièies des huiles volatiles, dont il se rapproche beaucoup; cristal¬ lisant en aiguilles carrées, ou en prismes courts terminés
(■) L’embryon est droit; il a une tigclle foliacée et une radicule eu massue , mais ce blastème u’a point une forme phalloïde.
f) C’est par erreur que M. Gnibourt la dit douce, agréable, bulleuse, etc
LÉGUMINEUSES.
en biseaux, très-durs; volalilisablo; plus pesant que l’eau dans laquelle il est peu soluble; très-soluble dans l’aleooi et dans 1 etber.
Odeur aroin.atique très-prononcée.
Saveur chaude et piquante.
Les semences de tonka ont des propriétés asse* énergi¬ ques; on ne les emploie que pour parfumer le tabac.
X. CASSJÉES.
Cette importante tribu est presque en entier formée d’ai - bres ou d’arbustes de port très-variable, remarquables par les différences que présentent les légumes, aplatis et comme Ibllicnlaircs dans les sénés, ligneux et arrondis dans les casses. Les principes dominans qui se remarquent dans ces plantes ne peuvent être indiqués, tant ils sont variables. Le Moringa fournit une huile fixe, le Copaïfera une térében- ibine. Le tamarinier donne une pulpe acide; le caroubier, un légume sucré; la poincillade, un fruit astringent; enfin , le séné, un fruit nauséabond et purgatif. Plusieurs des bois des cassiées contiennent un principe colorant, qui a etc isolé du campêche, et nommé hématinc, à cause de sa cou¬ leur de san^. Les genres Ccesalpmia , Coulteria et Poin- ciana servent en teinture : le premier a reçu le nom de bois de Campêche.
La résine animé des pharmacies est produite par un Uy- ifiencea. Il en est peut-être de même de la résine copale , si long-temps attribuée au Rhus Copallinum. Les feuilles de plusieurs cassiées sont purgatives; les sénés, les Tephrosia et quelques autres genres moins connus sont dans ce cas. Il paraîtrait que le principe irritant, isolé sous le nom de ca- thartine, est plus violent dans le Cassin venenifera DC. Pr. II, 497, car les feuilles de celte plante servent à enivrer le.s poissons, et agissent comme le ferait le fruit de la méni- sperme coque du Levant.
(u DEUXllsME l'AKTiE. - VÉGÉTAUX.
GErfliE MOttlNC.A. (Juss.)
IIyperantuera Forsk.
DU MORINGA NOIX DK HEiV.
MoniKGA OLEIFERA Lnu'k. Dict. 1, 398. — M. pterigo.iperma
('.aîMii. Fruct. II , j). 3u'i , t. 147 ; I)C. Prodr. II, 478. — Gui-
landina Moringa lànn. Sp. 546. — Balunus myrepsica Coitl.
Hist. — Glans unguentaria C. Hauli. Pin. 402.
BxXaîvou Atv^pov Theop. IV, a; Diosc. IV, 160. — Leguminibus triqnetris , teminibus trigonis, angulis in alas expansis. — Habitat in India orientali, «t in America calida introducta.
Fruit (légume) long d’environ un pied, terminé en pointe et s’ottvrant en trois valves dans le sens de la longuem. rempli, à l’état récent, d’une pulpe charnue, dans laquell,! se trouvent des graines , et recouvertes d’un périspernje so¬ lide, fragile, grisâtre en dessus et blanchâtre intérieure¬ ment. Ce périsperme est trigone, pourvu de trois ailes nietn- hraneuses très-développées et sous-translucides ; il renferme une amande de la grosseur d’une petite noisette, hianchâtre à base élargie; son parenchyme est si abondamment inu prégné d’huile, que la simple compression du doigt suffis pour la faire sortir. ^
Odeur du périsperme, nulle, ainsi que sa saveur; odeur du nuclcurn, très- prononcée, pi'csque siercorale.
Saveur amère , désagréable , mêlée d’astringence.
Cette sorte d’amande fournit l’huile fixe qui porte son nom.
HUILE DE BEN OU DE BÉEN.
Oleum Balaninum ; Oleom de Beh, vel O. Moringœ oUifera;, O. glandi- enm Offio.
Inodore, incolore ou légèrement jaunâtre, plus légère Ajue l’huile d’olive; Iluide au-dessus de i5“ Réaumur, et figée au-dessous de ce degré. Elle contient beaucoup de stéarine, absorbe lentement l’oxigèiic de l’air; sa saveur est presque nidle.
L huile de heu est purgative et vomitive à de fort petites doses ; connue elle est inodore et qu elle rancit dinieileinent les pairiinieurs l’emploient pour retirer l’odeur fugace dc^ plusieurs Heurs, telles que celle du jasmin et de quelques liliacées.
Suivant Geoffroy ( A/aA mcd. 111, aSy, in-ia), les parfn- nieurs emploient le moyen suivant pour retirer rarome des Heurs à l’aide de l’huile de ben. On prend un vaisseau de verre ou de terre eu cône, dans lequel on place plusieurs ju'tits tamis de crin , éloignés également les uns des autres. Chacun est couvert de coton cardé imbibé d’huile sur le¬ quel on met une couche de Heurs que l’on laisse pendant quatre heures. On renouvelle ces Heurs plusieurs fois , et quand l’huile est suffisainment chargée de leur arôme, on la retire du coton pour la conserver ensuite dans des^vases bien bouchés.
La stéarine de l’huile de ben se précipite à la température ordinaire; l’élaïne surnage comme plus légère, et sert aux horlogers pour faciliter le mouvement des rouages des mon¬ tres et des pendules.
L'huile de ben n’est point usitée dans la thérapeutique moderne ; on prétend cependant qu’on peut 1 employer dans le traitement de plusieurs affections cutanées.
Monardès a donné le nom de Ben magnum et à' Âvellana purgntrix au fruit du Jatropha multifida. Voy. ce mot, fa¬ mille des Eupborbiacées.
L’huile de ben s’obtient par expression des amandes bien mûres, et qtie l’on monde convenablement; elles en four¬ nissent environ le quart de leur poids. L’Egypte nous ex¬ pédie l’huile de ben, dont l’extraction se fait près du mont Sina'i.
GENRE CyiSSlA. (Linn.)
Senna et Cathartocarpüs Pers.
Presque toutes les espèces comprises dans ce genre ont des feuilles et des fruits purgatifs. Cependant les feuilles des C. Sophora , obtusifolia ^ hirsuta, occidentalh de Linné ont
(J4 DEUXIÈME PAllTIE. - VÉGÉTAUX.
une propriété .sédiitive, rendue évidente par une odeur vi» reuse qui n’est pas sans analogie avec celle de l’opium. Ou a mis en doute les vertus anti-sipliilitiqucs du C. hyhrn. et du C. occidentalts , etc. Le Cnssia alata porte le nom de dartrier, à cause de ses propriétés contre les dartres. Toute l’importance de ces plantes pour les Européens réside clans les leuilles et dans les Heurs; parmi celles-ci il n’en est point de comestibles.
Les légumes du Cassia Sabak Del. Cent. pl. afriq. p. 28 , servent au tannage des cuirs.
Cassia vient de l’hébreu ketzioth, nom donné au Cassia ^nea; c’est abusivement que plus tard il a été applique au Cassia Fistula L. dont il va être fait mention.
DK LA CASSE FISTÜLEUSE.
Cassia Fistui.a Linn. Sp. S'io. — C. Fistu'a alexandrina C. liauli
Pin. — Calhartocarpus Fistula Pers. Enchir. I,
l’XuxcxaXàfAOv Wic. ifyreps. I, 449. — PoUis 5 jugis ovatis acuminatis petiolis eglandnlosis, petalis planis nvatis. — Haliilat in lodia, Ægyj,tu Araericti meridionali , ubi translata fait ?
Légume cylindrique , indéhiscent , ayant une suture lor,. gitudinale assez large, qui indique 1 existence de deux val¬ ves ; long d’un pied et plus , de la grosseur du pouce au moins, un peu courbé, obtus, recouvert d’une écorce sous- ligneuse , fragile , dont l’épiderme est d’un brun noirâtre lisse, marqué d’impressions qui répondent aux cloisons multiloculaire; cloisons transversales, nombreuses, paral¬ lèles, minces , rudes et papyracées; les loges sont remplie^ d’une pulpe noirâtre un peu brillante. Semences de la gros, seul’ d’un haricot, dures , solitaires dans chaque loge.
Odeur nulle.
Saveur douceâtre, légèrement acidulé , un peu fade.
Action du temps. Dessèche la pulpe après l’avoir fait fer¬ menter; alors les semences libres frappent contre les parois des cloisons. Dans cet état, ce légume n’est plus propre aux ysages pharmaceutiques.
I.ÉGUMINEUSES.
65
ANALYSE DK LA CASSE.
(M. Henry, Journ. Chim. méd. II, 376.)
Matière possédant plnsienrs propriétés des substances
tannantes ,
Matière ayant qnelqnes propriétés dn glnten , — colorante , soluble dans l’étber. Perte, en grande partie due k l’eau.
î,65
petite quantité. 3,80
Suivant le chimiste que nous citons, il n’y a que le sucre obtenu par l’alcool qui soit sapide ; cette saveur est tout- à-fait analogue à celle de la pulpe de casse ; elle excite la même sensation de nausée. C’est à ce sucre, ou peut-être à quelque matière destructible par la fermentation , et dont il serait accompagné, que sont dues les propriétés purgatives des préparations de casse. ( Henry, loc. citât. )
On trouve dans les pharmacies une pulpe et un extrait de casse; la pulpe entre dans divers électuaires purgatifs, notamment dans le catlvolicum et dans le lénitif; les bâtons de casse encore verts sont agréables étant confits dans le sucre.
La casse fistuleuse ou caneficier est, dit-on, originaire de l’Afrique; elle a été transportée dans l’Inde et en Amérique, où elle a prospéré; c’est même aujourd’hui cette dernière partie du inonde qui en approvisionne l’Europe : elle y est inusitée. Il faut conserver la casse dans un lieu frais , afin que la pulpe renfermée dans ce légume ne se dessèche pas trop.
On doit rejeter la casse sonnante et fermentée. Celle qui est desséchée, mais dont la pulpe est douce, peut par le ramollissement servir pour l’usage. La casse piquée des vers, celle qui est ridée extérieurement, ou dont les parois sont très-minces, est aussi dans le cas d’être rejetée; car dans la première circonstance elle est décomposée, et dans les deux autres on peut être certain que le fruit a été récolte avant la maturité.
IL
5
()6 DEUXIÈME PAETir. - VÈCIÎTATIX.
M. Guibourt mentionne [Hist. Drog. Sinip. II, i3fî)ime casse qu’il qualifie de petite casse d’Amérique; mais eoninie elle n’est pas un objet courant de commerce, qu’elle diffère à peine de la casse fistuleuse, et qu’on ne peut la rapporter à aucune espèce connue, nous croyons devoir n’en rien dire. M. Henry, qui l’a analysée, a trouvé que la pulpe contenait beaucoup de tannin , mais beaucoup moins de sucre que l’es¬ pèce ordinaire.
Les feuilles du Cassia Fistula sont purgatives, ainsi que les fleurs.
Le caneficier ayant été trouvé dans un grand nombre do pays, il est difficile de lui assigner une patrie bien détermi¬ née. llumphius cependant le croit originaire d’Ethiopie.
En l’an XIII il est entré 34,000 kilogrammes de casse en Erance, et 17,000 seulement en 1806. Il est douteux aujour¬ d’hui qu’elle tire une pareille quantité de ce médicament.
Toutes les plantes du genre Cassia, renfermées dans le sous-genre Fistula D.C. Cathartocarpus Fers, ont des pro- jiriétés itientiques; tels sont surtout les Cassia brasiliatui Lmrk. Dict. I, 6’4,9, C.javanica Linn. Sp. 54^, C. excclsa Hiimb. et BonpI. VI, 33q, etc.
On raconte des merveilles des propriétés de la graine du Cassia Asbus L. ( chichim des Egyptiens ) , contre les op],_ thalmies rebelles. M. Delille en a éprouvé de bons effets. Le mode d’administration consiste à introduire la poudre dans 1 œil ; on éprouve sur-le-champ un sentiment de cuisson suivi <1 un larmoiement abondant; les bons effets du re¬ mède se font aussitôt sentir.
Des Casses sénés,
1. DU SÉNÉ A FEUILLES AIGUES.
Cassia acutifülia Del. Fl. Ægppt. 7^, t. 27, f. i. — C. orientalU
Fers. Syn, I, 457. — Senna Alcxandrinœ foliis aculis C. Bauh.
Pin. 397.
Senna Mlexandrina qna; prœsiantissima Lugduii. Oflic. — Sena gnebeiy , .SÉMÉ DES MONTACHES {Intligèn.). — Semé de Nueie , de Iîkharie. — séne'. d’Ai.kxasdrie , d'Égypte et d’Oiuest. — Folwlis t^-^-jugis waU-lancenlmi,
LÉGUMINEUSES.
aauts peciolo eglandiiloso , leguminibus piano compressis rtctiusculis medio tumidulis. — Habitat in Ægypto superiore (Sennaar, piov. Chaykye).
Folioles {Folia Sennœ AlexandrincB Officin.) ovales lan¬ céolées, aiguës, très-entières, longues d’un pouce ou d’un demi-pouce, pâles, pubescentes en dessus, un peu glabres en dessous , veineuses , à nervures alternes.
Légumes {FolUculi Sennœ Alexandrinœ, Follicules de la Palthe Officin.) bivalves, d’un pouce de long sur un demi-pouce de large, planes des deux côtés, d’un brun gri¬ sâtre, chargés de veinules , offrant deux lignes latérales près de la suture; semences 6-7 aiguës, cendrées, dures, cor- diformes, placées près de la seconde ligne latérale, et indi¬ quées par une couleur plus sombre.
Odeur (folioles et follicules) sui generis.
.S'a penr amère, nauséeuse, un peu glutineuse. ^
Poudre d’un jaune verdâtre.
Falsification (des folioles) : a lieu parle mélange de feuilles peu différentes, notamment avec celles du cynanque à feuilles d’olivier, Cy nanchum oleœfolium. Celles-ci, at¬ ténuées également aux deux extrémités, finissent en pointe mousse au sommet; elles sont un peu glauques, pubescentes en dessous, avec une ligne médiane pro¬ noncée; ce qui permet de les distinguer facilement. Leur longueur est de plus d’un pouce, dimension à la¬ quelle ne parvient jamais la feuille du séné.
La forme particulière des follicules empêche toute falsi¬ fication.
Le séné à feuilles aiguës est un sous-arbrisseau dont les tiges sont assez élevées ;les Heurs sont en grappes termina¬ les, les légumes comprimés et un peu velus. Il croît abon¬ damment vers Sienne, dans la Nubie, le Sennaar et l’Abyssi¬ nie. C’est à Alexandrie qu’on le transporte pour le livrer aux Européens. Son nom de séné d’Alexandrie ne rappelle point sa patrie, mais la ville où on l’entrepose.
C’est cette sorte de séné qui fait la base du séné de la Ealthe, dont nous traiterons, après avoir toutefois fait con¬ naître les autres espèces botaniques.
68
DElIXiÈMr. l'AUTIE. - VÉGÉTAUX.
i. DU SÉNÉ A FEUILLES OBOVÉES.
C. OBOVATA DC. Pr. II, /t92. — C. Senna Litirk. TU. t. 332, fig. a, a, b, d, et fig. 3, b,f, g; Jacq. II. Ecl. I, t. 87. — C. Senna Lii)n. var. Ncctoux, Voy. Haute Egypt. 19, pi. 2.
Folioles obovales, très-obtuses, sous-cunéiformes et iné¬ quilatérales, quelquefois inucronées, légèrement pubescen- tes, ti’iin vert jaunâtre. On trouve souvent à la base du pé- rtble deux stipules subulées, persistantes et entières.
Légumes (follicules) arqués, presque réniformes, très- comprimés, étroits, d’un brun verdâtre, très-courtenient duveteux ; le secours de la loupe est même nécessaire pour apercevoir le duvet; ils sont membraneux, bosselés par les graines, qui sont au nombre de 8-10, placées entre de petites crêtes saillantes; le style, qui est persistant, les ter¬ mine.
Odeur et saveur analogues à celles de l’espèce précé¬ dente.
Falsification ; a lieu surtout avec les feuilles du bague- naudier, qui se reconnaissent .à des folioles sessiles, articulées, ovales, trè.s-obtuses , un peu pubescentes munies de deux stipules aiguës.
Le séné à feuilles obovées a des tiges cylindriques, ra¬ meuses, surtout vers leur partie supérieure, et un peu pul¬ vérulentes ; les feuilles sont composées de six paires de fo¬ lioles; le» fleurs sont d’un jaune pâle et disposées en épis axillaires, dont les pédoncides sont plus longs que les feuil¬ les. Toutes les parties de cette plante sont d’un vert un peu glauque. M. le docteur Mérat le dit annuel. 11 abonde en Syrie, en Égypte, près du Caire, et dans le Saïd, etc. Nous dirons ailleurs que sa culture a été essayée dans les pays
LÉGUMINEUSES.
Cl)
méridionaux de l’Europe, ce qui l’a fait nommer séné d’Ita¬ lie ou d’Espagne.
Le séné à feuilles obovées entre pour ^/, dedans le séné de la Palthe.
S. DU SÉNÉ A FEUILLES LANCÉOLÉES.
Cassia lanceolata Forsk. Ægjrp. i58; uon Persoon.
SÉuÉ Moka.’ Rich. Botan. méd. 574. — FolioUs angustis, glabris, pctiolo glanduloso. — H.ibitat in deserlis Arabiæ. (Vii differt a Senna acntifolia.)
Folioles longues et en alênes, lancéolées, très-étroites, glabres.
Légumes (follicules) alongés, très-glabres, assez larges , peu recourbés.
On a encore peu de détails sur cet arbrisseau, confondu par les auteurs avec le Cassia acutifolia. M. A. Richard ( Bot. Med. loc. cit.) regarde cette espèce comme distincte. Il est certain du moins que le séné moka ou de la pique diffère par ses feuilles du séné qui nous arrive d’Egypte ; peut-être n’est-ce qu’une variété de notre première espèce. (Cassia acutifolia.') *
4. DU SÉNÉ A FEUILLES ALONGÉES.
Cassia eloncata Lém. Lisaiic. J. Pharm. VII, 345.
SÉirÉ DE I.’ISDE dn commerce. — FolioUs elongatis aciitiiiscnlis, petiolo turgido subglanduloso. — Habitat in Africa occidentali, inaula Goree, Sierra- Leona, Senegambia.
Feuilles ( Folioli Cassiœ ehngatœ Off.) longues de 20 à 22 lignes, larges de 3-5 lignes, minces, longuement aigues, inégales à leur base , à nervure médiane fortement pronon¬ cée, de couleur vcrt-jaunàtre, portées sur un court pétiole renflé et comme glanduleux.
Légumes (fqlliculi cassiœ elongatœ Off. ) rembrunis , longs, étroits, minces.
Odeur des feuilles, forte et nauséabonde; des follicules, presque nulle.
Saveur amère et nauséeuse.
Les botanistes voyageur.s ne paraissent pas avoir decou-
yc< BEUXliMK EABTlIi. - v/iGIiTAUX.
vert ce séné; c’est le commerce qui nous l’a fait connaître: est-il bien distinct du séné de Moka?
Indépendamment de ces quatre espèces principales de séné qui fournissent leurs folioles au commerce, on peut encore énumérer ;
I. Le Cassia marylandica Linn. Spec. /,5i , qui est le succédané des sénés africains an* États-Unis.
a. Le C, lignstripoïdes DC. Pr. II, 49^ i connnun en Aralùe, et dont les folioles sont parfois mélangées an* espèces commerciales, diffère Lien peu du C. lanceolata.
3. On B constaté les propriétés des C. obtusifolia Linn. Spec. SSg, tmargi- nata Linn. Spec. 53S , chamœcrista Linn. loc. cil.
Après avoir fait connaître quelles sont les espèces de Cassia qui servent à constituer les espèces commerciales , occupons-nous de celles-ci :
I. DU SÉNÉ DE LA PALTHE.
Cette sorte commerciale se présente à l’œil sous l’aspect de folioles plus ou moins brisées, d’un vert jaunâtre. Le triage y fait facilement découvrir, indépendamment des folioles ; •
1“ Des bûchettes, débris des pétioles et des pétiolules qui ont fourni les folioles ;
a“ Des follicules qui ont échappé au triage, ce qui indi¬ que que la récolte du séné a lieu en même temps que les follicules (après la maturation des légumes) ;
3° Du grabeau, débris indistincts de toutes les parties du végétal ;
4° Et enfin des feuilles étrangères au séné, qui y sont frauduleusement introduites.
Les biichettes , les follicules et le grabeau sont, dit-on , purgatifs au même degré que les folioles, du moins telle est la commune opinion ; nous pensons que eda peut être vrai pour les follicules et le grabeau, mais que les bûchettes, pauvres en extractif, sont moins actives; il est donc con¬ venable de les rejeter, ou de les réserver pour en faire dç l’extrait. Les folioles, après avoir été triées, prennent le nom de séné mondé dans nos pharmaeies.
L/iGUAUNEUSKS.
Soiinini {Voj. III, a4), dit que le séné récent n'est pur- {Jiilil qu’à une dose très-élevée.
Si l’on examine attentivement les folioles qui ont conserve leur intégrité, on s’assure bientôt qu’il en existe de plu¬ sieurs sortes; d’où il suit que le séné de la Palthe est nn rué lange et non une sorte distincte qui puisse se rapporter à une espèce unique de Cassia. Suivant M. Rouyer, nu(|uel on doit de précieux renseignemens sur les sénés, le séné do la Palthe se prépare à Boulac et comme il suit :
Cassia acutijolia , 5 parties.
— obovatn , 3
Cjrnanchum oieœfolium , s
M. INectoux dit que cette préparation a lieu également
dans les entrepôts de Kéné , de Syène , d’Esnech et de Darao. La présence du cynanque dans ce séné détermine quelque¬ fois des superpurgations ; outre les feuilles de cette apocy- née, on trouve encore, avec le séné de la Palthe, des feuilles qui appartiennent à des plantes dangereuses et souvent même à de véritables poisons , ainsi que l’a pu observer M. Dublanc jeune, Journ. Chim. méd. l, 284- Co pharma¬ cien a trouvé dans ce séné des feuilles de corroyère à feuilles de myrte, Coriaria myrtifolia Linn. Sp. 14^7 » nommée par erreur sumach par M. Guibourt, II, 8i. famille
des CORIARIÉES. )
Le nom de séné de la Palthe s’étend abusivement à plu¬ sieurs sortes commerciales. Le séné de Tripoli a quelque¬ fois ce nom, et l’on vend dans nos magasins du séné de la Palthe résultant du mélange arbitraire de divers sénés.
2. DU SÉNÉ d’aLEXANDRIE, luieuX DU SENNAAR NON SlÉLANGÉ.
Le séné doit être rapporté entièrement au Cassia nciUiJo~ lia. Cependant le séné de la Palthe porte aussi ce nom; de sorte que, pour établir quelque clarté dans la synonymie, il faudrait distinguer un séné d’Alexandrie mélangé, qui serait celui de la Palthe, et un séné d’Alexandrie sans niélang<!; cest de celui-là dont il va être question. Nous renvoyons pour la description des folioles au séné à feuilles aigues.
’J% DEUXIÈME PARTIE. - VÉGÉTAUX.
Cette sorte est moins brisée que le séné de laPalthe, elle ren¬ ferme aussi moins de bûchettes.
Les légumes de ce séné portent le nom de follicules de la Palthe; elles sont larges, peu recourbées et d’un vert noi¬ râtre. Il est probable que cette sorte est le résultat d’un triage qui a lieu dans le grand entrepôt où s’exécute le mé¬ lange qui constitue le séné de la Palthe. Ces follicules sont toutes saines et de dimensions égales.
3. DU SÉNÉ DE TRIPOLI.
Tel qu’on le trouve dans le commerce, il est fort brisé et n’offre point de follicules; les folioles sont plus petites et moins aiguës que celles qu’on trouv^dans les autres sortes.
Nous avons dit que ce séné assez estimé passait dans le commerce sous le nom de séné de la Palthe non mélangé; il en diffère en effet très-peu. De ce séné une partie s’expédie directement en Europe; le reste passe en Egypte, et se mêle avec les sénés qu’on y récolte ; il y arrive débarrassé de ses follicules.
Les follicules dites de Tripoli diffèrent peu, quant à la forme, de celles connues dans le commerce sous le nom de follicules de la Palthe, et dont nous venons de parler. Leur couleur est plus fauve; elles sont plus petites et peu esti- mées.On suppose qu’elles sont récoltées quelque temps avant leur maturité.
4. DU SÉNÉ d’alep.
On doit le rapporter tout entier au Cassia obovata, séné obové, auquel nous renvoyons pour la description. Les fo¬ lioles sont larges et obtuses, minces , vertes, mucronées; l’o¬ deur est faible. Il est inférieur aux deux précédentes espèces.
Il est impossible de confondre les follicules d’Alcp avec les autres sortes; elles sont noirâtres, fortement arquées, étroites et marquées de crêtes saillantes.
Il en est de ce séné comme du précédent; une partie nous est expédiée; le reste passe en Egypte par ritlisiue de Suez, et se verse à boulât:, centre du comiiierce des séné.s.
LÉGUMINEUSES.
73
5. DU SÉNÉ DE MOKA.
C’est au Cassin lanceolata de Forskaal, confondu long¬ temps avec le Cassia acutifolia de Delille, qu’il faut rapporter cette espèce. On ne la trouve que rarement dans le com¬ merce de l’Europe ; elle s’exporte dans l’Inde, qui quelque¬ fois nous l’expédie. Ses propriétés purgatives sont assez énergiques; elle est souvent mélangée avec d’autres espèces. Ce séné diffère de tous ceux que nous avons fait connaître par la longueur de ses folioles qui sont presque subulées ; ce qui l’a fait quelquefois nommer séné de la pique.
Les follicules de ce séné ou ne se récoltent pas ou ne par¬ viennent pas en Europe.
6. DU SÉNÉ DE SÉNÉGAMBIE.
Nous donnons ce nom à un séné qui, depuis plusieurs années, nous parvient au Havre des côtes occidentales de l’Afrique, et notamment de la Sénégambie. On ne le connaît que depuis 1821 . 11 arrive en ballots nommés fardes; les fo¬ lioles y sont si comprimées, que chaque farde ayant envi¬ ron 4 pieds cubes, pèse au-delà de 4°® livres. Est-ce là le séné moka .î* Il est certain que la description qu en donne M. Lemaire-Liancourt dispose à réunir ces deux espèces. Cependant la localité est différente, et plusieurs voyageurs ont écrit que la côte occidentale produisait un séné. Il se¬ rait bien extraordinaire que le séné moka, arrivé dans l’Inde, fût entreposé dans les établissemens anglais de l’Afrique occidentale pour être livré aux Européens comme une sorte distincte.
7. DU SÉNÉ AllGUEL.
C’est un faux séné qui est fourni par une apocynée; les Arabes l’emploient seul. 11 ne parvient pas isolé en Europe. Nous avons dit qu’on le mélangeait avec d’autres espèces. {Voyez Séné de la Palthe.)
Les succédanés des sénés du commerce sont, indépen- d.-iiniuent des espèces congénères désignées ailleurs ; parmi les légumineuses, savoir ; le lÎAGUENAUDiEn , Colutca ar~
74 DliUXlÈME l'ARTIl'. - VtcÉTAUX.
boresceus L. ek Faux Ebénikr, Cjtisus iMburnunt L. i.u Genêt euegatif, Spartium purgans L. i,a (^ohonii.uk ni- GAHRÉE, Coronilla Emerus; l’Anagyre fétide, Anagyris Jœtida L. i.a Téfhrosie faux séné, Tcphrosia Scnun Humb. et BonpI. VI, 4-^8, etc. et dans les autres familles, plusieurs euphorbes, les thymelées , le nerprun , le poly- pode , les liserons, la soldanelle, la rose pâle, etc.
Les sénés sont trop étroitement unis sous les rapports botaniques pour qu'ils puissent différer chimiquement. Ainsi , quoiqu’il n’ait été fait qu’une seule analyse , elle doit paraître suffisante.
ANALYSE DES FEUILLES DU SÉNÉ A FEUILI.ES AIGUES.
( MM. Lassaigne et Fencuille , Journ. Phnrm. VU, S4 8. )
Cathartine.
Chlorophylle.
Ituile grasse.
— volatile, peu ahoudaote.
Albumine.
Principe colorant jaune.
Muqueux.
M.ilate et tartrate de chaux.
Acétate de potasse et sels minéraux.
L’analyse des follicules a donné des résultats peu dilfé- rens. On n’y a point trouvé de chlorophylle; la cathartine y existe en proportion égale.
ANALYSE DES FOLLICULES DU SÉNÉ A FEUILLES AIGUES.
(M. Feneuille, Journ. Pharm. X, p. 58.)
Matière colorante.
Albumine.
Mnqnenx.
Huile grasse.
— volatile.
Acide malique.
Silice.
Ligneux.
Malate de potasse et de chaux.
Divers sels minéraux.
LÉGIIMIN£US£S.
DE LA CATHAETINE. (lAssaigne et Feneaille.)
Incristallisahle, jaune-rougeàtre, saveor amère et nauséa¬ bonde, soluble en toute proportion dans l’alcool et l’eau, insoluble dans l’éther, attirant un peu l’humidité de l’air. Elle donne au feu de l’acide carbonique et acétique, de l’huile empyreumatique , de l’hydrogène carboné, et un charbon qui brûle sans laisser de résidu.
On prépare avec les feuilles des sénés un extrait et une teinture; elles entrent dans les sirops de pomme composé, de salsepareille composé , dans la décoction de cochléaria et de quinquina composée, ainsi que dans la tisane purgative dite rojale. Sa poudre se trouve dans les pilules de Fuller, de scamonnée et de rhubarbe; dîins l’électuaire catholicum et dans le lénitif qui lui doit son nom moderne, etc.
Tous les sénés que nous fournit l'Afrique croissent spon¬ tanément. Les premiers pieds de séné se trouvent vers les cataractes du Nil , non loin d’Assouan ; l’arbrisseau croît jusqu’en Nubie; mais comme on ne l’y trouve que dans les lieux inondés, on l’estime peu : il se nomme abjreiga. On a tenté en Espagne, en Italie, et même en Provence, suivant Gouan, des essais de culture sur le Cassia obovata, ainsi que le témoigne la synonymie vulgaire de cette plante; elle a reçu les noms de séné d' Italie et d'Espagne. On doit dé¬ sirer de voir s’établir la culture des sénés en Provence, alin de parvenir à nous affranchir du million de francs que nous payons annuellement à l’Egypte. Tout dispose à pen¬ ser que cette plante pourrait très-bien réussir dans nos pro¬ vinces méridionales.
La récolte du séné a lieu deux fois par an pour les feuilles : en août et au commencement de septembre , et en avril ; mais cette dernière cueillette n’a pas toujours lieu. On coupe les tiges, que l’on fait sécher au soleil, puis on les emballe avec des feuilles de dattier. Les Arabes de la tribu d’Abbabdeh,qui vivent à l’est de l’Égypte , se livrent particulièrement à cette industrie. Les ballots, soit qu’ils viennent delà Tbébaïde, de Syène ou de la Mecque, se dirigent toujours vers le Caire,
^6 DEDXIÈMK PARTIE. - VÉGÉTAUX.
à Boiilac, où se trouve un entrepôt général nommé la Palthc, Les paltiers, sortes de commis désignés par le pacha qui s’est emparé de ce commerce, ouvrent les ballots, séparent les tiges qu’ils rejettent, les follicules et les feuilles, dont ils font des ballots de 5 à 6 quintaux, pour les expédier en¬ suite en Europe, par Alexandrie. C’est avant cette expédi¬ tion qu’a lieu le mélange des sénés obovés et à feuilles aiguës avec l’arguel, grossièrement contus, ainsi que les autres feuilles , pour déguiser la fraude. Il suivrait de là que tout le séné qui nous arrive directement de l’Égypte devrait être mélangé; il en est cependant qui n’a point été travaillé; mais il n’a point de nom particulier, et nous donnons le nom de séné de la Palthe ou d' Alexandrie d’abord au séné à feuilles aiguës, puis au séné mélangé dans le pays.
Les Arabes Abbabdeh récoltent le séné à feuilles aiguës au-delà de Syène, principalement dans la vallée de Bicha- rié. Le séné obové et l’arguel se trouvent dans les mêmes localités.
Le séné qui se récolte en Abyssinie, en Nubie et dans le Sennaar, s’entrepose d’abord à Esné, ville de la haute Égypte. Cette sorte est produite , comme le séné de Bicha- rié, par le Cassia acutifolia ; mais la localité le fait un peu différer : ses feuilles sont plus petites, plus vertes; les fol¬ licules, plus courtes et plus étroites. Il est mondé de scs branches et sans mélange, ce qui lui fait donner le premier rang. Il paraît certain que le séné du Sennaar est le même que le séné de Tripoli. Esné reçoit aussi en dépôt tout le séné à feuilles obovées qui se récolte dans la haute Égypte. Le séné des entrepôts de Bicharié est transporté à dos de chameau; celui de Syène et d’Esné est embarqué sur le Nil, dans des canjas. On estime à près de deux millions de livres pesant la totalité du séné qu’on emmagasine à Boulae, en y comprenant celui qui arrive par l’isthme de Suez et par les caravanes de la Thébaïde. Les ports français du Midi en reçoivent environ la sixième partie de cette quantité; l’Italie et VAngleterre en font aussi un grand commerce.
Séné est un mot d’origine arabe.
LÉGUMINEUSES.
77
CENRE TAMARimUS. (Linn.)
DU TAMARINIER OFFICINAL.
’I’amarindus Indica Linn. Sp. 48; DC. Pr. II, 488, — Siliqua Arabica quœ Tamarindus C. Bauh. P. 4o3 ; Rheed. Mal. I , t. a3; llumph. Amb. 2, t. 23. — BalampuUi Rheed. Malab. I, p. 39, t. 23.
Tamar-hendi Arab. — Oljifcmxa Nicol. JUja-ep. I, 24. — Legitminihus elongatis latuudine nempe sextupla et ultra longioribus 8-iî spermis. — Ha- bitat in India orientall necnon in Arabia.
I. Légume [Fructus Tamarindi Pidpa Officin. ) épais, oblong, long de plusieurs pouces, recourbé, comprimé entre chacune des semences, lisse, extérieurement couleur de rouille grisâtre , couvert de toutes parts de points planes, formé d’une double enveloppe ; pulpe nichée entre des lames ligamenteuses; semences grosses, tétragones, à écorce cartilagineuse, brunâtre, éclatante.
1. Pulpe contenue entre les deux enveloppes, c’est-à-dire entre la pannexterne et la panninterne; gluante, traversée par trois gros cordons fermes, ligneux, réunis à la base de la gousse : ce sont des vaisseaux destinés à cbarrier les sucs nourriciers. Dans l’état où le commerce nous la présente, elle est noirâtre, en pâte consistante, mêlée des semences et de débris de vaisseaux.
Odeur de la pulpe , vineuse.
Saveur aigrelette, comme celle des feuilles et des fleurs, un peu astringente et sucrée.
Action du temps : tend à dessécher cette pulpe quand elle est de bonne qualité, et à la faire fermenter et moisir si elle est de mauvaise nature. *
Falsification très-fréquente. On augmente la pulpe en y mêlant des pruneaux et de l’acide tartarique et sulfu¬ rique. L’acide sulfurique se reconnaît à l’aide de la ba¬ ryte. Quant à l’altération qui résulte du mélange de la pulpe de pruneaux avec l’acide tartarique , elle est pres¬ que impossible à reconnaître. Baumé a signalé dans les tam.arins la présence du cuivre [Pharm. éd. 2, t. I,
DEUXIÈME PARTIE. - VÉGÉTAUX
p. 167); il suffit (le plonger dans les tamarins ainsi al¬ térés une laine de fer, qui bientôt devient rouge : ce n’est point le résultat d’une falsification, mais celui d’une altération qui a sa source dans le moyen de pré¬ paration. Avant d’expédier cette pulpe en Europe, on la met dans des bassines de cuivre, afin d’évaporer une partie de son humidité , et l’empêcher de moisir. 11 faudrait que cette évaporation eût lieu dans d’autres vases, afin d’éviter ainsi la formation de divers sels de cuivre solubles dans l’eau.
ANALYSE DR LA PULPE DE TAMARINS.
(M. Vauquelin, ^nn. chim. V, 9».)
Acide citrique , 9,40
— maliqiie, 0,45
Surtartrate de potasse, 3,25
Sucre , 1 2,5o
Gomine, 4,70
Gélatine végétale, 6,a5
Parenchyme, 34,35
Eau, i7i55
Cette analyse est remarquable en ce qu elle est le premier travail publié par le célèbre chimiste cité. Ce sont les tama¬ rins des pharmaciens qui ont été analysés j il aurait peut-être été préférable qu’on eût agi sur de la pulpe retirée directe¬ ment des légumes.
On fait entrer les tamarins dans les électuaircs lénitifs et flans le catholiciim double.
Comme la pulpe, telle que nous la fournit le commerce, est entremêlée de filaiiiens et farcie de semences, il en ré¬ sulte qu’à poids égal elle peut purger plus ou moins, car elle contient des quantités différentes de principes purgatifs; aussi est-on dans l’usage de la passer au travers des mailles d’un tamis, afin d’en séparer les parties les plus grossières.
L’analyse de M. Vauquelin donne, coinme on voit, un luiitièiiie de sucre, ce qui est fort considérable. Je lis, dans
LÉGUMINEUSES.
79
un auteur anglais que j’ai sous les yeux, que les Indiens ajoutent à la pulpe qu’ils nous expédient une certaine quan¬ tité de sucre, afin de mieux la conserver; le résultat analy¬ tique dont nous avons parlé expliquerait cette particularité.
Le tamarin est un arbre maintenant fort répandu; il est originaire des Indes orientales, mais il a été transporté en Afrique; il abonde dans la haute Egypte, dans le Kordo- fan, à la Côte-d’Or. Bruce l’a observé en Abyssinie, sur les bords du Taceazé, où il n’atteint qu’une médiocre hauteur. Il est cultivé dans le Pérou, à Cumana. Nous avons vu deux beaux tamariniers à Grenade, ils avaient le port d’un noyer, étaient fort ramifiés et très-touffus. Gærtner a fait connaî¬ tre un Tamarindus occidentalisé il habite dans l’Amérique méridionale et diffère à peine de l’espèce dont nous venons de parler; peut-être est-ce le même arbre modifié par la culture.
Lémery parle d’une pulpe de tamarin rouge qu’on ne trouve plus dans le commerce.
On reçoit, pour les besoins du commerce, de la pulpe de tamarin de l’Asie et de l’Amérique. On prétend que cette dernière est préférable, mais elle ne constitue pas une sorte commerciale. On dit qu’elle est plus sèche, plus acide et plus tenace. Ses fruits sont le double en grosseur de ceux de l’Inde ; ils sont plus mous , moins coriaces et plus humides. La préparation de la pulpe est d’une grande simplicité, elle se borne à ouvrir les légumes , à en retirer la pulpe sans en séparer les semences, à la placer par couches dans un baril; on verse dessus un sirop bouillant qui pénètre les couches jusqu’au fond; quand le tout est refroidi on fonce le baril, et les tamarins sont livrés au commerce.
A la Guadeloupe on dépouille le légume de son enveloppe coriace et des filamens intérieurs, et on place la pulpe par couches alternatives avec du sucre brut.
Dans les pays chauds ou croît le tamarin on se sert de sa pulpe pour faire des boissons acidulés, aussi saines qu’agrea- bles. Elle est, pour les voyages de long cours, surtout pour ceux qui se font au milieu des déserts, sous un ciel de feu,
8o DEUXIÈME PARTIE. - VÉGÉTAUX.
un objet essentiel d’iipprovisionnement. On aeconimode quelquefois, au (laire, la viande avec du tamarin. Les gousses, les semences et la pulpe de tamarins, cuites et pé¬ tries ensemble, se trouvent dans tous les marchés des villes de l’Égypte; elle y est apportée par les caravanes de l’inté¬ rieur de l’Afrique, et surtout par les nègres du Darfour. La pulpe qu’on reçoit de l’Inde est préparée avec plus de soin , elle ne renferme pas les débris du fruit et les semences, comme celle qui vient de la haute Égypte.
GENRE CERATONIA. (Linn.)
Dtr CAROimiER.
Ckratonia SiuiqUa Linn. Spec. i5i3 ; DC. Fl.fr. 3796. — Siliqua
edulis Duham. Arb. t. 862 ; C. Bauh. Vin. 402.
Kepaircvia Theoph. üist. I, 18, et le frnit J^ojîo;. — KepaTta Diosc. I, ng. — Siliqua Plin. XV, 24. — Kahrub Arab. — Le Caroubier ou Carouge.. — Inermis, foliolis ovalibus, oblusis planis. — Habitat in Eutopa meiidionab , Mauritania et Oriente.
Fruit (légume) de six pouces et plus de long, pesant, de couleur brune, glabre, brillant, linéaire, de la largeur du doigt , obtus , multiloculaire , parenchyme pulpeux ; pulpe séchée rousse, semences solitaires dans chaque loge, ovales, obtuses, glabres.
Odeur nulle.
Saveur douce, mielleuse, mucilagineuse.
Action du temps : le dessèche et l’altère ; il devient alors la proie des insectes. Les couroubes sonnantes doivent être rejetées.
Ce légume doit ses propriétés à la présence d’une quan¬ tité considérable de sucre; nous en avons trouvé plus de dix pour cent dans des caroubes venant d’Espagne; ce sucre nous a semblé incristallisable.
La pharmacopée de Wurtemberg fait entrer les caroubes dans ses espèces pectorales et dans deux formules de sirops diacodes. La composition chimique de ce légume le rap¬ proche de la datte, dont il pourrait être le succédané.
Les caroubiers servent comme aliment en Espagne et en
J.èGUMINEDSES.
Afrique; les Turcs le l'ont entrer dans leurs sorbets, et les Egyptiens en extraient un miel avec letjuel ils tempèrent l’acidite des tamarins. Les feuilles et l'ecorce de l’arbre ser¬ vent au tannage des cuirs.
M. de Tiilly, qui fut long-temps consul à Tripoli, nous apprend qu’on apporte de l’île Gerby, et en quantité consi¬ dérable, un fruit nommé par les Maures karoob : c’est un légume jaune un peu plus gros qu’un haricot; on se sert de ses semences pour peser diverses substances de prix. C’est de là, suivant cet auteur, que dérive notre mot carat ou karat. Ne serait-ce point du légume du caroubier qu’il vou drait parler.^
Notre mot caroubier vient de l’arabe kharoub; ceratonia, du grec xsâaî, corne , à cause de la forme des légumes.
GENRE H^KMATOXYLON. (Linn.)
DE L’HÉMATOXYLE CAMPÊCHE.
ll/EMATOXYLOW Campechianum Linrk. III. t. 340; Willd. Sp. II,
p. 547; Catæsb. Car. III, p. 6G, t. 66.
Folüs pinnatis aut sub-bipinnatis , jugo neirfefoliolorum infimo in pin nam bijugam sœpe mutato , foUoUs obovatis aut cordatis. — Habitat iu agio Oam- perhiano, nimc colla ia Jamaïca.
llois {Lignum Campechianum , Indicum, Jamaicum Offi. Bois de Campkche, dTnde, de Nicaragua, Bois sanglant) dur, compacte, tortueux, d’une couleur tirant sur li violet ou sur le noir, prenant bien le poli, et pouvant ainsi faire de beaux meubles. Il nous arrive en grosses bi'iches d’un brun noirâtre extérieurement, et d’un rouge jaunâtre à l’intérieur.
Odeur ïa.\h\e. d’iris, lorsqu’il est renfermé dans un bocal ou qu’on le râpe.
Saveur douceàtre-amère, un peu styptique : il colore la salive rouge-brunâtre.
Poudre rouge.
ANALYSE DU BOIS DE CAMPÉCHC.
( Cbevreul , Ann. chim. LXVI , aâ4. )
Huile volaille.
Mgueux.
II.
6
82
■ • '-.-Vir- : • ' ■ -
nF.ItXiiîMF. PAnTIB. - VÉGKTAUX.
O&iile (le inaiiginèse.
Tannin.
Oxide de fer.
Alninine.
Phoaphate de cbanx.
Matii'ie colorante brnne.
— animale.
— - résineuse sni generis , hfmatine.
Phosphate et acétate de chanx.
Chlorure de potaasium.
Snlfate de chaux.
Acétate de potasse.
DE l’hÉMATINE. (C.hevrenl, toc. cit.)
Substance sous-forme de petits cristaux brillans, de cou¬ leur blanche - rougeâtre , légèrt'ment astringente, amère d’une saveur âcre, soluble dans l’eau bouillante, qui se co¬ lore en rouge orangé, et passe au jaune par le refroidisse¬ ment, mais pourtant susceptible de reprendre sa couleur primitive en chauffant. Les acides font passer cette dissolu¬ tion au jaune, puis au rouge j les alcalis lui donnent une couleur rouge-pourpre, qtti vire au bleu-violet quand ils
Le principal usage du bois de Campêcbe , et même le seul parmi nous, est dans l’art de la teinture.
Les Anglais ont pourtant introduit le bois de Campêcbe dans leur matière médicale j ils le préconisent comme as¬ tringent. La présence du tannin dans ce bois justifie cette croyance; mais il ne s’en trouve qu’une faible quantité, ce qui le fera placer parmi les astringens dcniés de peu d’énergie.
On a donné le nom de Campêcbe au bois du Comoclndin et à quelques espèces AcCœsalpinia, mais c’est abusivement. Le bois nommé à Saint-Domingue bois de Campèche est bien celui de l’bématoxyle.
llcEinatoxylon Campechianum signifie bois de sang de Campêcbe, à cause de sa couleur et de son habitat (aî/ia, san- guis, !E{ilov,iignuni). Quoiqu’il abonde dans la baie de Cam¬ pêcbe, on le trouve aussi dans d’autres lieux.
LÉGUMINEUSES.
83
genre CÆSAI.PINIA. (Linn.)
DU BOLS DE BRÉSIL.
1. Cæ.salpinia echinata Lmrk. Encycl. I, p. 46*; 1-*C. Pr. II, 48 5
— Pseudo-Santalurn album sive Arbor Brasilia liatili. Pin.
— Guilandina cchiriata Sprenj,'. Sytl. II, 327. : — Ibirapitanga
Pis.
Aculeata,foUts bipinnatis, foliolis omtis , obtusis , legumimbus ccltincuU -
Habitat in Brasilia.
Tronc fort gros et fort élevé, couvert de rameaux épineux à feuilles alternes, bipennées, à folioles ovales, assez sem¬ blables à celles du buis. Cet arbre est tortueux , chargé de nœuds 5 l’aubier est si épais, que, quand on enlève le corps ligneux, il est réduit, même dans des arbres assez forts, à une grosseur fort peu considérable.
2. C. Sappan Linn. Spec. 544; Dfi- P> - IC Rlieeti. MaL\l^
t. a ; Rüxb. Corom. I , t. 16.
pin/ûs 10-12 jugis ffalioUs to- jngis intrqualibus oblijnc ovati-oblongis
apice emarginatis , floribus paniculatis , calicibus glabris. — Habitat in lodia oiientali (Siara , Amboine , etc.).
Tronc d'une élévation fort peu considérable; leuilles deux fois ailées, 10-12 paires de folioles nombreuses, serrées, oblongucs, obtuses et rapprochées par un des côtés de leur base; légume comprimé, plane, ligneux et glabre.
C’est à ces deux arbres , mais surtout au premier, qu’il faut rapporter le bois de Fernambouc et de Brésil; le bois de Sappan se consomme dans le pays : il a le nom de bois du Japon, etc. Le Cœsalpinia Crista Linn. fournit aussi son bois à la teinture sous le nom commun de bois de Brésil : il ne diffère point du bois du C. echmata Lmrk.
Bois [Lignum Brasilianum) pesant, dur, com¬
pacte, blanchâtre, mais devenant bientôt rouge-olivâtre .à l’air, nuancé, fort sec; il pétille au feu.
Odeur et saveur nulles. ^
Bouilli dans l’eau, le bols de Brésil communique à ce menstrue une belle couleur ronge; quoiqu’il noircisse alors,
6.
84 UEUXllÎME l’AllTIK. - VEGETAUX.
iJ li’esl pourtant pas épuisé de principe colorant; de sorte tjue les alcalis lui en enlèvent encore une assez grande quan¬ tité.
L’alcool se charge des principes colorans du Lois de Bré¬ sil, et ce liquide prend alors une couleur rouge très-intense. Le principe colorant du bois de Brésil n’a point été isolé, il se rapproche de l’hématine. {Voy. ce mot, art. Hœmatoary- lo/i.') Il est plus soluble dans l’eau que celui du Canipêche.
Le bois de Biésil, le premier des bois tinctoriaux, est ab¬ solument inusité dans la thérapeutique.
Le botaniste Gésalpin a donné son nom à ce genre im¬ portant.
GENRE COPAIFERA. (Linn.)
DU COPAIFÊRE OFFICmAL.
CopAÏFERA OFFiciwALis Linn. Spec. 557 ; DC. Prod, II , 5o8; Kiinlh. Syn. PL Orh. nov. IV, a6o. — Copaïva officinalis Linn. Mut. rned. 5 j 3. — Coapaïba Marcgr. liras. 1 3o.
Tacamahaca des Indigènes. — FoUis paripinnatis ; JolioUs a-4 jugis, !nee- quilatcro subelHpticis, glabris nitidis. — Habitat in Veneinel» prope CaU- bosuni; in insula Trinilatis, in Marliuica colilnr.
Tronc élevé, à cime très-touffue, rameaux diversement disposés et flexueux dans la jeunesse, écorce grisâtre; feuilles alterties, ailées, 3-4 paires de folioles pétiolées, ovales, lan¬ céolées, entières, plus étroites d’un coté que de l’autre, lui¬ santes , sous-alternes; fleurs d’un blanc éclatant, en grappes paniculées , lâches , portées sur des pédoncules axillaires.
Cet arbre fournit une résine liquide qu'il est important de bien connaître.
DE LA TÉHÉBENTHINE DE COPAHU.
Oleo résilia Copahu, Jialsamum Copahu, Balsamum de Copaiba Oflic. _
Baume de Copabo.
Sorte de' résine fluide, de consistance d’huile d’olive, jau¬ nâtre, limpide, d’une pesante^ spécifique de 0,950.
Odeur propre, aromatique, désagréable.
Saveur amère, tenace, âcre, repoussante.
IIÎGIIMIGEIISBS. g5
Action du temps. Tend à l’épaissir et à la colorer. AI. Pel¬ letier prétend qu'en vieillissant elle pourrait cristalliser.
Falsification. Il est peu de substances médicamenteuses qui aient été plus souvent altérées. C’est presque tou¬ jours avec des huiles grasses qu’on le mélange^ et l’on choisit l’huile de ricin à cause de sa solubilité dans l’alcool : si ce baume était falsifié avec toute autre huile, l’alcool serait un réactif sûr qui décèlerait la fraude; car il dissoudrait la résine fluide, et laisserait sur¬ nager l’huile fixe. La falsification avec l’huile de ricin n’est pas aussi facile à dévoiler ; il faut recourir à d’autres moyens. M. Planche a proposé l’ammoniaque. Si l’on agite, dit ce chimiste, à une température de io-i5 deg. ccntigr. une partie en poids d’ammoniaque à 22° avec 2 ‘ de baume de copahu, le mélange, d’abord louche, ne tarde pas à redevenir transparent si le baume est pur, tandis qu’il reste louche, et d’autant plus qu’il con¬ tient une plus grande quantité d’huile de ricin mélangée. M. Henry conseille l’ébullition. Le baume de copahn, évaporé jusqu’à siccité, se réduit, comme toutes les té¬ rébenthines, en tine résine sèche et cassante ; ce qui ne peut avoir lieu si le baume est falsifié avec une huile fixe. On a indiqué encore la potasse caustique, le soijs- carbonate de magnésie et l’acide sulfurique pour con¬ stater la pureté de ce médicament; mais le mode d’o¬ pération est moins prompt, et le résultat moins sûr, que par l’ammoniaque et la coction. C’est pourquoi nous croyons devoir nous abstenir de les faire connaître , et nous borner à ce que nous avons dit. On falsifie aussi le baume de copahu avec la térébenthine fixe, mais alors son odeur décèle la fraude , rendue plus évidente si l’on en projette quelques gouttes sur un fer rouge.
ANALYSE nu BAUME IIE COPAHU.
(Lewis, Neumann Haile volatile , Résine,
chem. p. a85. ) 5o 5o
(Schomberg, Neumann Hnile volatile ,
Résine,
i/,8
86
UEUXIÉMK l'AltrlK. - VÉGÉTAl.'X.
DE l'huile volatile DE COPAHU.
Incolore, très -limpide, d’une pesanteur spécifique de o,goo , ayant l’odeur et la saveur du baume de copabu , niais à un plus haut degré; moins soluble dans l’eau que le baume lui-même.
DE LA RÉSINE DE COPAHU.
Cassante et transparente. Encore peu étudiée. D'un vert brun, brillante, à fracture plane; odeur très-faible, saveur nulle.
Le baume de copabu est soluble dans l’alcool; il a une propriété singulière, celle de dissoudre le sous-carbonate de magnésie à froid, et de prendre alors l’aspect et la con¬ sistance d’une forte dissolution de gomme arabique. C’est à M. lîlondeau, pharmacien distingué de Paris , que l’on doit cette observation curieuse. Le baume de copabu forme du tannin artificiel .avec l’acide sulfurique.
Jacquin est le premier Européen qui ait fait connaître lu baume de copabu, ainsi que l’arbre qui le donne. C’est dans les environs de Tolu, près de Carthagène, qu’il croît, au uii- lieu des myroxylons péruifères ; il abonde aussi au Brésil , gj- est actuellement naturalisé à la Jamaïque et à Saint-Domin¬ gue. On obtient le baume en faisant des incisions profondes à 1 écorce dans la saison des grandes chaleurs ; chaque arbre peut en donner par an de 3o à 36 livres, c’est-à-dire de lo-ia livres par chaque fois qu’on incise, car on fait deux ou trois incisions chaque .innée. On reçoit le suc dans des calebasses; il est d’abord incolore et peu consistant; peu de temps après il j.iunit et s’épaissit.
Le baume de copabu sert, dans son lieu natal, pour com¬ battre la dyssenterie et cicatriser les plaies ; en Europe il est spécialement employé pour arrêter les gonorrhées.
M. Auguste .Saiat-ililaire fait connaître quatre autres copaïferes ob¬ servés à Miiias-Geraes, ce sont les C. cordifotia, C. oblougifoUn , (;. Sellowii, et C. Martü. On en retire deux v.irictés de baume de copnbu, qui diffèrent en couleur, en savent- et en consistance , mais qui passent nèaii- iiioius dans le commerce sons nn même nom.
I.ÉGU.MIMIUSES.
87
CE MIE UYMEXMA. (Linn.)
I. DE L’HyMKN>;E COliRlSARlI..
1IVMKN.«,V CoURBARIL Valll, Ecl. II, J). 3o ; WLIId. .S/7. II, J). 5i2.
liim k. lU. gcner. t. 33o , f. i. — Moiiard.
Foliis coriaceis subaveniis basi inaequalibus oblongis brevhsime et obtuse acu- minatis, paniculas floribus pedunculaûs, leguminibus non tuberculatis. — Ha¬ bitat in America mericliunali.
Tronc acquérant une hauteur prodigieuse, revêtu d’une écorce d’un roux noirâtre, épaisse, raboteuse et ridée; Itran- ches étalées, très -rameuses, à feuilles nombreuses, alternes , pétiolées, composées de deux foliole.s glabres, coriaces, lui¬ santes, d’un beau vert, ovales, aigüés, lancéolées, à nervu¬ res peu apparentes, longues de 3 pouces; fleurs purpurines, en grappes pyramidales; légume long de 6 pouces, assez large, d’un brun rougeâtre; semences ovales, environnées d’une ])ulpe farineuse, douce, jaunâtre.
Le courbaril abonde dans diverses régions de rAinérique méridionale, aux Antilles et dans la Guyane. Son bois sert comme bois de charpente; on en fait des meubles précieux, car il est rougeâtre et susceptible d un beau poli, l.a pulpe farineuse renfermée dans le légume est agréable et aromati¬ que. On dit encore l’écorce purgative et carminative, les feuilles vermifuges, etc. Quand il est dans un état de lan¬ gueur, il fournit à la pharmacie une lésine nommée Anime occidentale. Nous allons la faire connaître.
DE LA IlÉSIXE ANIJIÉ VRAIE,
OU RÉSXNIt DU COURBARIL.
Résine jaunâtre, transparente, dure, friable, en Iragmens irréguliers, paraissant provenir de niasses plus considéia- bles, ayant l’apparence de la résine copale ou du succin, â cassure brillante et lisse.
Odeur balsamique agréable.
Saveur nulle très-faiblenicnt résineuse.
Cette résine se brise sous la dent, mais bierilAt se ramollit
88 DEUXIEME l-ARTIE. - VÉGÉTAUX.
dans la bouche; elle brûle en donnant une odeur très-agréa¬ ble; distillée avec l’eau ou l’alcool, elle lui communique son odeur. SuivîJnt Neumann, l’eau en dissout les 0,07a. On peut en retirer une petite quantité d’huile volatile.
Elle diffère de la résine copale par.nn plus grand degré de solubilité dans l’alcool, dans les huiles fixes et volatiles, et par sa propriété de se ramollir dans la bouche, tandis que la résine copale conserve toute sa dureté.
La résine animé ne joue aucun rôle en pharmacie; elle sert dans la composition des vernis. Dans les pays où elle se récolte, on en fabrique des sortes de torches ou de ilain- beaux pour l’éclairage. Le’s Indiens la mâchent pour corri¬ ger la fétidité de l’haleine. On en fumige les membres frap¬ pés de rhumatisme ou de paralysie.
Dans l’état actuel de la science il règne une obscurité telle, relativement aux résines qui portent le nom anime que chercher à en débrouiller l’histoire serait ])eut-êLre ajouter encore à ses difficultés. M. Guibourt a traité fort au long de cette espèce de résine, il en fait connaître plusieurs variétés. Quelque soin qu’il ait apporté dans leur distinction nous ne pouvons analyser ses travaux à cause de l’incerti¬ tude de l’origine des résines dont il traite. La première sorte, venue de Hollande, était mêlée de tacamaque, et renfermait deux variétés distinctes ; la seconde sorte, qui consiste en un fragment unique, n’est pas connue dans le commerce, et n’y paraît que de temps en temps; enfin la troisième sorte, in¬ connue jusqu’ici, a été récoltée au Mexique par un contre¬ maître, qui dit l’avoir trouvée au pied d’un arbre d’une di¬ zaine de pieds, à branches très-élevées couvertes de petites feuilles aiguës, d’un vert foncé. De cette description in¬ complète, M. Guibourt infère qu’on peut reconnaître dans l’arbre indiqué un courbaril, ce qui n’est rien moins que convaincant.
On conçoit que, si chaque auteur décrivait les diverses sortes de résines ou de gommes-résines qu’il possède ou qu’il voit dans les collections, les ouvrages de pharmacologie se¬ raient surchargés de descriptions et acquerraient une éten-
LÉGUMINEUSES.
89
due effrayante. On doit écarter les dissertations qui ont pour ohjet des substances entièrement inusite'es.
Les caractères généraux que l’on assigne aux résines sont peu nombreux : c’est toujours une plus ou moins grande fria¬ bilité, une odeur plus ou moins forte, une solubilité plus ou moins complète dans l’alcool, l’éther, les huiles fixes ou es¬ sentielles; letir couleur, peu variable, est assez souvent celle du succin. Comment, avec tant de ressemblance dans le genre', trouver des différences spécifiques ? Plus de 5oo espèces d’arbres donnent dans tous les climats des sucs résineux; peut-on espérer de les trouver isolés dans le commerce, et n’est-il pas raisonnable de penser que l’intérêt et la cupidité font appliquer un même nom à des substances en apparence seinblaiiles , mais d’une origine diverse. Peut-être, depui.s trois siècles, a-t-on vendu comme copale quinze ou vingt sortes de résines provenues d’arbres appartenant à autant de genres; peut-être en est-il de même de la résine élémi, de l’animé, de l’encens, etc. etc. C’est à cause de ces motifs que nous décrirons seulement les substances dont l’origine est certaine; à moins qu’étant au nombre des drogues four¬ nies journellement par le commerce, leurs caractères ne soient bien tranchés , quoique leur histoire reste incomplète.
Nous croyons indispensable de donner ici la concordance synonymique des résines qui ont porté le nom d’animé, afin de mieux démontrer l’impossibilité de mettre les auteurs d’accord.
1. Animé fauve et ïei.t.ucide ; Amatus Lmitanus; xàvi4a|i.cv Græc. ex Gardénia gummifera de Tiiunb. sen ex Amjride zeyianica^').
2. Amimk Mjrrha amine a ; Amatus Lusitanus; c’est le bdellium, suivaut Clusius et suivant C. Bauhin {nioyez VAppendix); elle est noirâtre et rap¬ pelle par aa coiilrur la myrrhe ou la colophane.
.S. Animé de Clusius, pâle et friable. Quid?
É. Animé orientale Monardès, Simpl. Med. bist. c. i ; Copale de l’Inde, suivant MM. Marchand et Guibonrt. Gum animi Iiicolar.
(') Le Gardénia zeylanica est indigène de l’île de Ceylan; il découle de ses feuilles et de son tronc une gomme-résine fort semblable â l’élémi, quoi- que un peu plus pâle; l’épitbète de blanche lui convient très-bien, {b' oyez Gardénia , AHiiace'er.) Est-ce là le eancame des Grecs P
y
ÜEÜXIÈXE l'AHTIE. - viicilAUX.
. Animé irais (iiiibuuil, 11, a()7 , ua résine (lu courbaril ; lésine co¬ pale (les Mexicains.
. Animé di; Mexii^le Monard. Animé surÉRiKURF. de Meuve; Uésinc ANIMÉ Léinery, Geoffroy, liergiiis et Murray, snivani M. Guibourt , et faussement attribuée par eux à V Hymenaa courbaril, Aroniaticpie, tendre, jaunàtr((, huileuse, etitiêreineiit soluble dans l’alcool et provenant d'un arbre inconnu , mais qui probablement trouverait sa place dans les Légu¬ mineuses s’il cessait de l’être. On la tire de l’iude, et la llullaudc la fournit au commerce de France.
. Animé d’Orient ou o’ÉmioriE Geoff. Mat. med. IV, i; Myrrha
•1. DE L’HYMÉJiÉEi’ COl’AL.
CoiMLLiFEnA Berg;. gSll? — Copalli Qunhuilt, Coptdlifera primn
Hcni. Mex. 45, f. i. — Uymenwa ? ? . Gtiib. Hist. clrog.
II, 3o2 ;Arb. Mcxic. ).
Fleurs porlées sur un pédoncule long de 2-3 lignes, très- grêle, terminé par trois écailles calicitornies ovales lon¬ gues de I à 2 lignes; l’une d’elles, plus interne, est aussi plus petite et arrondie; g filets d’étamines, dont une paraît manquer ; ces filets sont plus longs que les écailles dont nous avons parlé, diversement contournés; anthères ar¬ rondies, biloculaires, attachées par le milieu de la lace pos¬ térieure; pistil composé d’un ovaire supère , couvert de poils laineux et très-évidemment stipité. Cet ovaire a, uès en petit, la forme d’un fruit de courbaril et est terminé par un long style filiforme.
Les fleurs dont nous donnons la description ont été trouvées, dans une larme polie et transparente de copal, par M. Bonastre, auquel on doit d’importans travaux sur les résines. Ce chimiste croit avec quelque apparence de raison que ces fleurs ont dû appartenir au végétal qui fournit la résine copale. En admettant la possibilité de cette hypothèse , il paraîtrait certain qu’il faudrait chercher parmi les hjrmenœa et genres voisins l’arbre auquel nous devons la résine copale, et non parmi les térébinthacées ou les «nittlfères. Lémery dit que le copal découle par incision du tronc d’un arbre de moyenne hauteur, à feuilles conju¬ guées, à folioles longues, assez larges et pointues; ;i fruits
I^icUMlNKI
olilongs assez plats, de couleur brune, dans lesquels se trouve une sorte de farine d’un très-bon goût. 11 est facile de reconnaître dans cette description celle d’un hymenæa. La description de Lèmery est trop incomplète pour qu’on puisse arriver à la désignation d’une espèce. Mais cette première donnée , jointe au renseignement important dû à M. bonastre , jette néanmoins assez de clarté sur l’origine <le la résine copale, pour qu’il soit convenable de l’attribuer à une papilionacée, et peut-être même à un hymenæa ou genre voisin.
UÉSINE COPAI.E.
CorAi. MonarJ. Cœs, lug. — CorAi* et Pahcopal Fragos, — Copal dur ou VRAI. — CüTAL Guib. Hist. ohreg. drog. II , 3oo.
Rosine solide, en gros fragniens irréguliers, de grosseur très-variable, byaliris jaunâtres, éclatans, vitreux, fragiles, à fracture plane ou convexe, brillante, friable. Elle est tou¬ jours terne à la surface et marquée d'empreintes diverses, suivant les corps avec lesquels elle a été en contact avant sorj entière solidification ; sa dureté est fort grande; sa pe¬ santeur spécifique est de i,o4’> à
Odeur presque nulle à froid, ayant un peu d’analogie avec celle du copabu; elle exhale, en brûlant, une odeur balsamique très-agréable.
iSaccwr presque nulle; elle est friable et ne se ramollit pas sous la dent.
Poudre blanchâtre ou très-légèrement jaunâtre.
Falsification. La résine copale est souvent mélangée de résine animé, mais un peu d’habitude, et surtout la dil- fércnce de solubilité de ces deux résines dans l’alcool, ne permettent pas d’être dupe de cette supercherie, ün y trouve, mais bien rarement, du succin (0.
Cette résine a chimiquement beaucoup d’analogie avec le
(•; Ij< sDCcio , bameetc .ivec l’alcool rectifié, conserve sa transparence; .si ou le touche, il ne s’.ittacUc point aux doigts; le contraire arrive avec la ré¬ sine copale : mise en contact avec l’alcool, sa surface devient poisseuse et col-
•AllTIE.
- VÉGÉTAUX.
succin ; M. Giiibourt avait annonce inêine qu’il en avait retiré tle l’acitle succinique, mais il a ensuite déclaré que ce résultat avait été dû à la présence de quelques mor¬ ceaux de succin mélangés avec le copal analysé; cependant, suivant ce chimiste, cette résine donne à la distillation la même quantité d’eau, d’huile et de charbon que le succin et cette matière jaune obtenue du succin par MM. Colin et Ro- biquet.
La résine copalc n’est qu’iinparfaitement soluble dans l’alcool , l'éther et les huiles essentielles; elle se dissout dans les alcalis, forme du tannin avec l’acide nitrique, et est inso¬ luble dans les huiles fixes.
L’importance de la résine copale est purement économi¬ que; elle sert à fabriquer des vernis gras et alcooliques qui sont les plus estimés de tous ceux qu’on prépare avec les résines. La presque insolubilité de la résine copale dans la plupart des menstrues présente de grandes difficultés à vain, cre pour en opérer la dissolution : on y parvient cependant savoir : pour les huiles fixes, à l’aide d’une huile lithargyrée bouillante que l’on mêle à la résine copale en fusion, et pour l’alcool, à l’aide du camphre et de l’huile de térében- thine.
Le copal nous vient de l’Inde. On le trouve communément au bord des rivières et des torrens, et non au pied des ar¬ bres. On ne sait conséquemment rien de positif sur son mode d’extraction.
Plusieurs résines ont reçu le nom de copal, ce qui s’expli¬ que facilement, si, comme le dit Pison, le mot copal est le nom générique de la résine et des gommes-résines odoran¬ tes : ainsi plusieurs productions ont été confondues sous un même nom. Il est certain qu’Hernandez, en décrivant huit espèces d arbres comme nous fournissant du copal, n’a pas seulement parlé de notre espèce commerciale, mais d’une foule d’autres.
On a longuement disserté pour prouver tantôt que le copal était produit par le Rhus copatlinum, et tantôt qu’il provenait AiiFateria indica; n’eùt-il pas été plus convenu-
LÉGUMINEUSES.
lile (le tl(icl(Jer que ces arbres rtîsinil'ères pouvaient fournir concurreminent avec d’autre vcigétaux quelque espèce de résiné plus ou moins analogue à la U. copale, dont nous distinguons plusieurs sortes.
Léinery en fait connaître deux principales :
I. Le CopAL OKiEKTAi., qiiî est celai dont nous venons de parler, déconle d’un hymenœa.
n. Le CoPAt. DES Antm-i-hs , ou Faux copai., découle naturellement d’iin grand arbre semblable au précédent; il est porté par les pluies et 1rs torrens dans l’intérieur des terres , où on le recueille. Il venait par Nantes cl La Rochelle.
Rheede {Hort. Malab.) nomme Pœncea l’arbre connu ac¬ tuellement sous le nom de Vateria. Il croit qu’il fournit le V(îritable copal; mais comme cet auteur n’a pu l’examiner chimiquement, il se peut faire qu’il ait donné le nom de copal à une résine animé. M, de Jussieu soupçonne même que ce pourrait bien être l’animé d’Orient ou d’Ethiopie de Geoffroy, assertion hasardée, mais qui, si elle était vi^ie, nous mettrait sur la trace de l’origine du bdelUum; car on pense que l’animé d’Orient ou d’Ethiopie, Mjrrrha aminnea d’Amatus Lusitanus, pourrait bien n’être autre chose que le bdellium.
M. Guibourt distingue deux espèces de résine copale, d a- bord le copal dont nous avons parlé , et qu’il nomme copal dur; puis un copal qualifié de copal tendre ou ù.ejaux copal. Cette sorte vient du Brésil , sans aucun mélange , et de l’Inde, confondue avec la première sorte ; elle est sous forme de larmes globuleuses, vitreuses, presque aussi incolores que du cristal, prenant en vieillissant une teinte jaune à leur sur¬ face, et se laissant facilement entamer par le couteau; l’o¬ deur de celte résine est faible et agréable, sa saveur nidle; exposée à la chaleur, elle devient élastique et molle ; se dis¬ sout incomplètement dans l’alcool, mais en totalité^dans 1 é- ther; ou en fait des vernis, comme avec la première sorte; mais ils sont moins estimés, parce qu’ après leur dessiccation ils se réduisent en poussière.
Le copal tendre paraît avoir été recueilli peu temps
C)4 DEUXIÈME l’AIlTIE. - VÉGÉTAUX.
après sa sortie de l’arlire : il a été, connue le copal dur, roulé dans le sable.
Le mot copal est passé dans notre langue sans altération de quelques dialectes américains , où il paraît avoir une plus grande extension et signifier résine.
GENRE ALOEXYLON. (Loar.)
DE L’ALOEXYLON ROIS D’ALOl'îS.
Alof.xyi.on Agaudocbum Loiir. Fl. Coch. ed. Willd. I, p. 3^7; DC.
Prod. 11, 519. — Cynometra Agallocha Spr. II, ^27.
Arbor ramis erectis foUis simpUcis alternis Innceolatis integerrimis pctio- latisjloribzis terminalibus. — Habitat in allisbimis montibus Cochinchinæ , prope tluiiicn Lavuin.
Tronc élevé, droit, portant des rameaux redressés très- élevés; son écorce est brune, glabre, filandreuse, as.sez mince. Les feuilles sont lancéolées, très-entières, planes glabres, sous-coriaces , alternes, pétiolées et longues de 8 à 10 pouces environ. Les fleurs sont terminales et portées sui¬ des pédoncules terminaux.
Bois d’alocxylon Rinnpli. Jmb. If, C. n
t. 10; Gare. arom. I, 16; Berg. Mat. med. 961 ; Bois de Ca- EAMBAC ? Giiib. 1, 368; Agallochum prœstantissimum q Baub. Pi?i. SgS ) , médiocrement dur, en fragmens d’une palme (18 pouces) de long , planes des deux bouts, obtus profondément sillonnés , souvent minces, assez pesans, mar¬ brés de brun et de cendré, brillans , fragiles et très-résineux. Les nœuds sont , dit-on , plus odorans que le reste du bois parce qu’ils sont plus résineux.
Odeur agréable , quoique faible; étant frotté, cette odciir se prononce davantage ; elle est très - forte si on Ig brûle.
Saveur agréable, balsamique et d’une amertume légère. Il se brise facilement sous la dent , dessèche la bouche et irrite la gorge.
Poudre grisâtre.
Palsification. On donne dans le commerce, sous le nom de bois d’aloès, différons corps ligneux, dont les luis
LÉGUMINEUSES.
appartiennent à des aqiiilariées, et les autres à des eu- pliorbiacées.
Aucun examen chimique n’a cte tenté suTYagnllochum- il contient une très-grande quantité de résine brune ou rou¬ geâtre, que l’on peut y découvrir à l’œil nu. Ses usages ac¬ tuels sont à peu près nuis en Europe, mais dans l’Orient il jouit d’une très-haute estime comme parfum et comme mé¬ dicament^ on le croit tonique, céphalique, etc. on le brftlc devant les idoles, et il se vend au poids de l’or.
Est-ce bien là le véritable bois d’aloès .î*
M. Guibourt veut en douter, s’appuyant d’une note de de Candolle, qui, d’après Ijoureiro, dit le bois de Yagallochum blanc et inodore. Si M. Guibourt eût eu recours aux sources originales, il eût vu que ce bois était blanc et inodore, mais que par l’effet d’un dépérissement il devenait résineux et aro¬ matique; ce qui modifiait sa couleur de diverses manières.
« Ligimin arboris est album et inodorum ; aromn illiid fit ^ marbo, quo , obstructis nutritionis et cxhalationis vils, olcosæ particulœ stagnant, et in résinant crassescunt in inîeriori ar- horis trunco et ramis ; quo fit ut color, odor et alite ligni qua- litates inutcntur, ac tandem, increscente malo , arbor pereat. Kx qua , truncnta et fissa, pretiosa ilia frusta aromaîica ex- trahuntur. (Lour. ed. Willd. 3a8.)Un passage aussi clair ne laissant plus de doutes après lui, le bois de Yagallochwn doit prendre place parmi les bois d’aloès.
Loureiro dit encore que l’on trouve dans les montagnes de Champava, territoire des Cochinchinois , un arbre qui donne un autre bois d’aloès (calambac). Get arbre est peut- être d’une variété à’ agallochum ^ l’auteur annonce qu’il n’a pas vu le végétal.
(Voyez Excœcaria agnllochum, famille des Euphoubia- cÉEs , et Aquilaria ovata, famille des Aquilariées. )
Agallochum est, dit-on, un mot arabe. Cependant les Grecs se servaient depuis long-temps de ce nom (àyâ^Xozov ou àyâXXoxoy ) , qui n’est pas sans analogie avec les racines de leur langue.
lf(i llEUXiÈMIi PARTIE. - VÉGÉTADX.
Dubia.
DU KOIS D’ASP ALAIH.
Aspai.atih LiuNUM I.iiiii. Mat. tned. Sa/i; Gcoff. Mat. mcd. II ,
378; Ltinery, Dict. p. 87. — An Calambac? (iuît). 1, 368.
Le l!ow ii’abpalath. — Arbor an aloexylon sea aquUaria? — HoLilat ia
Bois assez semblable à Xagallochum , en fragmens plus considérables, plane, pesant, oléagineux, de couleur pur¬ purine, obscure et marbrée, marqué de veines longitudi¬ nales, en fragmens brillans sous-résineux; son écorce est épaisse, grise et raboteuse.
Odeur à peine sensible, mais qui se développe par le frottement.
Saveur faible, un peu aromatique. Il se brise difficilement ♦ sous la dent, et brûle en donnant l’odeur du bois pourri.
Poudre d’un rouge brun.
On en obtient, à l'aide de l’alcool, un extrait résineux brun , qui brûle en émettant beaucoup de flamme et en ré- pandant une douce odeur.
Berguis dit quel aspalath pourrait bien être du bois d’a- loès ayant déjà subi un commenceinent de décomposition ; M. Guibourt pense, de_ son côté, que ce n’est peut-être autre chose que le calambac ou agallochum. Néanmoins, et jusqu à ce qu’on puisse substituer des faits à des hypo¬ thèses, nous pensons que l’aspalath doit occuper une place séparée dans les traités de matière médicale.
On a donné quelquefois le nom iPaspalath au bois de Rhodes. {V oyez ce mot, famille des Convolvulacées.)
XI. DÈTAMÈES.
Ne peuvent intéresser sous les rapports économiques ou médicinaux.
ROSACÉES.
97
93. ROSACÉES.
R'osaceæ Juss.
Près de neuf cents plantes et une prodigieuse quantité de variétés , herbes , arbrisseaux ou arbres, constituent cette famille importante. Les feuilles sont alternes , simples ou composées, stipulées, à inflorescence variable. -L’Europe possède un très-grand nombre de rosacées; la France seule en a près de cent cinquante, sans compter les individus na¬ turalisés sur son sol.
Le principe dominant qui se trouve dans les rosacées est le tannin ; on l’observe surtout dans les écorces, qui pour cette raison ont été quelquefois indiquées comme succédanés du quinquina; dans les fleurs, dans les fruits, surtout avant la maturité ; dans les racines et dans les feuilles. Nous verrons, en étudiant les divers groupes qui constituent cette famille, que ce principe existe toujours lors même que les fruits pa¬ raissent le plus éloignés les uns des autres par leur forme.
Le sucre abonde dans les fruits charnus , surtout dans ceux qui résultent de la culture. L’acidité manifeste 5e plu¬ sieurs d’entre eux est due à la présence des acides malique et citrique.
La gomme découle du tronc de plusieurs de nos arbres fruitiers; mais elle diffère de la gomme arabique, n’est so¬ luble qu’imparfaitement dans l’eau, et fournit un résidu nommé par les chimistes cérasine. Le muqueux existe en assez grande abondance dans les semences du coing, et diffère peu du mucilage de la graine de lin.
L’huile volatile est assez rare dans les rosacées. L’huile fixe ne se trouve que dans les amandes des fruits : les amyg- dalées en fournissent de très-grandes quantités. Les fruits à pépins sont émulsifs; mais s’ils n’étaient entourés d’une pulpe charnue, épaisse, qui empêche l’action immédiate de 1 air, il est probable qu’ils seraient huileux.
La fécule n’a pas été fréquemment trouvée dans la racine des rosacées; elle a été retirée de la spirée filipendule, dont II. 7
p8 DEUXIÈME PAnxiE. - VÉGÉTAUX.
on a mangé, dit-on, les racines dans les temps de discite. Le périsperme des fruits en est formé.
Les rosacées ne renferment fju’un petit nombre de plan¬ tes dangereuses. Le principe auquel elles doivent leurs qua¬ lités délétères est connu sous le nom d’acide hydrocya- nique. Il existe dans le périsperme des rosacées à noyau : l’amande amère et l’amande du pêcher, de l’abricotier, du cerisier, par exemple,. en contiennent beaucoup; celle des fruits à pépins n’en contient qu’une très-faible quantité; mais les feuilles du laurier t cerise, Laurocerasus y en ren¬ ferment une proportion qui les rend vraiment redoutables. Cet acide n’a pu être isolé; il est combiné à une certaine quantité d’builc volatile. M. Proust a prétendu que cette buile était un poison actif; mais M. llobiquet a établi vic¬ torieusement qu’elle n’agissait comme telle que parce qu’elle n’était pas déltarrassée de l’acide hydro(;yanique. Quoi qu’il en soit, l'huile volatile d’amande amère, qui agit connne celle qu’on obtient des feuilles du prunier-laurier-terise tue les animaux en fort peu de temps. Les amandes amères agissent de même, mais sur des animaux plus petits. Les feuilles de laurier-cerise ingérées sont très-actives dans leurs effets.
Les fleurs du pêcher, celles des rosiers, sont purgatives ainsi que la drupe de quelques espèces de prunes. Oii ne sait pas comment elles agissent: au reste ces propriétés sont très-peu prononcées. L’écorce de la racine de la spirée tri¬ foliée est vomitive. Cette anomalie dans les propriétés ne peut pas être facilement expliquée, non plus que la manière dont agit le quillai savonneux, qui rend l’eau mousseuse et propre au dégraissage.
Le hrayera agit comme un purgatif drastique, et expulse le tœnifi : est-ce là une anomalie? nous n’osons le décider car il n’est pas encore bien sûr que cet arbre appartienne aux rosacées.
Le peu dedifférence qu’offrent ces plantes dans leur con¬ stitution s’explique assez bien par les anomalies qui se re¬ marquent dans la forme du fruit ; en effet , si le fruit est sec ,
ROSACÉES.
.9.9
il ne peut contenir ni sucre, ni huile fixe, ni acide, ni huile volatile; ou s’il en contient, ce ne peut être qu’en quantité inappréciable. Ce que nous disons du fruit peut s’appliquer à la graine ou à l’amande; c’est donc la forme de l’organe qui influe sur la constitution chimique. Par exemple, qu’une racine soit charnue, et elle sera féculente; qu’un fruit soit succulent, et il sera sucré ou acide.
Nous allons suivre, dans l’examen des genres de cette fa¬ mille, la marche adoptée par M. de Candolle dans le Pro¬ drome, et nous examinerons chaque tribu isolément,.{^
I. CHRYSOBALANÈES. /,
/
Ces plantes lient la famille des légumineuses avec celle des rosacées; leurs feuilles sont simples, entièi^s, penni- nervées, portées sur des pétioles non glanduleux. plupart de leurs fruits sont mangeables ; ceux du ChrjsfÀi^mus ' ont une saveur douce un peu austère ; ils sont assez agféa— ' blés étant confits, etc. On mange les amandes du Parina- riiim et de \ Acioa, qui sont agréables au goût. Les semences du Couepia sont amères, mais cette amertume est sans dan¬ ger. Aucune de ces plantes ne se trouve en Europe; toutes sont arborescentes et appartiennent au Nouveau-Monde. Les amandes sont huileuses.
II. AMYGDALÉES.
Les aniygdalées sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles pétiolées, entières, penninervées, dentées, à fleurs blanches ou roses. Le péricarpe présente d’assez grandes différences dans sa forme; il est laineux dans l’amandier, type de la tribu; d’une saveur austère; se dessèche lors de la maturité de la semence; il est au contraire succulent et pulpeux <à l’époque de la maturité dans la plupart des autres genres. Une coque osseuse recouvre l’amande, dont le pe- risperme huileux est accompagné d’une quantité variable d’acide hydrocyanique, et d’un principe amer plus ou moins prononcé. C'est à cct acide redoutable par ses effets «jue les
7-
100 HETIXIÈME PAnTlE. — ■ VÉGÉTAUX.
iiniygdalées doivent leurs propriétés principales. Quelques espèces renferment dans les feuilles, quand elles sont persis¬ tantes, de l’acide hydrocyanique, et quelquefois même on si grande quantité que leur eau distillée et leur suc prennent place parmi les poisons.
Le tronc de la plupart des amygdalées exsudp de la gomme en assez gr.-inde quantité ; on la recueille soigneusement pour l’employer à divers usages économiques : on la connaît dans le commerce d’Europe sous le nom Ae gomme du pays; nous en parlerons en traitant du cerisier commun. L’écorce des arbres sert au tannage des peaux; mais leur importance est surtout dans le fruit.
GENRE AMYGDALVS. (Linn.)
1. DE L’AMANDIER ORDINAIRE.
Amycdalus commuhis Linn. Spec. 677; DC. Fl.fr. 3793. _ a.
saliva C. Baiih. Pm. 34i.
Græc. — Amygdala et amjrgdalum Latinor. — Floribus sessi. libus subgeminis , foUorum serraturis infinis glandulosts. — Habitat iu Mau- ritania; colitnr in Enropa australi.
DE L’AMANDIER A FRUIT DOUX.
Amvodalüs commtjnis Linn. Spec. 677, etc. — Var. (3 dulcis DC.
Pr. U, 53o.
Strlis scamina muUo superantibus.
Noyau {nucléus) osseux, revêtu d’un péricarpe qui se détache lors de la maturité du fruit, d’un pouce à un pouce et demi de long, jaunâtre, plus ou moins fragile suivant les variétés, sillonné et marqué de fentes disposées en long, aplati , à dos arrondi , à base anguleuse ; amande ovale , comprimée , aiguë , recouverte par un périsperme d’un rouge brun, pulvérulent, un peu rude, sillonné, nervé; pé¬ risperme ferme , bipartible , blanc de neige.
Odeur presque nulle.
Saveur àt l’amande, douceâtre, agréable; elle blanchit la salive étant mâchée.
ROSACÉES,
loi
Action du temps. L’huile contenue dans le périsperme jaunit et rancit; l’épisperine devient la proie des mites (jiii s'introduisent dans l’intérieur de l auiande pour y déposer leurs œufs.
ANALYSE DE l’aMANDE DOUCE.
( M. Boullay, Journ. Pharm. 1817, 337.)
lîau ,
Pellicules exléiieiires conleiianl un piineii>e astringent, Huile fixe,
Albumine, jouissant des propriétés de ralbuniine animale,
Partie fibreuse ,
Perte et acide acétique ,
54.0
a4,o
6,0
3,0
4,0
0,5
HUILE d’amandes DOUCES.
Incolore, ou très - légèrement colorée en jaune; ne se congelant que difllcilement; est encore fluide à 12 degrés moins o; 100 parties de cette huile saponifiée ont donné j)4,5 de graisse acidiliée.
Stweur douce.
6>r/6Mr légère, agréable, rappelant celle des semences dont elle est extraite.
On obtient cette huile par expression.
Les amandes douces servent à obtenir l’huile lixe qui porte leur nom, et à préparer des émulsions simples ou composées. Ce qu’on connaît dans les pharmacies sous le nom de sirop d'orgeat n est autre chose qu’une forte émul¬ sion d’amandes, avec suffisante quantité de sucre. Les aman¬ des entrent dans l’électuaire DiapJiœnix , dans les pastilles de Kunckel, etc.
L’huile d’amandes douces est la l>ase de la plupart des li- niiucns, des cérats, des pommades cosmétiques, de plusieurs onguens, etc. I.es looehs huileux et les potions huileuses se préparent avec l’huile d’amandes douces; tous ses usag<Ls économiques peuvent être les lucmes que ceux de 1 huile
102 DErXliîMlS PAUTIIÎ. - VËgAtAUX.
d’olive. Les parfumeurs et les confiseurs se servent très- fréquemment de ce fruit et de l’huile qu’on en extrait.
Les amandes douces sont très-recherchées comme ali¬ ment , surtout lorsqu’elles sont récentes.
L’amandier est un arbre très-anciennement cultivé; on le croit originaire de la Mauritanie. La culture a modifié la du¬ reté de la coque : famandier des dames, coque molle, ou amandier princesse, Arnygdalus communis Linn. 'vaLr.fragilis DG. Pr. II, 53 I , donne des fruits dont la coque est très- facile À briser.
Les amandes qui servent à l’extraction de l’huile nous viennent du midi de la î’rance et de la Barbarie. La Tou¬ raine et Avignon cultivent l’amandier avec beaucoup de succès. On a remarqué que les amandes qui proviennent d’arbres plantés dans le nord de la France ne fournissent qu’une petite quantité d’huile ; elles sont aussi plus petites.
On nomme amandes fiot les amandes de bonne qualité • elles sont pleines, entières, bien nourries, sèches, saines et assez grosses. Il faut les garder dans un lieu sec, et les vanner de temps en temps ; on ne peut les conserver plus de trois ans.
i. DE L’AMANDIEK a SEMENCES AMÈRES.
Amygdai.us communis Linn. Spec. G'j’j, etc. — Var. a Amara De.
Prodr. II, 53i.
Stylisfere longitadine staminum, infra tomentosis.
Le fruit est plus petit que celui de l’amandier à fruits doux, auquel il ressemble tout-à-fait : une seule différence chimique se fait remarquer dans ses semences; mais elle est si importante qu’elle change entièrement leurs propriétés. Les amandes amères contiennent une notable quantité d’a¬ cide hydrocyanique, et une huile volatile très-redoutable dans ses effets sur l’économie vivante.
DE VOIATII.K d’ AMANDES AMÈIIES.
( Vogel, Journ. Phatm. i8ii, 465.)
Jaune, et blanche après sa purification par la potasse;
ROSACÉES.
[o3
plus pesante que l'eau, cristallisant rapidement au contact «le l’air, soluble tlans l’alcool et l’éther, moins soluble dans l’eau, brûlant avec une très-vive llanime.
Odeur d’acide bydrocyanique.
Saveur extrêmement âcre et brûlante.
Une seule gouttelette suffit pour donner la mort à un oiseau ; quatre gouttes peuvent tuer un chien de moyenne taille. ^
Suivant M. Robiquet, Journ. Pharrn. 1822, 2C)3, l’huile essentielle obtenue par M. Vogel n’aurait pas été débar¬ rassée de l’acide bydrocyanique auquel elle devrait la vio¬ lence de ses effets. Le chimiste français a vu que cette huile essentielle était formée de plusieurs substances, dont les unes cristallisaient et les autres ne cristallisaient pas. La matière cristalline lui parut inerte, tandis que la partie non cristallisable lui sembla d’autant plus active, qu’elle était plus rectifiée, il parut à cet auteur que l’oxigène en augmentait l’énergie. Il n’ose affirmer que le principe actif de cette huile essentielle qu’il regarde comme azoté, soit nouveau, ou que ce soit tout simplement de l’acide bydrocyanique 5 cepen¬ dant il doute qu’il se trouve tout formé dans les amandes amères ; car on ne peut l’obtenir qu’à l’aide de la chaleur, ce qui dispose à penser que la formation de cet acide est déter¬ minée par la décomposition d’un corps azoté, comme cela a lieu pour toutes les matières animales qu’on chauffe avec les alcalis.
M. Robiquet assure que l’huile essentielle de laurier-ce¬ rise est identique dans sa nature avec celle des amandes amè¬ res : c’est une ojtinion semblable qui a fait proposer l’eau distillée de ces semences pour remplacer l’eau distillée des feuilles du laurier-cerise, {f^of.ce mot. )
Moulues et exprimées, leê amandes amères donnent une huile fixe douce et presque inodore. Le marc reste impré¬ gné des principes actifs dont nous avons parié; pourtant, quand on les plonge dans l’eau pour les débarrasser «le leur enveloppe, et qu’on les fait sécher à l’étuve avant de pro¬ céder à l’extraction de l’huile, celle-ci devient odorante.
Io4 DEUXIÈME PARTIE. - VÉGÉTAüX.
Les amandes amères se mêlent aux amandes douces, mais en petite quantité, pour rehausser le goût des émulsions qu’on en prépare. On dit qu elles dissipent 1 ivresse.
L’amandier ordinaire, auquel nous devons les amandes douces et amères, laisse exsuder de la gomme dont nous examinerons plus loin la nature.
GENRE CERASUS. (Mill.)
I’runi species Liiin.
1. DU CERISIER ORDINAIRE.
Cebasüs Caphoniaha DC. Fl.fr. 3784. — C. vu’garis Mill. i. _ _
Prunus Cerasus Linn. Sp. 67g; var. a, 6, 7.
Kspaaoc Thcoph. III, i3; Diosc. I, 157; Athén. XXI _ Cerasus Plin
XXV; Pall. Oct. 12, et le Irait Ktpaelov Diosc. loc. cit. Athéa. II, -ti; Cerasum Pall. Oct. ta. — Le Cerisier, le Grottier et ses noiiibreusea va- liéiés. — OmbtlUs lateralibus paucifloris, foliis snbpatulis ovato-lanceolati glabris, ramis paCuUs , Jructu sphcerico «ciVo. — Habitat in sylvis? Europe; in hortls calta.
Fruits [Fructus Cerasi Offic.) arrondis, fon-
dans, gorgés d’une eau plus ou moins acide, oft plus ou moins sucrée, suivant les variétés; d’une couleur rose, rouge ou pourpre; à noyau sous-arrondi, presque lisse, osseux, 4 trois angles peu marqués; amande blanche, amygdaline, ovale, aigue et striée.
Odeur nulle.
Saveur de la drupe , acidulé et sucrée ; de l'amande , amère et hydrocyanée.
Les fruits du cerisier servent à préparer des boissons ra¬ fraîchissantes. On conserve dans les pharmacies un sirop de cerises qui est fort agréable, et que dans certains cas on préfère au sirop de groseilles. Les queues (pédoncules) de ce fruit sont employées comme djprétiques dans la thérapeu¬ tique européenne.
On obtient des cerises, par fermentation, un vin qui est assez recherché. Aux États-Unis ont fait avec ces fruits, les merises et les framboises, un vin comparable en bonté à celui de Frontignan.
nOSACÉES.
io5
Le marasquin , liqueur alcoolique qui nous vient de Ve¬ nise, de Trieste et de Zara , en Dalmatie, est préparé avec une variété du cerisier nommée par Loiseleur-Desloncliamps Griot marasquin (in Duham. XXI , n" 7). On écrase le fruit et sa semence, on fait fermenter le suc qui résulte de cette opération, en ajoutant à la masse un centième de mielj lors¬ que la fermentation est bien établie on distille, et dans le produit, rectifié par une deuxième distillation, on fait fon¬ dre une suffisante quantité de sucre dans de l’eau , qui sert à donner à la liqueur le degré de consistance convenable ; puis on laisse vieillir pour faire disparaître le goût, de feu.
L’écorce de celte espèce de